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    Europe

    «Dogman», la déchéance d'une cité et la révolte d'un homme

    media Marcello Fonte dans «Dogman», du réalisateur italien Matteo Garrone. Le Pacte

    C'est d'abord le film d'un acteur : Marcello Fonte, couronné par le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes 2018. Ensuite, c'est une fable merveilleusement racontée, avec des images crépusculaires. « Dogman », du réalisateur Matteo Garrone, sort ce mercredi 11 juillet sur les écrans en France et nous met face à la beauté et à la violence dans une petite ville italienne. L’histoire parle de la bonté d’un toiletteur pour chiens et de la violence d’une brute sans cerveau, mais qui réussit à terroriser tout le monde.

    Marcello Fonte, serait-il la découverte cinématographique de l'année 2018 ? Le choc d’émotions provoqué par le film est comparable à celui de Drive, thriller devenu culte grâce au jeu épuré de l'acteur Ryan Gosling. Dogman ne se déroule pas dans les rues de Los Angeles, mais dans une petite ville italienne glauque et crépusculaire, en bord de mer. Derrière le Marcello de Dogman ne se cache pas un tueur sans pitié, mais un toiletteur pour chiens. Jour après jour, il soigne et promène les toutous de la ville pour nourrir sa fille et lui-même avec les maigres recettes de son salon à l’enseigne « Dogman » et à l’allure d’un garage.

    Amadouer l’animal-monstre

    Dès la première scène, Matteo Garrone nous embarque dans un univers sombre et mélancolique où l’âme humaine cherche à se faire une place. On voit Marcello, personnage attachant et chaleureux doté d’un sourire éternel, s’affairer auprès d’un chien de combat enchaîné montrant ses crocs. Avec amour et tendresse, Marcello essaie d’amadouer l’animal-monstre pour qu’il se laisse shampouiner. Inlassablement, le petit homme frêle revient à la charge. À la fin, devenu tout doux, le chien prend goût aux biscuits offerts et se laisse bichonner avec le sèche-cheveux.

    Solidarité et brutalité

    Dans cette cité italienne pauvre, les immeubles sont tombés depuis longtemps en déshérence. Et la survie ne tient qu'à la solidarité entre les quelques habitants restés sur place. Aimé par tout le quartier pour sa gentillesse et générosité, Marcello a son petit réseau pour arrondir les fins de mois. Il aime bien vivre ici, mais n’arrive pas, hélas, à dire non à Simoncino, un ancien copain boxeur et toxicomane. Cette brute exécrable vient de sortir de taule pour rentrer dans la drogue et terroriser le quartier. Entraîné malgré lui dans un cercle vicieux, le bon père et toiletteur canin tombe dans la déchéance et risque de tout perdre, car la solidarité des autres s’arrête dès que la brutalité de Simoncino entre en jeu. En quelques jours, Marcello devient le « caniche » de Simoncino et son bouc émissaire, jusqu’au moment où le petit homme maigre décide de se révolter.

    Images d’une catastrophe annoncée

    À l’écran, les paysages urbains ressemblent parfois à des natures mortes d’une catastrophe annoncée. À d’autres moments, des images d'une puissance comme le fameux tableau Daniel dans la fosse aux lions de Rubens témoignent comment la richesse et la beauté à l’intérieur de Marcello luttent contre la violence et la laideur à l’extérieur. Et dans les flaques d’eau sale des rues désertes se reflète l’enivrante luminosité du ciel et de la mer que plus personne n’aperçoit.

    Une histoire italienne racontée pour l’Europe d’aujourd’hui

    Matteo Garrone connaît l’importance d’alerter sur l’avènement d’une violence aussi sourde que puissante. En 2008, il avait sorti son film Gomorra, inspiré du livre sur la Camorra du courageux journaliste napolitain Roberto Saviano. Avec Dogman, le cinéaste italien nous fait un autre dessin cinématographique acide. Il semble vouloir nous avertir d'une chose : en très peu de temps, toute une cité habituée à se serrer les coudes peut tomber dans la terreur absolue à cause d’un seul homme sans scrupules ni limites, si les citoyens ne restent pas solidaires face au danger. Montrer cette histoire située en Italie dans l’Europe d’aujourd’hui n’est pas l’un des moindres mérites du réalisateur italien.

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