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    «Fissures» aux Francophonies: la terre fertile du Togolais Mawusi Agbedjidji

    media Les comédiens et musiciens après «Fissures». Une mise en scène de Mawusi Agbedjidji (3e à dr.), d’après «Alma» de Hala Moughanie (2e à dr.) et «Nuits inachevées» d’Aristide Tarnagda. Siegfried Forster / RFI

    Le pari est audacieux. Le résultat s’avère surprenant et stimulant. Visiblement, le jeune metteur en scène togolais Mawusi Agbedjidji, 33 ans, revendique même une certaine insouciance pour arriver à ses fins. Aux Francophonies à Limoges, il a ingénieusement fusionné un texte de la Libanaise Hala Moughanie (« Alma ») avec un autre du Burkinabè Aristide Tarnagda (« Nuits inachevées ») pour en faire une pièce qu’il nommera « Fissures ». Avec les soubresauts de styles et de langues provoqués, il entretient joyeusement un sentiment d’incertitude. Apparaît alors la figure centrale de la pièce, l’étranger, et la question clé du spectacle  : pourquoi trafique-t-on les terres pour enrichir les uns et déposséder les autres ? Entretien.

    RFI : Fissures, de quelles fissures parlez-vous ?

    Le spectacle Fissures, c’est la rencontre de deux textes, de deux écritures, de deux auteurs différents : Hala Moughanie, une autrice du Liban et Aristide Tarnagda, un auteur du Burkina Faso. Ce sont deux textes qu’on met ensemble. Alma de Hala Moughanie et Nuits inachevées d’Aristide Tarnagda se rencontrent et donnent le spectacle. C’est aussi une rencontre de deux manières de parler, d’aborder la langue française. Ce sont aussi des disciplines comme le théâtre, la musique et le récit qui se rencontrent, et puis aussi des gens de partout pour créer le projet Fissures.

    Comment avez-vous rencontré Hala Moughanie et Aristide Tarnagda ?

    Aristide, on se connait depuis peu. C’est la première fois que je travaille sur son texte. Hala, on s’est rencontré par le biais de son texte. J’ai été invité en octobre, novembre 2017 à Conakry, dans le cadre du festival L’univers des mots, pour faire une mise en espace des textes qui étaient en cours d’écriture. Il fallait choisir un texte pour le mettre en espace, je suis tombé sur plusieurs textes et finalement j’ai voulu travailler avec ces deux textes pour les croiser. Ainsi, l’aventure a commencé.

    La pièce tourne autour de la lutte pour la terre. Un bout de terre, c’est de la fierté, de la dignité… La terre est-ce pour vous le défi majeur de l’époque actuelle ?

    Non, pas forcément. Dans ce spectacle on questionne justement le fait d’appartenir à une terre. On se pose la question : est-ce légitime de posséder une terre ? Qu’est-ce que cela veut dire d’appartenir à un endroit ? Est-ce que cet endroit est fixe dans l’espace ou dans le temps ? Ou est-ce quelque chose qu’on peut prendre, mettre dans son sac à dos, voyager et replanter ailleurs pour peupler cette terre ailleurs ?

    Ce sont deux auteurs du Burkina Faso et du Liban, un metteur en scène du Togo et une pièce présentée en France. Donc, quatre façons de penser le français ?

    Non, il y a des manières d’aborder la langue. Je suis metteur en scène. Moi, je négocie le virage de l’écriture, du papier sur le plateau. Mais, ce ne sont pas seulement ces quatre pays, il y a d’autres artistes qui viennent d’autres pays, comme le Congo et la France. On a fait une première étape à Conakry, une autre étape en France, encore une autre à Lomé. Au final, c’est la rencontre de plusieurs endroits. Et d’une terre qui nous appartient peut-être aussi éclatée dans l’espace.

    Que représente la figure centrale de l’étranger qui apparait au début de la pièce ?

    Pour moi, c’est tout le monde. Il ne faut pas mettre le thème dans une case ou l’enfermer dans une prison. Ce n’est pas toujours quelqu’un qui quitte un pays pour aller dans un autre. Cela revient aussi à se demander : qu’est-ce qu’un pays ? Cela peut être aussi un membre de la famille qui ne se retrouve plus, qui ne fait plus ce qu’on lui demande de faire. Cela peut être à l’intérieur d’un pays.

    Moi, je viens du Togo. Quand tu quittes Lomé et tu montes 50 ou 100 kilomètres au nord, la langue qu’on parle n’est plus la même langue, les habitudes ne sont plus les mêmes. On se retrouve dans un endroit – considéré comme dans un même pays – mais tu te rend compte que tu n’es plus forcément en accord avec les manières de cet endroit-là. Dans le spectacle, l’idée de la figure de l’étranger est que cela ne soit pas quelque chose personnifiée. Il faut le dépersonnifier. Au final, on est tous l’étranger de quelqu’un, à partir du moment où l’on empêche la rencontre de s’opérer.

    Avec le morcellement de la terre, des crapauds apparaissent…

    Le thème des crapauds existe dans le texte d’Aristide, mais pas dans Alma de Hala Moughanie. Dans le texte d’Aristide, ce sont des gens qui arrivent de quelque part pour acheter une terre et qui obligent les habitants à se déplacer. Ces gens-là entrent en résistance, parce qu’ils se disent légitimes et héritiers de ce territoire. Ces crapauds parlent un langage qu’on ne comprend pas et qui nous ne comprend pas. Ils arrivent avec des lunettes, donc on ne voit pas les yeux. Les yeux étant la porte de l’âme, on ne peut pas pénétrer, on ne peut pas aller vers cette personne-là ou la rencontrer. Donc des étincelles jaillissent.

    La diversité des langues - dont le mina, une langue du sud du Togo - est accompagnée par une musique chantée et jouée sur scène. Quel est le rôle de la musique dans votre pièce ?

    Tout le travail que je fais depuis que je monte des pièces est fondamentalement basé sur la musique. Ce n’est pas forcément quand on joue un instrument qu’on entend la musique. C’est à partir du moment où l’on émet des sons qui arrivent à l’oreille. Cela se compose avec le silence aussi, avec les intonations, les volumes, les décibels… À partir du moment où quelqu’un va à l’encontre de quelque chose, on crée une musique. C’est une vibration qu’on envoie dans l’espace, qu’on envoie autour de nous, pour que cela soit agréable. La musique se définit comme une addition de sons agréables à l’oreille, donc agréables à l’écoute.

    Fissures, création aux Francophonies en Limousin. Une mise en scène de Mawusi Agbedjidji, d’après Alma de Hala Moughanie et Nuits inachevées d’Aristide Tarnagda.

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