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    Culture

    [Lettres du monde] Laferrière au pays des esprits

    media Dany Laferrière. AFP/Matthieu Alexandre

    Craignant pour sa vie, un homme quitte en catastrophe son île natale. Il coupe le contact pendant vingt ans, avant de décider d’y revenir un moment. Un passé « si loin si proche » lui gicle au visage. Exilé au Canada, l’écrivain Dany Laferrière nous raconte en cent petites touches sensibles son retour en Haïti au cours de l’année 1996*.

    D’emblée, la tendresse de l’auteur pour ses proches nous enveloppe. Les retrouvailles regorgent d’attentions et d’affection. Mais elles sont décalées : le statut du narrateur a changé, il est devenu journaliste et passe désormais à la télévision.

    Il s’interroge sur sa légitimité à parler d’un pays qu’il ne reconnaît qu’à moitié. La capitale a étendu ses tentacules sur les collines sèches avoisinantes, il convient d’éviter plusieurs quartiers. Une énergie incroyable anime un peuple sur lequel Dieu semble s’acharner.

    Le cercle des intimes s’élargit au fil des rencontres. Après sa mère et sa tante, nous faisons connaissance de ses amis. Ils ont choisi de rester, soit dans les affaires, soit animés par la révolte. L’auteur, surnommé « Vieux Os », retrouve des amours de jeunesse, esquissés ou tus. Va-t-il rattraper le temps perdu ? Il nous laisse sur notre faim.

    Très intéressante est la quête de Laferrière pour l’âme d’Haïti, ce pays où morts et vivants n’arrêtent pas de se croiser. On n’enterre personne avec son chapeau. La vie a plusieurs dimensions, la mort aussi. Loin du monde rationnel et productiviste d’Amérique du Nord, l’auteur brosse le portrait d’un monde où l’on côtoie les ancêtres et les zombies. Cette cohabitation semble aller de soi.

    Laferrière cherche des explications auprès de médecins et d’universitaires. Est-il exact que les habitants de Bombardopolis ne se nourrissent qu’occasionnellement ? Nous pénétrons l’univers vaudou et sa cosmogonie aux noms sonores : Ogou Ferraille, Erzulie Dantor, qui devient Erzulie aux yeux rouges quand elle sombre en jalousie, ou l’inquiétant Baron Samedi. Laferrière se refuse de trancher et sème méthodiquement ses proverbes en créole.

    Ce récit attachant se noie dans l’imaginaire et s’achève sans chute aucune. En guise d’épilogue, la réplique d’un artiste, peintre de fruits luxuriants, à un journaliste du New York Times : « Le pays, réel, monsieur, je n’ai pas besoin de le rêver ».

    Depuis 1996, Haïti a connu bien des bouleversements. Si l’ère n’est plus à la dictature, l’instabilité politique continue d’agiter le pays. L’épouvantable tremblement de terre de 2010 a débouché sur une présence étrangère redoublée, humanitaire en partie, porteuse de maladies, mais ressentie comme humiliante.

    Pays sans chapeau annonce L’énigme du retour treize ans plus tard. Ce roman atypique qui mêle prose et poèmes, onirisme et réalisme, espoir et nostalgie, sera couronné de nombreux prix. Un homme qui ressemble à Laferrière fait face au décès de son père à New York et à son île inapaisée.

    Désormais citoyen canadien et académicien français, Dany Laferrière ne cessera probablement jamais de décrire les ravages de l’exil et la fécondité surprenante du déracinement. Un phénomène qui ne peut que s’amplifier au cours des décennies à venir.


    Dany Laferrière, Pays sans chapeau, Le Serpent à plumes, 1999, puis Zulma, 2018

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