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    Asie-Pacifique

    «Chandâla, l’Impur» aux Francophonies: trois questions à Koumarane Valavane

    media «Chandâla, l’impur», une création du Théâtre Indianostrum (Pondichéry) aux Francophonies en Limousin. Mise en scène par Koumarane Valavane. Christophe Péan

    Un « Roméo et Juliette » à l’indienne ? En tout cas un mélodrame très applaudi hier soir, samedi 29 septembre, au Festival des Francophonies à Limoges, sur la question des castes en Inde. Entretien avec le metteur en scène de « Chandâla, l’Impur », Koumarane Valavane, membre de la troupe du Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine entre 2002 et 2005 avant de créer en 2007 le Théâtre Indianostrum à Pondichéry.

    Contrairement à la ségrégation pratiquée jadis contre les Noirs aux États-Unis ou en Afrique du Sud, la ségrégation des castes en Inde est en Occident souvent plus évoquée que fustigée. Chandâla, l’impur met la lumière sur la discrimination des 150 millions d’Intouchables, une caste dorénavant appelée « Chandâla » en Inde. La pièce, immergée dans un décor folklorique indien et parlée et chantée en langue tamoule (surtitrée en français), ressemble grâce à l’énergie débordante des comédiens et chanteurs plus à Bollywood et à West Side Story qu’au Shakespeare revendiqué, mais demande quand même la bénédiction de William pour avoir « plagié » Roméo et Juliette… La mise en scène autant rythmée que sucrée oscille entre images documentaires de crimes d’honneur, danses frénétiques et drame familial un peu trop prévisible.

    RFI : Jack et Janani dans Chandâla, l’Impur, ce sont les Roméo et Juliette de l’Inde ?

    Koumarane Valavane : Cela fait partie des Roméos et Juliettes qui sont sacrifiés pour des monstres qui sont un peu partout sur la terre. Et il y a un monstre qui est en Inde, c’est le système des castes. Janani et Jack sont évidemment Roméo et Juliette. La seule différence : après la mort de Roméo et Juliette, tout le monde se réconcilie dans l’histoire, parce que Shakespeare avait beaucoup d’espoir et voulait terminer comme ça. Dans notre histoire, on ne peut pas se permettre de dire que les crimes d’honneur finissent par réconcilier les êtres. Et cela ouvre une autre porte. Ces gens qui survivent parfois dans ces crimes d’honneur, ils sont amenés à mener un énorme combat judiciaire, politique, parce qu’en Inde, toutes les lois existent, on n’est pas dans un pays où les lois n’existent pas.

    Officiellement, le système de castes est aboli. Malgré cela, ils sont obligés de faire des procès contre leur propre famille, contre leurs propres parents. Du coup, ils remettent en question le système familial et patriarcal, mais sans vouloir le détruire, parce que ce n’est pas leur but, mais d’arriver à un juste équilibre entre la famille et les libertés individuelles, l’aspiration individuelle. Donc, c’est un combat que la jeunesse commence à mener en Inde. Dans le spectacle, vous voyez à la fin le témoignage de Kausalya [en 2016, sa famille avait engagé des tueurs contre elle et son mari Shankar, issu d’une caste inférieure, Shankar meurt, Kasalya a survécu, ndlr]. Et c’est ce combat-là que la mort de Janani et Jack ouvre.

    Chandâla, l’impur, est-ce que le titre renvoie au fait que c’est toujours la caste qui domine la vie d’un Intouchable aujourd’hui à Pondichéry et en Inde ?

    Ce n’est pas qu’en Pondichéry, c’est dans toute l’Inde. En Inde, on ne dit plus « Intouchables », on dit les « Dalits », les castes défavorisées. Je ne peux pas dire qu’il n’y a pas de système qui les protège. Évidemment il y a des lois qui les protègent. Il y a un système. Mais, il y a une espèce de retour en arrière en Inde qui est un peu dangereux.

    Deuxièmement, tout le monde n’est pas concerné. Il y a un système de quotas qui permet d’avancer, heureusement. Beaucoup de membres de la communauté des Dalits ont pu accéder à des postes d’importance. En particulier la personne qui a écrit la Constitution de l’Inde est un Dalit. Mais, on ne peut pas se cacher derrière ces icônes pour dire que tout va bien. Il y a une réalité, où dans des villages, certains groupes ont opprimé des Dalits. Et ils continuent à commettre des crimes d’honneur. Ils continuent à tabasser des gens, parce qu’ils n’ont pas enlevé la chemise, parce qu’ils ne se sont pas assis comme il faut.

    Mais, je dirais que ce sont des derniers souffles du monstre qu’on est en train de voir, les derniers coups de griffes du monstre. Donc, c’est le moment de l’achever. Achevons-le !

    C’est une pièce sur les castes en Inde. Où et comment allez-vous montrer la pièce en Inde ?

    Ça, je ne sais pas. Je viens de la jouer aux Francophonies. La création a été faite avec le soutien du Festival des Francophonies, le Théâtre du Soleil et le Théâtre de l’Union. Mais, on a présenté la première partie, pas la deuxième. Le spectacle, c’est un énorme coup de poing, en particulier la deuxième partie. On va voir où l’on va mettre le coup de poing et on va voir si cela fait vomir le monstre ou si cela provoque autre chose, mais nous sommes prêts à affronter ce moment-là.

    « Chandâla, l’impur », Roméo et Juliette et les castes en Inde

    Chandâla, l’impur, une création du Théâtre Indianostrum (Pondichéry) présentée du 27 au 29 septembre aux Francophonies en Limousin. Le spectacle sera présenté les 5, 6 et 7 octobre au Théâtre du Soleil à Paris. Mise en scène, texte & traduction : Koumarane Valavane. Vidéo : Sudarshan. Chorégraphie : Sathish Kumar. Musique : Saran Jith. Chant : David Salomon. Maître des marionnettes : K. Periyasamy. Décors : Joseph Bernard.

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