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    Culture

    France: ces œuvres d'art de l'Etat portées disparues

    media Parmi les oeuvres disparues figurent de la vaisselle et des services sortis de la célèbre manufacture de Sèvres (photo d'illustration). FRANCOIS GUILLOT / AFP

    C'est un travail qui devait durer deux ans, et qui s'est révélé titanesque. En France, voilà plus de vingt ans qu'une Commission passe en revue les œuvres d'art mises en dépôt par l'Etat dans les musées et les institutions de la République pour vérifier qu'elles y sont toujours, ce qu'on appelle le « récolement ». Son dernier rapport vient de sortir, la semaine dernière. Bilan : sur près de 500 000 œuvres déposées depuis deux siècles, près de 10% ont disparu.

    Endommagées, perdues ou volées, ce sont près de 60 000 œuvres déposées dans les musées et institutions républicaines qui manquent à l'appel. Elles sont de nature très variée, souligne Jacques Sallois, président de la Commission de récolement des dépôts d'œuvres d'art (CRDOA).

    « Je ne veux pas mettre dans le même sac trois assiettes disparues à l’ambassade d’Oulan-Bator et un tableau du Louvre ou d’Orsay disparu dans un grand musée de région parce que cela n’a pas de sens ».

    Voilà vingt ans que cette Commission passe en revue toutes les œuvres mises en dépôt par l'Etat français : tableaux, sculptures, mobilier national, et vaisselle de la manufacture de Sèvres... Et le travail n'est pas terminé.

    Partout en France et à l'étranger

    « Ce sont des dépôts depuis deux siècles, dispersés sur l’ensemble du territoire dans des milliers de petites communes, des églises ou des hôtels de ville, et dans des centaines de pays à l’étranger, explique Jacques Sallois. Vous vous rendez compte de la difficulté de l’entreprise ».

    Jusqu'ici, c'est le réseau des ambassades qui a la palme des pertes. « On a commencé à déposer des services de Sèvres au début du XIXe. Chateaubriand en a reçu un à son ambassade de Londres. Cela fait quand même un bout de temps. Et les assiettes, ça se casse. Donc ne vous étonnez pas que les taux de disparition y soient très importants. C’est un peu normal, et quelquefois excessif ».

    Mais dans les grandes institutions comme l’Elysée, les assemblées, et les ministères, ce sont aussi pas moins de 12 000 biens portés disparus.

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