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    Culture

    Tous les mois d’août, Edimbourg devient la capitale mondiale des arts

    media Le Royal Mile avec un artiste de rue. RFI/Assa Samaké-Roman

    Où peut-on trouver, tous les jours du mois d’août, toutes les heures du jour et de la nuit, toutes les formes d’art possibles et imaginables venant du monde entier proposées aussi bien par des stars établies que par des étoiles montantes ? C’est à Edimbourg que l’on retrouve ce mélange détonnant et hétéroclite. Reportage.

    Tous les étés depuis 1947, la capitale de l’Ecosse, creuset des Lumières écossaises et qui a vu passer Robert Louis Stevenson, Walter Scott et David Hume, vit au rythme des différents festivals internationaux qu’elle accueille : pour citer Shakespeare, la ville devient un théâtre. « Nulle part ailleurs dans le monde peut-on voir le meilleur de la culture comme ici », selon le Lord Provost d’Edimbourg (maire), Frank Ross. Les sous-sols sombres des pubs et les rues sinueuses de la vieille ville deviennent des scènes aussi courues que les grands théâtres classiques, et les artistes, qui viennent par milliers présenter leur travail, redoublent d’originalité pour attirer les spectateurs sur le Royal Mile, l’artère historique reliant les deux châteaux de la ville.

    L’année 2018 est particulière : dans quelques mois, le Royaume-Uni sortira de l’Union européenne. Les acteurs culturels se seraient bien passés du Brexit. Fergus Linehan, directeur du festival international d’Edimbourg, qui propose théâtre, opéra, musique classique et musique pop actuelle, avoue ne pas voir « les avantages du Brexit », d’autant plus qu’Edimbourg est un centre culturel, touristique, universitaire et financier, autant de secteurs qui prospèrent grâce à l’ouverture des frontières. Selon Fergus Linehan, les festivals reposent « sur une économie saine et heureuse », et si le Brexit se passe mal, alors le Royaume-Uni se dirigera peut-être vers « une décennie de difficultés ». Actuellement, les festivals génèrent un bénéfice de 313 millions de livres sterling et plus de 5 000 emplois dans l’économie écossaise, sans compter le coup d’accélérateur dans les investissements pour construire et rénover des salles de spectacles, des logements et des hôtels.

    Le secteur culturel en particulier pourrait souffrir d’une absence d’accord avec l’Union européenne d’ici mars 2019 : même si Edimbourg reste une destination touristique attractive, les personnes susceptibles de visiter, travailler ou se produire dans ses festivals ne vont-elles pas vouloir aller ailleurs ? Nick Barley, directeur du festival du livre, soulève cette question. Le Book Festival accueille des auteurs d’une cinquantaine de pays, dont certains ont connu des difficultés pour entrer sur le sol britannique. La problématique de la liberté de circuler est donc particulièrement importante. C’est justement sur le thème de la liberté que le festival invite ses participants à réfléchir cette année. A cette occasion, une dizaine d’auteurs a rédigé des textes compilés dans les Cahiers de la liberté (Freedom Papers). « Le mot liberté peut avoir plusieurs sens : la liberté d’expression, la liberté de commercer… la liberté de quoi, la liberté de qui ? Il est nécessaire aujourd’hui d’avoir cette discussion, » explique Nick Barley. Son festival se veut aussi être « un forum démocratique, où les idées importantes se rencontrent. On veut être un espace de liberté pour chacun, quelles que soient ses origines ou sa culture. Le but est de mieux comprendre le monde qui nous entoure et nous pousser à la réflexion ».

    Esprit de dialogue et de rencontre

    Pour le Lord Provost, élu indépendantiste, c’est précisément cet esprit de dialogue et de rencontre qu’il faut promouvoir, dans un monde où le populisme déferle en Europe et où les murs se dressent dans les esprits. « Edimbourg reste ouverte à toutes les opportunités, quoi qu’il se passe dans les prochains mois », assure-t-il. « Nous avons construit un réseau avec nos partenaires européens, et nous devons en prendre soin aujourd’hui. Nous avons besoin que les gens viennent ici, nous avons besoin de l’immigration. Cet esprit d’ouverture fait partie de l’ADN des Ecossais ». Fiona Hyslop, la ministre écossaise de la Culture, du Tourisme et des Affaires extérieures, insiste également sur cet aspect. « Partout dans Edimbourg, il y a de grands panneaux (ceux du festival international) qui souhaitent bienvenue à tout le monde. L’interconnectivité des nations est importante. Il faut se souvenir que les festivals, créés après la Seconde Guerre mondiale, devaient construire des ponts entre les cultures ». Fergus Linehan veut également rappeler l’origine de ses festivals pour souligner leur pertinence aujourd’hui : « alors que l’Europe était en ruine, on s’est tournés vers la culture pour reconstruire une société civile. On a voulu mettre en avant le pardon et la réconciliation pour ne jamais revivre ces années de guerre ».

    Dès lors, il paraît logique qu’Edimbourg soit devenue un lieu qui concentre autant de créativité et où toutes les discussions peuvent avoir lieu. Le Fringe en est le meilleur exemple : né de la volonté de plusieurs artistes de se produire à Edimbourg malgré le refus qui leur était opposé d’apparaître au festival international en 1947, le festival, qui nous invite cette année à « plonger dans l’inconnu », est devenu la plus grande manifestation artistique du monde. De nombreux spectacles parmi les plus de 3 500 présentés évoquent cette année #MeToo, le racisme, le Brexit, Donald Trump, la santé mentale. Les 4,5 millions de visiteurs y vont « pour être surpris et enthousiasmés, pour voir des choses nouvelles et différentes », selon Fiona Hyslop. Le plus grand défi pour les festivals sera probablement de faire en sorte qu’ils restent accessibles et inspirants pour les jeunes, surtout ceux des milieux défavorisés : plus qu’un simple divertissement pour les touristes, les festivals veulent faire partie de la vie de tous les habitants d’Edimbourg.

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