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    France

    Ouverture des Francophonies en Limousin: «la Francophonie s’éclate»

    media L'affiche (détail) des 35e Francophonies en Limousin qui ont lieu du 26 septembre au 6 octobre 2018. lesfrancophonies.fr

    À Limoges, dans le centre de la France, la Francophonie ouvre à partir de ce mercredi 26 septembre ses imaginaires aux mouvements artistiques du monde contemporain. La 35e édition des Francophonies en Limousin propose 25 spectacles dont six créations et cinq premières en France, en plus des lectures et des rencontres. Parmi les invités : des troupes et des artistes du Québec, de l’Inde, du Burkina Faso, du Cameroun, du Sénégal, des Caraïbes, du Liban, de la Belgique, de la France… Entretien avec la directrice Marie-Agnès Sevestre sur une Francophonie qui s’éclate et en même temps risque d’éclater en différents secteurs.

    RFI : Pour les Francophonies en Limousin 2018, vous avez promis « les divers possibles » de la Francophonie. Quel sera le fil conducteur de cette édition ?

    Marie-Agnès Sevestre : J’ai voulu donner un coup de projecteur sur la production de Montréal. Le Focus Québec commence avec le premier jour et se termine avec le dernier jour du festival. Et nous avons également deux jours consacrés aux Caraïbes, avec une carte blanche donnée à Tropiques Atrium, la scène nationale de Martinique.

    Le spectacle Multiple-s réunit le chorégraphe burkinabè Salia Sanou, l'écrivaine franco-canadienne Nancy Huston et la danseuse légendaire Germaine Acogny, Sénégalaise née au Bénin. C’est un peu l’Afrique et l’Amérique qui dialoguent en Europe et avec l’Europe sur le sol français, à Limoges. Est-ce votre spectacle idéal, votre signature ?

    C’est surtout la signature de Salia Sanou. C’est son idée d’avoir réuni ces deux femmes avec lesquelles il avait envie d’avoir un dialogue sur scène. Avec Nancy Huston, une femme étrangère qui vit en Europe, qui écrit en langue française qui n’est pas sa langue d’origine, parce que c’est l’anglais. Je pense qu’il avait envie d’explorer cette fracture intime entre la mémoire d’une langue maternelle et puis la langue dans laquelle on construit un projet artistique. Avec Germaine Acogny, c’est peut-être une relation qui est plus liée à l’histoire de la danse en Afrique et ce que cette femme a pu apporter. Salia a eu envie de ce type de travail très original, parce que Nancy n’est pas danseuse et, malgré tout, elle danse. Et elle fait danser la langue aussi dans cette proposition.

    Cela sera la dernière édition des Francophonies sous votre direction, après treize ans à la tête du festival. Quelle est la chose la plus importante que vous avez changée pour et avec le Festival des Francophonies et peut-être même pour la Francophonie en général ?

    Cela serait très ambitieux de dire qu’on a changé quelque chose. Disons que j’ai vraiment donné l’accent aux auteurs, à l’écriture, à la création littéraire. Dans mes programmes, cette création a traversé toutes les éditions. J’ai essayé de faire dialoguer aussi un certain nombre de gens entre eux. Ces rencontres ont conduit par la suite à des projets tout à fait imprévus. J’ai l’impression que le festival a eu ce rôle de creuset, d’alambic, pour faire murir des idées. Peut-être, cela aurait été plus difficile à imaginer sans la petite étincelle de départ du Festival des Francophonies. Si j’ai une fierté, c’est d’avoir été au rendez-vous d’un certain nombre de rencontres et de projet nouveaux.

    Les Francophonies s’inscrivent dans la Francophonie. Comment a-t-elle changé pendant ces treize ans où vous étiez directrice des Francophonies ?

    On en parle beaucoup plus, mais je crois que la question est de plus en plus floue, de moins en moins pensée, d’une façon à la fois humaniste, poétique, artistique. Je pense que la Francophonie s’éclate maintenant en différents secteurs : les uns vont penser « développement économique », les autres « influence diplomatique », d’autres « diffusion de la langue ». Il manque probablement un grand projet, une sorte de pensée un peu généreuse et en dehors des contingences immédiatement rentables politiquement. C’est ce qui manque de plus en plus.

    Est-ce que cela vous a surpris que le président français Emmanuel Macron ait annoncé en juillet la Saison des cultures africaines 2020 au Nigeria, un pays anglophone ?

    Oui, mais je pense que c’est un ensemble de choses. D’abord, l’année des Afriques en 2020 ne sera pas l’année de l’Afrique francophone. Donc, il va falloir penser à la multiplicité des cultures africaines et non pas à celle qui nous parle directement, parce que liée soit à notre langue, soit à nos anciennes colonies, ce qui est, d’une manière générale, à peu près la même chose. Donc, ce n’est pas si mal qu’il y ait une espèce d’élargissement de la pensée de l’année des Afriques. N’Goné Fall [la commissaire générale de la Saison des cultures africaines, ndlr] avait fait une annonce assez pugnace de ce côté-là en disant bien qu’elle n’allait pas être à la tête d’un projet célébrant la Francophonie. Donc, moi, cela me stimule plutôt.

    Marie-Agnès Sevestre, directrice des Francophonies en Limousin. Thierry Laporte

    Certains ont vu dans la reconfiguration prévue du Tarmac, théâtre parisien exclusivement dédié aux créations francophones, un signe que la scène francophone risque d’être un peu délaissée par le pouvoir publique. Qu’est-ce que cela change pour les Francophonies en Limousin ?

    D’abord, il faut voir ce que cela change pour les personnes en question. C’est-à-dire ce démontage manu militari du Tarmac me paraît une façon extrêmement brutale de chercher une solution pour un autre théâtre, le Théâtre Ouvert. Ensuite, je trouve qu’il faut reposer la question de la pertinence du projet du Tarmac sans pour autant y aller aux coups de bulldozer. On est nombreux à ne pas comprendre la méthode. Ensuite, pour le festival des Francophonies, c’est un projet qui nous laisse un peu dans l’expectative, parce que, le Théâtre Ouvert, pour l’instant, n’a pas vraiment l’expérience ni le substrat historique pour penser ces questions. Mais, cela s’apprend et c’est un partenaire qui est extrêmement légitime et pertinent du côté de l’écriture contemporaine.

    En revanche, nous, en tant que Festival des Francophonies, on ne tient pas être le seul organisme « francophone » reconnu par l’Etat en tant que tel. Parce que c’est très pernicieux d’être une sorte d’« agence officielle » du spectacle francophone en France. La multiplicité des initiatives serait de meilleur augure. Donc, j’aimerais qu’il y ait beaucoup de lieux et j’espère que la ministre aura aussi envie de donner des missions francophones à des lieux généralistes. De telle sorte qu’il n’y ait pas une spécificité un peu ghettoïsante de la francophonie au Festival des Francophonies.

    Depuis le mouvement #MeToo il y a souvent question de la place des femmes dans la culture. Il se trouve que dans la Francophonie il y a beaucoup de femmes à la tête d’institutions : la Canadienne Michaëlle Jean est secrétaire générale de l’OIF et va affronter lors des élections en octobre une autre femme ; la Française Audrey Azoulay officie en tant que directrice générale à l’Unesco ; l’écrivaine franco-marocaine Leila Slimani a été nommée « Madame Francophonie » par le président français. Vous-même vous êtes directrice des Francophonies en Limousin. Comment expliquez-vous cette prééminence de femmes dans ce domaine ?

    Je ne me l’explique pas [rires]. D’abord, on ne peut pas comparer la direction du Festival des Francophonies avec le secrétariat général de l’OIF. On est dans des réseaux totalement différents en termes de responsabilités, de visions internationales. Dans le réseau français, ce qui est sûr, la Francophonie étant peu dotée financièrement – que ce soit au Tarmac, par exemple, ou à Limoges – eh bien, on sait très bien, en général, ce sont plutôt des femmes qui dirigent des lieux un peu plus militants et un peu moins financés. Mais je pense qu’il ne faut pas en tirer des conclusions générales.

    Pour réussir votre dernière édition, qu’espérez-vous du Festival 2018 ?

    Déjà, Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, a annoncé sa venue à Limoges. Donc, j’espère des nouvelles encourageantes pour le dossier francophone… Cela me permettrait de laisser un festival plein d’avenir, avec des perspectives aussi financières confortées, car nous sommes vraiment un festival « pauvre » par rapport à ses missions. Et j’espère aussi qu’on aura beaucoup de public, parce que j’ai envie de dire au revoir au maximum de gens à Limoges. Et j’espère que le passage de témoin avec mon successeur Hassane Kouyaté [né au Burkina Faso, le comédien et metteur en scène était depuis 2014 directeur de la scène nationale Tropiques Atrium de la Martinique, ndlr] se fera avec amitié et confiance.

    ► Le Prix Théâtre RFI 2018 sera remis à Limoges, le dimanche 30 septembre, à 13h, dans le cadre du Festival des Francophonies.

    35e édition des Francophonies en Limousin, du 26 septembre au 6 octobre.

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