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    Afrique

    Art contemporain: le versant économique de la foire AKAA

    media Œuvre de l’artiste ivoirienne Joana Choumali, broderie sur photo, présentée à AKAA 2018. Sabine Cessou

    La foire Also Known As Africa (Akaa), qui s’est déroulée du 9 au 11 novembre au Carreau du Temple à Paris, s’est soldée pour sa troisième édition par un franc succès. D’abord et avant tout organisée pour faire vendre la profusion créatrice de l’art contemporain africain, elle veut faire se rencontrer les vendeurs, artistes et galeries, avec les acheteurs, pour l’essentiel des collectionneurs privés. Mais le seuil des prix reste assez bas, avec un plafond de 5 000 euros difficile à franchir.

    Solly Cissé, peintre sénégalais, Freddy Tsimba, sculpteur congolais, Ananias Léki Dago, photographe ivoirien… Les artistes confirmés étaient au rendez-vous parisien, de même qu’une nouvelle moisson de talents, comme chaque année depuis 2016.

    La pièce la plus chère de la foire, une œuvre de l’un des artistes les plus cotés du marché, le Sud-Africain William Kentridge, était à vendre à plus de 48 000 euros. Sous le titre Refugees (you will find no other seas), elle représente en grand format à l’encre de Chine des personnes sur un frêle esquif. À ses côtés, on trouvait des révélations telles que le jeune plasticien sénégalais Serigne Ibrahima Dièye, remarqué pour ses dessins au stylo bille, présentés par la galerie marseillaise Polysémie, en vente entre 450 et 2 200 euros.

    Une foire avec des stands

    Victoria Mann, la directrice d’Akaa, explique cibler plusieurs types d’acheteurs : « Les collectionneurs établis d’art contemporain international, qui ont l’œil et peuvent faire monter la cote des artistes en les faisant entrer dans des collections installées, mais aussi les jeunes collectionneurs et puis ceux qui se lancent ». Ce que la foire permet, avec des prix d’entrée que Victoria Mann estime « encore très abordables ».

    La foire elle-même permet de suivre des artistes dont la cote monte, comme Alexis Peskine ou Banele Khoza. Les toiles de ce dernier, un jeune peintre sud-africain de 28 ans, d’abord proposées à 1 500 euros en 2016 par la galerie Smith, basée au Cap, sont parties à 3 000 euros cette année.

    Le principe d’Akaa, qui loue des stands à des galeries et ne prend aucune commission sur les transactions, consiste à ouvrir l’œil et proposer une sélection sûre. Et ce, même si les 49 galeries présentes, issues de 15 pays, sont parfois émergentes et inconnues du public parisien. Akaa dispose d’un comité de sélection où se retrouvent le commissaire d’exposition et maître d’orchestre des deux dernières Biennales de Dakar Simon Njami, ainsi que le Nigérian Azu Nwagbogu, fondateur du Lagos Photo Festival.

    « Difficile de vendre à plus de 5 000 euros »

    Le marchand d’art parisien André Magnin, qui a pignon sur rue, a exposé cette année le peintre malien Amadou Sanogo, dont les grands formats étaient proposés à 22 000 euros. L’une des stars d’Akaa cette année, la photographe ivoirienne Joanna Choumali, était quant à elle présentée par Loft Art Gallery, une galerie fondée en 2009 à Casablanca (Maroc) pour porter les talents prometteurs.

    Les photos de Joana Choumali de la lagune d’Abidjan, brodées et recouvertes d’une fine pellicule de mousseline de soie, semblaient baigner dans un brouillard onirique. L’artiste, qui a passé la journée du vernissage à discuter avec des collectionneurs, a vu ses œuvres partir comme des petits pains, à des prix allant de 2 000 à 4 500 euros.

    La galerie londonienne 50 Golborne, qui déniche des talents pour en faire des valeurs sûres, a pris quant à elle le risque de présenter des artistes peu connus en France. La photographe malienne Fatoumata Diabaté a exposé sa série L’homme en objet, avec des images de personnes portant des masques inhabituels, voire improbables, dans la veine afrofuturiste en vogue.

    Sa galeriste a cependant ressenti « moins de vibrations que l’an dernier au début de la foire, notamment le jour du vernissage ». Ses « propositions », qui allaient de 1 600 euros à 20 000 dollars, se sont heurtées à une « acceptation du prix assez basse » cette année. En clair, « il est plus difficile de vendre au-dessus de 5 000 euros, alors que les foires internationales généralistes permettent à des transactions de 10 000 à 15 000 euros de se réaliser sans problème ».

    Une dimension encore postcoloniale du marché

    Evans Mbugua, un artiste kényan installé à Paris qui a vu sa cote monter ces dernières années, grâce à sa peinture pointilliste sur photos – des portraits – partage cette analyse. Aujourd’hui représenté par quatre galeries à travers l’Europe, il a cédé un tableau lors d’Akaa, sur les quatre qu’il avait exposés, allant de 5 000 à 10 000 euros hors taxes.

    Certains artistes font la comparaison avec la foire 1:54, devenue incontournable à Londres, où les ventes fonctionnent mieux. À tel point que certaines galeries vendent tout le premier jour, les collectionneurs affluant parce que la manifestation se passe en même temps que la foire Frieze. D’autres se posent la question du timing de la foire Akaa, qui se déroule en même temps que Paris Photo. « Elle rate peut-être des acheteurs parce qu’elle n’est pas calée en même temps que la Foire internationale d’art contemporain (FIAC), courue par des collectionneurs du monde entier », note un artiste, de manière anonyme.

    De manière générale, une autre tendance qui n’est pas liée à Akaa est remarquée par beaucoup de créateurs. La cote d’Evans Mbugua, par exemple, a monté de manière rapide parce qu’il est soutenu par des collectionneurs importants ainsi que par des évènements qui se déroulent en Afrique et sans lesquels le marché ne serait pas véritablement africain. Seul problème : une dimension postcoloniale persiste.

    « Les galeries courent après des acheteurs qui mettent parfois des mois à payer. Des collectionneurs qui dépensent 15 000 euros pour une œuvre à la Fiac ne veulent pas acheter au même prix des artistes africains, je ne sais pas pour quelle raison. Un collectionneur français a osé me dire que mon travail est trop cher, et qu’il préfère acheter à moindre coût en Afrique, dans les ateliers directement ». Alors que la cote des artistes africains les plus chers reste très inférieure aux célébrités mondiales du marché, « tirer les prix vers le bas n’est pas dans l’intérêt de l’art contemporain africain », conclut Evans Mbugua.

    ► Lire aussi : AKAA: «on met l’Afrique au centre de l’art contemporain», rfi, 9/11/2018

    AKAA (Also Known As Africa), Art & Design Fair, du 9 au 11 novembre 2018 au Carreau du Temple, Paris.

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