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    Culture

    Littérature: Anna parle «panthère»

    media Une panthère noire (photo d'illustration). CC0/Pixabay

    Il était une fois un léopard noir, nommé Diablo, qui fut amené un jour dans une réserve d’Afrique du Sud. Le responsable des lieux aimait les grands félins. Il savait jouer avec les guépards, câliner les lionnes, caresser les tigres. Mais chaque fois qu’il s’approchait de la cage de Diablo, ce dernier sifflait, feulait de manière agressive, toutes canines dehors. Il voulait tuer l’homme, c’était clair. Après plusieurs mois de tentatives pour l’amadouer, le fermier se résolut à faire appel à une spécialiste de la communication avec les animaux.

    Anna Breytenbach habite au sud du Cap. Suite à une carrière dans les relations humaines, elle a donné libre cours à sa passion pour la vie sauvage. Elle a parcouru l’Australie, les Etats-Unis où elle a fait connaissance avec les loups, puis a intégré un institut spécialisé de communication avec les animaux. De retour en Afrique du Sud, elle a su nouer des contacts avec des groupes de babouins aux alentours du Cap et mieux comprendre leur stress.

    Quand elle arrive au ranch où vit Diablo, elle ne connait rien à son histoire. Elle le regarde longuement, calmement, doucement, sans dire un mot. La panthère noire rentre les crocs. Derrière le grillage, son œil se plisse. L’échange silencieux perdure.

    « Diablo a été maltraité par le passé », explique Anna au propriétaire. « Il a peur qu’on lui impose des choses qu’il ne veut pas ». Non seulement il est très vigoureux, poursuit-elle, mais il est doté d’une personnalité puissante et originale. Ces propos laissent l’assistance pantoise.

    Détendue, Anna reprend son dialogue silencieux, puis se tourne vers son hôte. « Diablo n’aime pas qu’on l’appelle d’un nom négatif », continue-t-elle. « Et puis, il s’inquiète des deux petits léopards qui se trouvaient dans la cage à côté de la sienne, dans son enclos précédent. »

    Elle demande à l’homme s’il veut faire passer un message au félin, mais il est trop ému pour réagir. Anna peut néanmoins répondre au léopard que les deux petits sont en bonne santé et que personne ne lui fera de mal dans la réserve. Désormais son nom sera Spirit, pour souligner son esprit indépendant et sa force de caractère.

    Les images suivantes d’un documentaire diffusé sur youtube montrent le félin se promenant tranquillement dans son espace. Un beau conte de Noël, dont on a fait un livre pour enfants*.

    Née en 1968 au Cap, belle et sereine, Anna Breytenbach ne manque pas de figures charismatiques dans sa famille. Son oncle Jan fut un officier admiré par ses hommes, du temps de la guerre en Angola. On m’a affirmé qu’ils l’auraient suivi jusqu’à Luanda s’il l’avait décidé. Ce prestige inquiéta d’ailleurs l’état-major qui le cantonna à d’autres tâches. A la retraite, le général se consacre aujourd’hui à la préservation des animaux. Un autre de ses oncles, Breyten Breytenbach, est un poète qui sait enflammer les auditoires sur tous les continents. Le père d’Anna est le photographe Cloete Breytenbach, qui a l’œil pour l’insolite.

    Anna mène une existence de communion avec la nature. Elle gagne sa vie en convoyant des animaux d’une réserve à une autre. Un rhinocéros lui confie sa terreur à embarquer dans un camion. Elle lui assure qu’elle l’accompagnera tout au long du chemin, qu’il sera en sécurité. Les éléphants sont traumatisés par l’abattage de leurs proches. Contrairement au reste du monde, l’Afrique du Sud régule en effet sa population éléphantesque.

    Avant toute chose, glisse-t-elle, il convient de fermer les yeux et demander son accord à l’animal pour échanger avec lui. Si tu veux rester avec nous, lui signifie un babouin alpha, fais comme nous, et creuse. Un cheval lui communique son aversion pour certains cavaliers. Un chat sort ses griffes parce que les femmes ne rétractent pas leurs grands ongles. Anna lui explique alors qu’il ne s’agit pas d’un signe d’agressivité.

    Quand on l’interroge sur son don, la communicatrice a recours a une terminologie scientifique, à savoir que tous les êtres sont faits des mêmes atomes et disposent de la même énergie. Sa méthode se déroule en trois étapes : calmer son propre mental, manifester son intention de communiquer avec les animaux et enfin envoyer une pensée ou une émotion. Le transfert s’opère à un niveau quantique, dans un langage de pure énergie, dit-elle.

    Si l’on ne se limite pas à la partie concernant Spirit, le léopard noir, le documentaire nous en apprend beaucoup sur l’art de la traque chez les populations aborigènes d’Afrique ou d’Australie, voire chez les pisteurs d’Amérique. En s’empreignant des empreintes laissées par les animaux, les hommes entrent en communication avec leur esprit, qui laisserait comme une légère trace argentée dans le paysage. Comme les rois mages en Galilée ?


    *Andrew Newman, Anna Breytenbach, How Diablo became Spirit, Spirals, 2017

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