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    Afrique

    «Rafiki», le film d’amour qui fait bouger le Kenya

    media Affiche du film «Rafiki», de Wanuri Kahiu. Météore Films

    Cette petite histoire d’amour entre deux jeunes adolescentes à Nairobi avait tout pour se transformer en petite bluette. Mais raconté avec brio et beaucoup de couleurs, d’imagination et de finesse par la réalisatrice kényane Wanuri Kahiu, le film s'est transformé en symbole pour les droits des lesbiennes en Afrique. Comme une chanson douce faisant reculer le monstre de la discrimination. Après avoir traversé de nombreuses zones inconnues et interdites, le long métrage sort ce mercredi 26 septembre en France et jusqu’au dimanche 30 septembre même au Kenya.

    En salles, les spectateurs découvriront non pas un manifeste politique, ni un choc charnel comme La Vie d’Adèle, la Palme d’or d’Abdellatif Kechiche, mais un petit bijou cinématographique. Avec un jeu à la fois subtil et timide, les deux actrices Samantha Mugatsia et Sheila Munyiva donnent avec beaucoup de finesse vie aux sentiments naissants entre Kena et Ziki. Déjà bravant les interdits, le rejet de la famille et des amis, elles sont de surcroît les filles de deux hommes politiques rivaux. Une complexité que la réalisatrice Wanuri Kahiu exprime à travers une palette de couleurs pour le moins inattendue : « Quand les filles sont dehors dans leur communauté, les couleurs sont très criardes, presque insupportables et rendent l’ambiance presque claustrophobe. Et quand les filles sont ensemble, les couleurs sont légères et ont parfois une nuance de rose vif. Pour moi, cela signifie la célébration de leur liberté et leur perception du monde. »

    « Le cinéma est une force forte »

    Ce point de vue féminin, la réalisatrice l’assume aussi dans la vie. Pour elle, le cinéma est bien plus que du « soft power » : « Pour moi, le cinéma est une force forte ! Le cinéma est capable de déclencher des discussions, de défendre des droits fondamentaux comme la liberté d’expression, de réunir du public dans un lieu, de montrer des films et de transporter les gens dans le monde entier. Le cinéma est incroyablement important pour casser des barrières et des frontières. Pour tout cela je suis devenue réalisatrice. »

    Pour elle, cette histoire n’est pas seulement une histoire de deux lesbiennes affrontant la fureur d’une société kényane conservatrice, mais aussi une histoire universelle, à l’image de La Vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche : « C’est juste l’état dans lequel on se trouve quand on est amoureux. Et c’est exactement le même sentiment que je voulais créer aussi dans mon film. Je voulais m’assurer que ce sentiment amoureux ne soit pas seulement ressenti par les actrices, mais également par les spectateurs. Le but était que les spectateurs pensent dans ce moment à leur histoire d’amour personnelle. Et on espère que beaucoup d’autres histoires d’amour vont naître de ce film. »

    De la censure aux Oscars ?

    Avec Rafiki, Wanuri Kahiu a surmonté beaucoup d’obstacles. Malgré la censure dans son pays, elle a réussi à être sélectionnée comme première réalisatrice kényane au Festival de Cannes. Et après l’accueil triomphant sur la Croisette, elle s’est retrouvée sur la Une des journaux au Kenya. Pour arriver à ses fins, elle a dû affronter les accusations de faire la promotion du « lesbianisme » dans un pays connu pour son avis tranché en la matière et risquait même d’aller en prison.

    Ensuite, en dépit de l’accueil remarquable fait au film sur la scène internationale, le Kenya Film Classification Board a quand même interdit la sortie du film au Kenya. Le 10 septembre, c’est alors Wanuri Kahiu qui a porté plainte à son tour contre l’organisme de régulation des diffusions mandaté par le gouvernement kényan (KFCB) : « Quand quelqu’un commence à porter atteinte à votre droit d’être créative et d’exercer votre travail, cela devient un problème », a-t-elle fait savoir par communiqué. Résultat : elle a finalement réussi à obtenir par la Haute Cour de Nairobi une autorisation de sortir le film dans son pays. Limitée à sept jours, elle sera assez longue pour pouvoir être candidate pour les Oscars 2019 où une autre réalisatrice africaine défendant la cause de la femme concourt pour la catégorie du Meilleur film en langue étrangère : la Tunisienne Kaouther Ben Hania avec La Belle et la Meute.

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