GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 11 Novembre
Lundi 12 Novembre
Mardi 13 Novembre
Mercredi 14 Novembre
Aujourd'hui
Vendredi 16 Novembre
Samedi 17 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Afrique

    Parcours des mondes: arts premiers, création contemporaine, restitution d’œuvres

    media Un visiteur regarde au Parcours des mondes à Paris un masque Tatanua du XIXe siècle, de la Nouvelle-Irlande, en Papouasie Nouvelle-Guinée. FRANCOIS GUILLOT / AFP

    C’est l’événement à ne pas rater si votre cœur bat pour les arts premiers, le Parcours des mondes, le plus grand salon au monde pour les arts d’Afrique, d’Océanie, d’Asie et d’Amérique. Jusqu’au dimanche 16 septembre, 62 galeries au cœur de Saint-Germain-des-Prés à Paris présentent des œuvres extraordinaires. L’édition 2018 questionne aussi l’apport de l’art contemporain aux arts premiers et n’évite pas la discussion autour de l’épineuse question de la reconstitution des œuvres d’art africaines.

    Il avait pulvérisé à l’époque le record de l’œuvre la plus chère d’un artiste encore en vie. En 2007, l’Américain Adam Lindemann vendait le Cœur suspendu de Jeff Koons pour 23 millions de dollars avant de céder en 2017 son Basquiat pour 110,5 millions de dollars... Aujourd’hui, il est à la tête de sa galerie new-yorkaise Venus Over Manhattan et avoue – en tant que président d’honneur du Parcours des Mondes 2018 – son amour pour l’art africain : « Mon premier coup de cœur, il y a 30 ans, c’était une sculpture Fang [Gabon]. J’étais fanatique des Fang et je suis allé d’acheter ce Fang chez l’artiste Arman qui en avait une douzaine chez lui. »

    « L’art premier ne peut pas parler »

    Depuis, il entretient avec beaucoup de succès sa double passion pour l’art ancien et contemporain. « Pour moi, les arts premiers sont des objets mélancoliques. Ce sont des émotions complètement différentes de ce que l’art contemporain peut me donner. » Et selon lui, la rencontre entre ces arts est pour tous les deux bénéfiques : « On dit souvent que l’art contemporain exploite l’art premier, parce que l’art premier ne peut pas parler [rires]. Mais, l’art ancien africain profite aussi de l’art contemporain, parce que le nombre de gens qui suivent l’art contemporain est beaucoup plus important que le nombre de gens qui suivent l’art africain ou océanien. »

    Au Parcours des mondes, l’inspiration s’écrit avec un grand « I ». Dans les galeries venues du monde entier, les plus grands spécialistes des différents domaines exposent des œuvres d’une beauté rare. La Galerie Meyer ausculte avec délicatesse la noix de coco dans tous ses états en Océanie. Indian Heritage a rassemblé des masques himalayens aussi merveilleux que mystérieux. Avec un hochet de Chamane du XIXe siècle, la Galerie Flak explore dans Africubisme les regards croisés entre l’art africain et le cubisme, pendant que Martin Doustar nous fait découvrir une Vénus de la Sibérie orientale datant de 500 apr. J.-C.

    « Le diamant noir »

    Étonnante et édifiante est l’initiative de la Galerie Vallois de rapprocher les sublimes costumes de danse traditionnels des Yoruba au Nigéria avec les créations ingénieuses et contemporaines de l’artiste Prince Toffa. Sans parler de l’émotion provoquée par le « diamant noir », présenté au public pour la première fois depuis 40 ans (et déjà vendu) à la galerie de Bernard Dulon, marchand et expert en art africain : « Ce masque a été sculpté au XIXe siècle par un sculpteur de l’ethnie Dan, un peuple frontalier de la Côte d’Ivoire, du Libéria et de la Guinée. Il est considéré comme le plus beau masque de cette région d’Afrique noire. C’est devenu une référence pour l’histoire de l’art mondial. »

    L’échange mutuel entre les arts premiers et l’art mondial entre aussi en jeu à l’Espace Tribal. Un travail de recherche de trois ans a permis de reconstituer l’exposition légendaire de 1930 qui avait rassemblé des œuvres des arts premiers d’Afrique et d’Océanie à la galerie du Théâtre Pigalle à Paris. Organisée par Tristan Tzara, Charles Ratton et Pierre Loeb, avec des prêts de Picasso et Derain, l’événement a fait date dans l’histoire de l’art. « En 1930, l’approche qui consiste à voir dans ces objets des véritables œuvres d’art et non pas seulement des témoignages ethnographiques est une approche qui n’avait pas encore gagné le grand public. L’exposition à la galerie Pigalle marque ce basculement. C’est un grand succès populaire, basé sur une approche esthétique de ces arts, » affirme Nicolas Rolland, historien de l’art et avec Charles-Wesley Hourdé coorganisateur de cette reconstitution. « Nous partions d’un catalogue d’exposition de 1930 qui contenait 425 objets et seulement 16 photographies. Il a fallu ensuite retrouver un par un chaque objet, les identifier. C’était un travail titanesque. »

    « L’exposition à la galerie Pigalle en 1930, une consécration »

    Yaëlle Biro, conservatrice associée au département des Arts africains au Metropolitan Museum of Arts à New York et auteure du livre Fabriquer le regard, a écrit deux chapitres dans le catalogue. Selon elle, l’expo à Pigalle a vraiment changé la donne : « L’exposition en 1930 était une forme de consécration, un tournant majeur pour la réception de ces arts. Ce qui est intéressant, c’est que c’est une histoire qui se développe complètement en dehors de l’Afrique, le marché, la manière de voir ces objets… Cela se sépare d’une perspective ethnographique. On est à un point charnier entre le développement de l’ethnographie et le développement d’une perspective esthétisante de ces objets. »

    Egalement frappant, le regard occidental sur ces arts n’a pratiquement pas bougé depuis, s’étonne Nicolas Rolland : « Finalement, ce regard a tout de même très peu évolué depuis les années 1930, puisque les objets « star » de l’époque et les objets jugés importants sont toujours les mêmes aujourd’hui. »

    La restitution des œuvres d’art, une question troublante

    En revanche, ce qui a profondément changé est le regard sur la propriété de certaines œuvres. Il y a encore deux ans, lors du Parcours des mondes 2016, Yves-Bernard Debie, avocat spécialisé dans le commerce de l’art, avait qualifié d’illusoire la demande de restitution des œuvres d’art par le Bénin : « ils n’ont pratiquement aucune chance d’aboutir ». Entre temps, la promesse du président Emmanuel Macron en novembre 2017 à Ouagadougou de tout faire pour que « d’ici cinq ans les conditions soient réunies pour un retour du patrimoine africain à l’ Afrique » est passée par là, avec, à la clé, une mission confiée à la Française Bénédicte Savoy et au Sénégalais Felwine Sarr de publier en novembre un rapport sur la question.

    Parcours des mondes : vue de la reconstitution de la mythique exposition de 1930 de la Galerie du Théâtre Pigalle. Siegfried Forster

    L’initiative du président français a semé visiblement le doute au Parcours des mondes et touché un point très sensible du marché de l’art premier, avoue Pierre Moos, directeur et fondateur du Parcours des mondes : « Bien sûr, parce que toute cette polémique est basée sur des bases économiques lors d’un voyage du président Macron. Il s’est aperçu que la France, il y a sept ou huit ans, était le premier fournisseur de l’Afrique. Aujourd’hui, nous sommes [derrière la Chine et l’Allemagne, ndlr]. Les hommes politiques s’imaginent qu’en cédant des bouts de bois, nous allons vendre des Airbus ou des TGV… Sauf que, ces œuvres, c’est aussi notre histoire. Nous les avons trouvées, choyées, achetées. 95% des pièces ont été achetées et non pas volées ou spoliées, contrairement à ce que certains disent (…) Si, demain, on me demande de prêter une pièce à un musée africain, il n’y a aucun problème si les conditions le permettent. Si, demain, on me dit, la pièce que tu as chez toi est volée, je la rends. Mais, il faut m’amener la preuve. Or, aucun des pays n’a déposé des plaintes. »

    Même son de cloche chez Adam Lindemann. Il déclare avoir des sentiments mitigés par rapport au problème de la restitution : « Je pense que les pays ont le droit de protéger leur culture, d’avoir des objets qui représentent leur histoire. Mais, si quelqu’un possède quelque chose, on ne peut pas l’enlever sans lui faire un préjudice et lui offrir quelque chose pour la perte subie. Je ne sais pas comment cela devrait être organisé. Ce que je sais, il est facile à dire : cela m’appartient, mais c’est compliqué à montrer. »

    Parcours des mondes, à Paris, du 11 au 16 septembre.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.