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    «The Dizzy Brains», une révolte musicale à «Madagascar, pays punk»

    media Eddy Andrianarisoa, le chanteur charismatique du groupe malgache The Dizzy Brains. Fipadoc 2019

    Les images vibrent au rythme de la musique et de la misère dénoncée. C’est un documentaire tourné dans l’urgence, filmé avec des caméras amateurs, pour ne pas attirer l’attention des autorités malgaches. Car le sujet du film n’est pas seulement l’ascension aussi récente que fulgurante du groupe punk malgache dans le monde entier, mais surtout la rage des Dizzy Brains (et en particulier du chanteur Eddy Andrianarisoa) contre la pauvreté et la corruption dans leur pays. « The Dizzy Brains : Madagascar, pays punk » essaie nous faire comprendre les racines de cette révolte musicale et de la misère sociale qui se cachent derrière les cartes postales de Madagascar. Entretien avec la réalisatrice Stéphanie Joannès et le coauteur du film, Vincent Pion, au Festival international du documentaire (Fipadoc) à Biarritz, qui ferme aujourd’hui, 27 janvier, ses portes.

    RFI : Madagascar, est-ce un pays punk comme vous l’affirmez dans le titre de votre documentaire ?

    Vincent Pion : Madagascar est certainement un pays punk dans le sens où c’est un pays où il n’y a pas d’avenir ou très peu d’avenir – notamment pour les jeunes générations. C’est un des rares pays au monde où le PIB est en chute [le produit intérieur brut est un indicateur économique qui révèle les richesses produites par un pays, ndlr]. C’est le cinquième pays le plus pauvre du monde avec une classe politique totalement corrompue et des régimes qui se succèdent sans avancer le pays. Donc, oui, c’est un pays punk où il n’y a pas d’avenir.

    Tout le monde semble être d’accord pour dire que The Dizzy Brains est un groupe unique. Quelle est pour vous sa particularité ?

    Stéphanie Joannès : Il y a déjà leur énergie scénique. Et puis, leur talent musical, avec un super guitariste, un super batteur… Et on vraiment vu en eux l’incarnation d’un renouveau de la scène rock. On a ce sentiment que le rock occidental est bien confortablement installé dans une société qui – même si elle n’est pas parfaite – est quand même assez confortable. Eux, ils viennent d’un pays où la vie est tellement difficile qu’on trouvait qu’ils ont cette légitimité sur scène. Et le film permettait aussi de faire un focus sur ce qui se passe à Madagascar dont on entend très peu parler à l’extérieur.

    Vous intercalez les chansons, la musique et les images des rues des bidonvilles, de ses habitants, ses artistes et ses pauvres… La musique des Dizzy Brains est-elle liée à ces réalités ?

    Vincent Pion : La musique des Dizzy Brains puise sa rage dans la situation sociale de Madagascar, dans cette pauvreté qu’on voit à tous les coins de la ville, sur tous les trottoirs. Cela nourrit cette rage qui séduit les publics occidentaux aujourd’hui. Les Dizzy Brains tournent beaucoup et avec une rage qu’on ne voit plus beaucoup sur scène. Toute cette misère, c’est ça qui révolte Eddy, le chanteur, qui compose les textes.

    Il est rare de voir de telles images de Madagascar. Comment avez-vous tourné dans les rues avec les Dizzy Brains ?

    Stéphanie Joannès : C’était très compliqué. On n’a pas pu utiliser les circuits normaux pour la production de ce film. C’est-à-dire qu'il n’était même pas la peine qu’on fasse une demande d’autorisation de tournage. On ne l’aurait pas eue, vu le propos du film. On aurait été pisté. Donc, on est partis en « touristes », avec une caméra amateur, d’où des décalages entre certaines images, selon le lieu où elles ont été prises. C’est un peu le comble pour une production de partir avec des caméras amateurs, mais il fallait absolument qu’on filme dans l’urgence, de manière très discrète, rapidement. Donc, c’est un film fait dans l’urgence et un peu punk aussi.

    Ils sont devenus des stars, certains disent aussi des porte-paroles d’une génération contre la misère et la corruption au Madagascar. Pourtant, vous soulignez que sur son île, le groupe est plutôt mal perçu et mal vu. D’où vient ce décalage ?

    Vincent Pion : Le pouvoir en place tient à véhiculer une image qui est une image carte postale. Eddy le dit aussi dans le film : c’est bien beau les baleines, les lémuriens et la nature intacte, mais la réalité du pays est bien évidemment toute autre. C’est un pays qui se vend aux Chinois. Là, il y a eu un accord de pêche absolument hallucinant où le gouvernement malgache a vendu ses zones de pêche à la Chine. Trois cents chalutiers vont débarquer et tout racler, alors qu’il y a des dizaines de milliers, des centaines de milliers de pêcheurs qui habitent sur les côtes et qui ne vont plus rien avoir à manger. Madagascar, ce n’est pas une carte postale. Ce sont des gens qui ont faim.

    À un moment, Eddy déclare : « personnellement, je n’ai plus trop l’espoir pour Madagascar ». Quel est son but aujourd’hui ?

    Stéphanie Joannès : Aujourd’hui, son but, c’est déjà de continuer à faire sa musique. Il le dit également dans le film : il aspire à une vie finalement toute simple. Une vie dans laquelle il pourrait ne plus habiter chez ses parents, être autonome, comme tout jeune dans le monde entier le souhaite. À presque trente ans, ils sont obligés de vivre encore chez leurs parents, à quatre dans le même appartement. Il aspire à des choses finalement très simples.

    Vincent Pion : Ils le disent très bien à la fin : leur pays est punk. Eux, ils ne sont pas punk. Eux, ils veulent un avenir.

    The Dizzy Brains : Madagascar, pays punk, documentaire réalisé par Stéphanie Joannès et Vincent Pion (coauteur), produit par Austral Films Factory, présenté au Festival international du documentaire (Fipadoc), à Biarritz.

    ► Lire aussi : Enfin la reconnaissance pour les arts de Madagascar?, rfi, 18/9/2018

    ► Lire aussi : «Mada Underground», un regard sur l’art et la vie à Madagascar, rfi, 21/2/2017

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