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    «Ce n’est pas un métier facile», le Festival international des Écoles de théâtre

    media Victorine Sawadogo de l’École Nomade Kandima de Ouagadougou dans « Façons d’aimer », pièce écrite par Aristide Tarnagda. Mise en scène :Odile Sankara. Collaboration artistique : Safourata Kaboré. Festival international des écoles de théâtre et de cirque. Thierry Laporte

    « Une rencontre peut changer une vie. » C’est dans cet esprit que l'Union des écoles, le Festival international des Écoles de théâtre et de cirque, a ouvert ses portes mardi 12 juin à Limoges, dans le centre-ouest de la France. Pendant cinq jours, une centaine d’apprentis comédiens venus d’écoles installées en France, au Burkina Faso, au Singapour et en Chine vont échanger et étudier ensemble, croiser leurs regards et montrer leurs pièces au public. Vouloir devenir comédien en 2018, ce n’est jamais gagné d’avance. Faute de visas, deux écoles irakienne et guinéenne, annoncées dans le programme, ont dû annuler en dernière minute leur venue.

    C’est son premier festival. Victorine n’a pas l’habitude de donner des interviews, donc, pendant l’entretien, cette grande timide reste sagement assise sur sa chaise. Le soir, sur la même scène du Foyer du Théâtre de l’Union à Limoges, c’est la métamorphose. Avec force et folie, dotée d’une voix grande comme une montagne, Victorine Sawadogo donne chair aux douloureux mots de Façons d’aimer, cette tragédie familiale écrite par Aristide Tarnagda, le grand auteur burkinabè récemment couronné par le Grand prix littéraire de l’Afrique noire :

    « Je veux être comédienne pour m’exprimer, dire ce que je pense, confie, très émue, Victorine, formée à l’École nomade Kandima de Ouagadougou, au Burkina Faso. Je souhaite que des gens dans le monde entier puissent connaître la valeur du théâtre et savoir que le théâtre n’est pas du tout un métier facile, mais en s’appliquant tous les jours, on y arrive…, affirme-t-elle avec un sourire cherchant à toucher l’âme. Je rêve de tourner partout avec cette pièce. »

    Place aux jeunes comédiens

    Odile Sankara a signé la mise en scène très sobre et intense du spectacle, ce cri d’une fille gauchère contre une tradition surannée. « Ces rendez-vous comme ce Festival international des Écoles de théâtre œuvrent toujours pour le bien du théâtre. Faire du théâtre chez soi, c’est bien, mais rencontrer d’autres praticiens qui font la même chose, cela nous rassure. Rencontrer d’autres publics, c’est encore mieux. Et ce festival donne une place aux jeunes comédiens. »

    Enseigne-t-on le théâtre au Burkina Faso autrement qu’en France, en Chine ou au Singapour ? « Heureusement, chaque pays a sa touche personnelle, explique la metteure en scène burkinabè, mais la force du théâtre, c’est que cela reste un art universel. Il n’y a pas deux façons. Il y a un plateau, il y a des comédiens et il y a un b.a.-ba. Les fondamentaux sont les mêmes. Après chacun convoque dans son espace géographique, dans son espace culturel, des éléments qui sont propres à ses croyances, ses valeurs, à sa façon de faire et de voir le monde. »

    Eksan Tayir, le Roi Lear de l'Académie Centrale de Pékin au Festival international des écoles de théâtre et de cirque à Limoges. Siegfried Forster / RFI

    Le théâtre, ce qui construit notre humanité

    Le Festival international des écoles de théâtre est porté par l’Académie de l’Union. Cette école supérieure professionnelle de théâtre du Limousin fête cette année ses vingt ans d’existence. « L’aventure a commencé avec l’énergie de quelques passionnés qui avaient l’idée de transformer un parc de vacances en une école de théâtre », affirme Jean Lambert-wild qui dirige actuellement à la fois le Théâtre et l’Académie de l’Union à Limoges. « C’est une très grande école. Parmi les treize écoles supérieures de théâtre, c’est la seule école en milieu rural que nous avons en France. » Une école avec une grande appétence pour les relations internationales et la francophonie : « Les enseignements sont différents et la pratique théâtrale est différente, mais, ce que nous avons en commun, c’est cette énergie et cette volonté d’être une communauté d’hommes et de femmes qui agit et qui porte haut la parole. C’est ce qui construit notre humanité. »

    Même en 2018, faire circuler les œuvres et les artistes reste un défi. Un problème de visa a empêché les comédiens de la section art dramatique de l’Académie des Beaux-Arts de Bagdad et les élèves de l’Institut Supérieur des Arts de Guinée de venir à Limoges. « Hélas, cela reste un combat et une difficulté, confirme Jean Lambert-wild. Comme disait Bertolt Brecht : malheureusement, parfois, un passeport vaut mieux qu’un homme. Eh ben, on les réinvitera. Nous trouverons les moyens de nous connecter à eux. Et s’ils ne peuvent pas venir à nous, on trouvera les moyens pour venir à eux. »

    Le « Roi Lear » de l’Académie Centrale de Pékin

    Le Chinois Fu Weifeng se réjouit de participer pour la deuxième fois au Festival. « Je pense que le mot clé sera le partage. Cela va faire avancer chacun d’entre nous dans son parcours après. » Le metteur en scène de l’Académie Centrale de Pékin montre avec ses élèves une version de 60 minutes du Roi Lear de Shakespeare : « Il était roi, mais, petit à petit, on voit comment il est descendu pour devenir un individu, un être humain comme les autres. Petit à petit, il sombre dans la folie. C’est cette dégradation du roi qu’on cherche à représenter. » Pour lui, une des particularités pour devenir comédien en Chine n’est pas seulement la sélection très rigoureuse à l’entrée de l’Académie, mais « il faut résister au désir de vouloir devenir une célébrité à la télévision, parce qu’il y a tellement d’argent et d’agitation. Tout cela est très attirant pour les jeunes. Mais, pour devenir artiste, il faut rester sur scène, seul, résister aux désirs extérieurs ».

    Son rôle principal, Eksan Tayir, n’a pas cédé aux chants des sirènes. Il est resté fidèle à son rêve d’enfance : « depuis tout petit, j’ai été toujours attiré par la scène. Il y a beaucoup de choses que je souhaiterais montrer aux autres. » Plutôt petit et mince, il n’a pas été choisi à cause de son physique pour incarner la figure mythique du Roi Lear, mais pour sa capacité « de faire avancer notre imaginaire sur ce personnage », explique Fu Weifeng. En effet, pour Eksan, « le Roi Lear, si je me mets à sa place, c’est un grand enfant gâté, un personnage enfantin… »

    Les élèves de la Séquence 9 de L’Académie de l’Union dans « La condition collective », mise en scène et chorégraphie d’Elsa Guérin. Festival international des écoles de théâtre et de cirque, Limoges. Thierry Laporte

    Pourquoi devenir comédien en 2018 ?

    Elsa Guérin jongle, joue, chante et danse et met pour la première fois en scène des jeunes comédiens : « la jeunesse, c’est la vitalité et l’impertinence ». Elle ne s’intéresse ni aux rois ni à Shakespeare. Sa pièce chorégraphique et de jonglage, préparée depuis deux ans, dépasse l’individu, se consacrant exclusivement au groupe. Dans La condition collective, ses seize élèves-comédiens de la Séquence 9 de L’Académie de l’Union ne disent pas un seul mot tout en jonglant du début jusqu’à la fin du spectacle, comme Romain Bertrand, en deuxième année à L’Académie de l’Union :

    « On est tous dans un travail de groupe. J’essaie d’apporter mes qualités physiques et ma manière de travailler, mais je n’ai pas de rôle prédéfini. » Le résultat est surprenant : ensemble, ils prennent la pose, chutent, se redressent, s’affrontent, s’embrassent, s’enlacent, s’amusent et se disputent. Et puis, il y a toujours une balle de jonglage qui risque de tomber d’un bras, d’une nuque, d’un dos, d’un mollet, d’une tête ou d’un pied … Métaphore efficace de nos hauts et bas dans la vie. Nos existences, des mouvements aussi omniprésents qu’éphémères. Pourquoi devient-on comédien en 2018 ? « C’est précieux, c’est vrai, cela demande du temps, un effort, affirme Romain. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut vendre en très grande quantité. C’est presque un geste politique pour aller contre l’industrialisation de tout. »

    Le théâtre et les réseaux sociaux à Singapour

    Pour Gauraangi Chopra, jeune Indienne de 18 ans ayant atterri à Singapour, avec le théâtre, « on devient un meilleur être humain et je pense que c’est cela qui anime tout le monde. Donc, j’aimerais bien devenir une actrice capable de jouer toutes les différentes facettes ». Étudiante de Lasalle College of the Arts, de Singapour, elle interprète le long monologue de la pièce Le Cercueil est trop grand pour la fosse : « Comme le titre l’indique, c’est l’histoire d’un cercueil qui est trop grand pour la fosse. La pièce écrite dans les années 1980 par Kuo Pao Kun, parle de la politique singapourienne et l’absurdité des règles et régulations administratives. Cela reflète bien la culture à Singapour. »

    Pour Glenn Tan, 26 ans, coacteur de Gauraangi, le Festival est l’occasion de « se rafraîchir pourquoi on veut faire ce métier, même si, à Singapour, ce n’est pas facile de réussir et de gagner sa vie avec ». Un métier, somme toute, resté classique. Selon lui, les réseaux sociaux ne représentent pas un danger, mais une chance pour le théâtre : « Mon impression est plutôt que les réseaux sociaux encouragent et valorisent le théâtre. Aujourd’hui, comment les gens sont-ils au courant d’un spectacle si ce n’est à travers les réseaux sociaux ? »

    L’Union des écoles, 2e Festival international des Ecoles de théâtre et de cirque, à Limoges, du 12 au 16 juin 2018.

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