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    [Du côté de chez Mandela] Wally Serote, poète officiel

    media Le poète sud-africain Mongane Wally Serote pose avec le prestigieux prix Golden Wreath qu'il a reçu le 4 septembre 2012 à Pretoria, en Afrique du Sud. Lisa Hnatowicz/Foto24/Gallo Images/Getty Images

    Connaissez-vous Carol Ann Duffy (Grande-Bretagne), Tracy K. Smith (Etats-Unis), Georgette Leblanc (Canada) ou Naomi Perquin (Pays-Bas) ? Toutes sont « poètes laurés » de leur pays. Nommées pour des périodes plus ou moins longues, ces jeunes femmes sont invitées à écrire un poème à l’occasion d’un événement important.

    L’Afrique du Sud démocratique a adopté cette coutume, héritée du Saint Empire germanique. Jusqu’à présent, le gouvernement de Pretoria n’a désigné comme « poet laureate » que des auteurs blanchis sous le harnais, tel le barde zoulou Mazisi Kunene (2006), le doux guérillero Keorapetse Kgositsile (2018), et tout récemment Wally Mongane Serote, né en 1944.

    Le visage buriné de Serote dévoile la vie difficile qui fut la sienne, comme si ses rides profondes cachaient des années de colère. Il a tout connu, depuis sa naissance dans le quartier bientôt rasé de Sophiatown : la ségrégation, l’arrestation, le confinement solitaire. Dans sa jeunesse il est séduit par les thèses de la Conscience noire de Steve Biko. Grâce à une bourse Fulbright, il obtient un diplôme de l’université de Columbia, mais sera contraint à l’exil. Il rejoint l’ANC et travaille dans plusieurs pays différents.

    A son retour au pays, en 1990, l’ANC le nomme responsable pour les questions culturelles. Je me souviens de son entrevue avec une délégation française chargée dès 1992 de nouer des contacts : d’un ton soviétique, Wally avait souligné l’importance des arts dans l’émancipation du peuple, laissant pantois son auditoire.

    Depuis, après un mandat de député, il a beaucoup évolué. Il a disparu deux ans pour devenir sangoma, c’est-à-dire un guérisseur traditionnel. A ses amis blancs, dont Nadine Gordimer, il détaillait la part de psychologie qui entre dans le jet des osselets et les vertus réelles des plantes médicinales.

    Le site officiel garant du « Label Afrique du Sud » présente une liste des 31 livres que tout Sud-Africain devrait lire. Dans cette prestigieuse sélection figure le roman To every birth its blood, écrit en 1981 par Wally Serote (traduit en en français sous le titre Alexandra, mon amour, ma colère, par Christine Delanne-Abdelkrim). A juste titre, car en prenant comme modèle le township d’Alexandra, imbriqué dans Johannesburg, l’auteur décrit l’apathie des victimes de l’apartheid, progressivement secouées par les révoltes et la violence sous toutes ses formes.

    En revanche, ses romans suivants m’ont paru plus touffus, moins ancrés dans le vécu. Gods of Our Time en 1999 fait intervenir de nombreux personnages au temps de l’état d’urgence, se demandant comment quitter le pays pour poursuivre le combat. Scatter the Ashes and Go, en 2002, traite du retour peu idyllique d’anciens guérilleros. Rumours, en 2012, se noie dans de longues considérations politiques. Keke, ancien commandant pendant la guerre de libération, se sépare de son épouse et sombre dans la misère. Alors que les filles de ses connaissances se font exclure de leur école pour un Rainbow Act (fellation en groupe), il se fait tabasser en voulant conserver son bout de trottoir. Une jeune Sahélienne l’emmène dans un Mali à peine esquissé, pour des discussions sur le rôle des ancêtres. De retour à Johannesburg, Keke se réconcilie avec son épouse, ses ancêtres et sa famille. Le roman en appelle à une Renaissance africaine, meilleure que la Renaissance européenne, qui était fondée sur l’esclavage.

    Ces dernières années, Serote a piloté la mise en route du Freedom Park à Pretoria. Ce jardin se veut un parcours historique et philosophique, face au massif Voortrekker Monument, glorifiant la saga des pionniers boers.

    Son emploi de poète lauré, tout compte fait, lui convient bien, car c’est dans ce genre qu’il excelle. André Brink s’en inspira pour titrer son roman (Prix Médicis étranger 1980), et bien d’autres vibrèrent en lisant ce poème que Wally Serote dédia à Don M., assigné à résidence.

     

    C’est une saison blanche et sèche

    les feuilles brunies ne durent pas, leur vie brève se dessèche

    et le cœur brisé, elles plongent doucement vers la terre

    en ne saignant même pas

    C’est une saison blanche et sèche mon frère

    les arbres seuls connaissent la douleur, qui se dressent encore

    secs comme l’acier, leurs branches sèches comme du fil de fer

    c’est vrai que la saison est blanche et sèche

    mais les saisons finissent par passer


    Traduction Katia Wallisky

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