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    France

    Les créateurs de mode renoncent à la fourrure

    media Le couturier Jean-Paul Gaultier. REUTERS/Stephane Mahe

    La décision de Jean-Paul Gaultier de renoncer à l’usage de fourrure dans ses créations a été largement saluée par les ONG de défense des animaux. L’annonce de l’éternel « enfant terrible de la mode française » pourrait s’inscrire dans une tendance de fond, puisque depuis quelques mois plusieurs créateurs décident d’abolir les peaux naturelles dans leurs collections. Acte d’engagement ou simple coup de pub, ces prises de position montrent un changement dans la perception du luxe contemporain.

    L’annonce de Gaultier a eu lieu lors de l’émission Bonsoir! Le mag de l'époque, sur Canal +, quand la présentatrice a demandé si le créateur utilisait toujours de cuir et de la fourrure naturelle. « Je vais remédier à cela, a répondu le couturier. La fourrure est plus sensuelle que la fausse fourrure, mais on peut trouver d’autres moyens de se réchauffer, a-t-il expliqué, rappelant la façon dont on tue les animaux, qui est absolument déplorable ».

    Même si depuis 2014 Gaultier ne fait plus du prêt-à-porter et préfère se concentrer sur la haute couture et les rentables lignes de parfum, l’annonce a fait son effet. La fondation Bardot ou encore la SPA (Société protectrice des animaux) ont félicité le créateur, tandis que la Confédération nationale Défense de l'animal a vu dans la déclaration un signal fort, puisque « Jean-Paul Gaultier est connu internationalement ».

    « Cette excellente nouvelle fait suite à des années de pression », a souligné à son tour l’association internationale Peta, connue pour sa lutte contre l’usage de la fourrure dans la mode et ses opérations coup de poing, y compris contre Gaultier. Dans son communiqué, l’ONG rappelle l’interruption d’un des défilés du créateur en 2002 ou encore l’irruption de militants dans sa boutique parisienne en 2006, menée par la fondatrice de Peta, Ingrid Newkirk.

    Loin d’être un cas isolé

    Gaultier n’est pas le premier à avoir renoncé à la fourrure naturelle sur les podiums. De Gucci à Givenchy, en passant para Donna Karan, Armani, Coach, Hugo Boss, Michael Kors, Ralph Lauren, Tom Ford ou encore Burberry, la liste de marques qui ont annoncé ces derniers mois l’abandon de cette pratique ne cesse de grandir. Tous emboitent un peu les pas de la Britannique Stella McCartney, qui a bâti depuis toujours son discours comme créatrice de mode sur le respect des animaux, choisissant seulement les peaux synthétiques, avec une approche végane dans sa création.

    Les marques britanniques, d’ailleurs, semblent être les plus engagées dans cette mouvance. En septembre 2018, le PDG de Burberry, Marco Gobbetti, a annoncé que la griffe au tartan allait abandonner les peaux naturelles – en plus d’abolir la politique de destruction des invendus, une autre pratique « écologiquement incorrecte » dans le monde de la mode. Selon lui, « le luxe moderne veut dire être responsable socialement et vis-à-vis de l'environnement ».

    Dans la foulée de l’annonce de Burberry, avant même le démarrage du marathon des défilés de septembre, le British Fashion Council (BFC), qui organise la semaine de la mode britannique, annonçait « qu’aucune fourrure d'animal ne serait utilisée à la Fashion Week de Londres ».

    L’abandon des peaux naturelles par les marques de créateur s’inscrit dans la tendance d’une mode de plus en plus engagée, en réponse à une attente des consommateurs, qui s’interrogent sur les origines de ce qu’ils portent et la façon dont les vêtements et accessoires sont produits. Cette prise de conscience est souvent motivée par la diffusion d’images liées à la maltraitance animale. Comme récemment en France, quand un reportage intitulé Luxe : les dessous chocs, dans l’émission Cash investigation sur France 2, montrait l’envers du décor de la production de pièces en fourrure dans des usines en Chine. Les scènes ont dissuadé plusieurs âmes sensibles qui hésiteraient encore devant les vitrines.

    Fausse fourrure : écologiquement correct ?

    Pour ceux qui aiment l’aspect doux de ces peaux poilues, les professionnels du secteur cherchent des solutions et plusieurs marques proposent de plus en plus des pièces en fausse fourrure. Le magazine Vogue Paris a même fait un numéro spécial en aout 2017 dans lequel, sur plusieurs pages, y compris la couverture avec Gisele Bündchen, les mannequins exhibaient fièrement leurs manteaux en fausse fourrure. Ce qui était synonyme de kitch il y a quelques années, devient symbole hype.

    Du côté des producteurs des manteaux en matières naturelles, on essaie de se défendre comme on peut. Certains mettent en avant l’importance de cette industrie pour l’économie, comme la Fédération française des métiers de la fourrure, qui souligne que le secteur représenterait 300 millions d’euros par an, ainsi que 2 500 emplois. D’autres disent que l’activité est plus écologique, tandis que sa concurrente « fake » porterait atteinte à l’environnement. L’argument est que la fausse fourrure est généralement composée de fibres polymériques synthétiques, comme l'acrylique, le modacrylique ou le polyester, de variantes du plastique rarement biodégradables.

    Entre éthique et coup de pub

    Néanmoins, mis à part le débat éthique, il faut savoir qu’une bonne partie de la vraie fourrure consommée actuellement est commercialisée par des marques moins connues du grand public. Et celles qui laissent tomber les peaux naturelles ne sont pas forcément les plus représentatives.

    L’américaine Coach, par exemple, avait annoncé l’abandon de la fourrure cette année. Mais cette matière représente seulement 1% des activités commerciales du prêt-à-porter féminin de la griffe et « n’a jamais été une partie importante de l’activité de la marque », comme le rappelait récemment dans la presse son PDG Joshua Schulman.

    Ce qui fait penser que pour certaines marques de créateurs la suppression de la vraie fourrure pourrait être avant tout un outil de communication et que l’impact réel de la mesure serait inversement proportionnel au capital sympathie acquis par ces effets d’annonce.

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