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    France

    Prix Médicis 2018 décerné à l'«Idiotie» chère à Pierre Guyotat

    media L’écrivain Pierre Guyotat, lauréat du Prix Médicis 2018 pour «Idiotie», publié aux éditions Grasset. Philippe Lopez / AFP

    Les membres du jury du Prix Médicis ont décerné ce mardi 6 novembre le Prix Médicis 2018 à Pierre Guyotat pour son roman « Idiotie ». Dans ce récit autobiographique d’un auteur habitué aux polémiques autour de ses livres, Guyotat nous plonge dans le Paris des années 1950 et dans la guerre d’Algérie.

    Il a consacré sa vie à l’écriture et marqué la littérature française. Le texte primé peint la genèse de la jeunesse et de la poésie de cet auteur, né en 1940, à Bourg-Argental, dans une famille très engagée dans la Résistance et dans la France libre.

    L’histoire d’Idiotie se déroule entre 1958 et 1962. Pierre Guyotat y décrit son entrée dans l’âge adulte, après ses années de jeunesse racontées dans Formation et Arrière-fond. On assiste à son arrivée dans la capitale, encore mineur, après avoir fugué de Lyon, un an après la mort de sa mère. Il dort sous le pont de l'Alma. Dans de longs passages, il ressuscite d’une manière éblouissante le Paris d’antan aujourd’hui disparu : les rues, les quartiers, les bords de Seine et les corps de femmes…

    « Manger à la sauvette, changer de quartier ; retourner vers les Halles ; du déchet, légumes, viande, partout, sur les étals, le plus sain dessus, le moins sûr dessous ; autour des kiosques, des glaciers ambulants, des cornets entamés – nous en ramassons, en croquons ; la faim, d’un ou deux jours, renforce les sens, la volonté… »

    L’idiotie ou le questionnement du réel

    Pour Pierre Guyotat, l’idiotie, ce n’est pas une question d’intelligence, mais le fait de questionner le réel pour entrer en rébellion en passant par les arts et les mots : « Mes rébellions d’alors et leurs conséquences : fugue, faim, vol, remords, errances, coups et prisons militaires, manifestations corporelles de cette sorte de refus du réel imposé : on en trouvera ici des scènes marquantes. »

    On plonge avec lui dans sa révolte contre la guerre d’Algérie, les viols, les tortures, les massacres, pour partager à la fois le sort des Algériens et des soldats envoyés par la France avant de vivre le retour tragique des Français d’Algérie dans l’hexagone. Lui-même était sous les drapeaux en Algérie à partir de 1961. Inculpé en mars 1962 d’atteinte au moral de l’armée, il est condamné à trois mois de cachot.

    Auteur de fiction, il a construit ses univers avec des mots et des constructions de phrases bien à lui. Son but ultime : penser le monde et en particulier l’être humain sans limites. D’où aussi son soutien pour des comités de soldats, les immigrés ou les prostituées… Ses expériences de plusieurs dépressions nerveuses et du coma - transformée en littérature avec son livre Coma, publié en 2006 et couronné par le prix Décembre - lui ont permis de transformer sa langue de l’intérieur, au-delà du perceptible.

    L’écriture et les interdits

    Sa carrière d’écrivain était toujours rythmée de scandales et d’interdits. Cela commence avec Tombeau pour cinq cent mille soldats où il mêle scènes de guerre et de sexe entre hommes, œuvre refusée à l’époque par les éditions du Seuil, avant d’être publié par les éditions Gallimard en 1967. Trois ans plus tard, Eden, Eden, Eden rate à une voix de près le prix Médicis et sera de surcroit interdit (jusqu’en 1981) par le Ministère de l’Intérieur à l’affichage, à la publicité et à la vente aux mineurs. Cela, malgré le soutien de personnalités comme Pasolini, Sartre, Boulez, Beuys ou Simone de Beauvoir…

    Après avoir reçu en 2010 le prix de la Bibliothèque Nationale de France pour l’ensemble de son œuvre, le prix Médicis rend aujourd’hui un hommage appuyé à l’un des écrivains les plus illustres de la littérature française.

    ► Lire aussi : Le Prix Femina décerné à un survivant, Philippe Lançon, pour «Le Lambeau», rfi, 5/11/2018

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