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    «Cyberfatale», la bande dessinée qui vous plonge dans la cyberguerre

    media Les combattants cyber de l’état-major des armées sont décrits avec beaucoup d’autodérision par les scénaristes. Editions Rue de Sèvres

    La cyberguerre est à l’honneur dans l’étonnante bande-dessinée Cyberfatale. Au scénario, un collectif anonyme qui compte notamment un officier en activité, lève un peu du voile qui couvre cette spécialité particulièrement discrète.

    « Le cyber, c’est une zone de guerre, un brouillard épais où amis et ennemis ne se reconnaissent pas. […] Nous sommes des corsaires, des corsaires cyber. » L’amiral Duperré, qui fait cette description des spécialistes de la cyberguerre de l’armée française dans le premier album de Cyberfatale, n’existe pas. Et pourtant, il ressemble comme deux gouttes d’eau à l'ancien vrai patron du cyber militaire, le contre-amiral Arnaud Coustillière. Le personnage de la bande dessinée est en effet le sosie de son modèle grandeur nature.

    Cyberfatale est une fiction qui raconte une série de piratages informatiques visant les plus hautes autorités françaises. Une photographie du président de la République en slip kangourou se retrouve en ligne, tandis qu’un avion de chasse Rafale est cloué au sol suite à un piratage de ses systèmes de bord. Qui se trouve derrière cette opération touchant la France ? Peut-être pas ceux que l’on croit. Tout au long du récit, des militaires, des journalistes et des politiques plus vrais que nature mènent l’enquête pour identifier les véritables agresseurs.

    Derrière la fiction, le réel

    Pour le néophyte, cet album est une belle initiation aux enjeux de la cyberguerre. Pour le lecteur plus averti, on se surprend à essayer de reconnaître, au gré des pages, ce qui est vrai et ce qui l’est un peu moins. Le rédacteur en chef du journaliste, par exemple, est inspiré physiquement de Rémy Ourdan, grand reporter de guerre du journal Le Monde. Le patron de la NSA, le service de renseignement électronique américain, baptisé « Mickael Federer », est inspiré de Michael Rogers, qui a occupé ces fonctions dans la réalité.

    Dans Cyberfatale, les personnages évoquent diverses affaires qui ont vraiment fait l’actualité ces dernières années. A propos du piratage de TV5 Monde, d’abord attribué à des jihadistes, ils accusent APT28, un groupe de hackers considéré comme proche du GU (ex-GRU), le renseignement militaire russe. Une attaque qui aurait également touché des sous-marins et des systèmes d’armes des armées françaises. Quelques pages plus tôt, l’amiral évoque des infiltrations de réseaux sociaux djihadistes. Autour de lui, ses hommes ne sont pas en uniforme : avec leurs jeans et leurs T-shirts, ils ont l’air des geeks les plus anodins.

    Et dans la réalité ? Consulté à distance, par SMS, le militaire qui a participé à l’écriture répond. Les cyber-combattants français ont bien tendance à troquer l’uniforme pour des tenues civiles plus confortables et décontractées. Les piratages des Russes ont bien impacté des bâtiments de la marine nationale. Des faux profils ont bien été utilisés pour infiltrer les réseaux jihadistes afin de neutraliser leurs efforts de propagande et de recrutement. Ce dernier sujet reste sensible : « On y va mollo sur la com’ », esquive rapidement l’officier.

    Mystérieux auteurs

    Le dessinateur de Cyberfatale, Clément Oubrerie, a déjà fait ses preuves avec de jolis succès comme Aya de Yopougon ou encore Pablo. Au scénario, c’est un mystérieux collectif qui a écrit l’histoire sous le pseudonyme malicieux de « Cépanou ». Derrière, trois personnes : un gradé de l’armée française qui est toujours en activité au sein des opérations cyber, une scénariste de bande dessinée et un documentariste qui a travaillé sur ces thématiques de guerre informatique.

    A l’origine du projet se trouve la rencontre entre ces différentes personnalités et la volonté du militaire de raconter un quotidien exceptionnel, couvert par le plus grand secret. L’officier a-t-il demandé une permission pour publier cette bande-dessinée ? « Si on avait demandé l’autorisation, on n’aurait rien pu faire », justifie à RFI l’un de ses comparses. L’écriture à six mains permet d’équilibrer les envies et les craintes des auteurs.

    La couverture du premier opus de Cyberfatale, signé Clément Oubrerie et «Cépanou» Editions Rue de Sèvres

    Finalement, le projet est rapidement ébruité dans les couloirs du ministère des Armées. Chez les opérationnels, on s’amuse de reconnaître des habitudes et des collègues dans ce qui est globalement perçu comme un joli et piquant hommage à une spécialité méconnue. L’audace aurait cependant, selon les auteurs, fait grincer quelques dents au sein du cabinet de la ministre des Armées.

    « Beaucoup de gens en ont ri dans l’institution, résume avec malice le co-auteur que nous avons rencontré. Nous n’avons pas révélé de grands secrets. Si les gens de l’armée et de l’état-major sont un peu intelligents, ils s’en remettront. » En attendant, les trois compères de « Cépanou » et leur dessinateur se laissent déjà aller à rêver d’un second opus à suivre.

    ► Vous pouvez feuilleter un extrait de Cyberfatale sur le site de l’éditeur en cliquant ici.

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