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    Asie-Pacifique

    «Kabullywood», un cerf-volant cinématographique venu d’Afghanistan

    media Naser Hahimi joue son propre rôle de projectionniste et « sauveur » du patrimoine cinématographique afghan dans « Kabullywood » de Louis Meunier. Destiny Films

    Un film est un film. Et parfois, c’est plus, même beaucoup plus, comme « Kabullywood ». C’est l’histoire d’une salle de cinéma qui devient l’emblème d’une résistance par la culture. Un songe afghan devenu réalité ou est-ce l’inverse ? À la fin de ce mi-documentaire romancé ou mi-fiction documentaire, la vie s’est élargie et nos rêves avec. Un premier long métrage courageusement réalisé par Louis Meunier à Kaboul, avec des acteurs dont certains jouent leur propre rôle. Le film sort mercredi 6 février sur les écrans en France.

    Quand le café « Next Generation » explose, les jeunes de Kaboul ont perdu leur seul lieu de rencontres. Mais, les talibans ont bel et bien foutu en l’air le dernier bar, mais pas le dernier espoir de cette génération tournée vers plus de démocratie et de liberté. Car, au même moment, quatre étudiants décident de réaliser un rêve : ouvrir en plein centre de Kaboul une salle de spectacle pour la musique, la danse et le théâtre. Par hasard, ils tombent sur un ancien cinéma tombé en désuétude, un survivant de 40 ans de guerre et d’obscurantisme religieux qui hantent le pays. Ensemble, ils se donnent la promesse de rendre la vie aux images du passé pour inventer un meilleur avenir.

    A la quête du bonheur

    Kabullywood démarre sans fanfares, avec des attentats frappant à la fois le cœur et la culture de cette ville. Apparaît alors cette bande de copains à la quête du bonheur. Bouillonnant d’énergie et d’envie d’aller au bout de leurs rêves, ils cherchent un endroit à l’abri des bombes pour enfin pouvoir s’en donner à cœur joie, avec la musique, le chant, la musique, la peinture, le cinéma de leur époque.

    D’abord, il faut trouver un lieu. Et quand Shab, Sikandar, Mustafa et Qais traversent la capitale afghane dans leur coccinelle orange, on se croyait dans un conte. Même dans des bâtiments déchiquetés par la guerre apparaît alors la beauté de cette ville habillée de montagnes majestueuses autour. Un miracle de la nature laissant facilement deviner la profondeur des croyances et la radicalité des esprits qui peuvent régner ici.

    Réalité et fiction traversées par le cinéma

    Au-delà tout, on ressent une puissance, incarnée par le féminin : la femme, la musique, la ville, la liberté, la montagne autour.... Séduisante, frappée par le malheur, elle se montrera résiliente et surtout résolument attachante, accompagnée d’une bande-son qui fait rocker les traditions envers une nouvelle liberté.

    Le cinéma comme lieu de résistance pour préserver et faire évoluer l’identité d’un peuple, c’est une chanson connue : on l’a vu avec le centre Bophana créé au Cambodge par Rithy Panh, en Birmanie avec l’association Save Myanmar Film ou l’ouverture d’une salle de cinéma à Bangui, en Centrafrique.

    Dans Kabullywood, réalité et fiction fusionnent à merveille, car cette salle de cinéma incroyable, sauvée de l’oubli, existe vraiment et l’équipe du film s’est battue dans le film et dans la réalité pour sa réouverture. Aryub peut même s’enorgueillir d’avoir été autrefois le plus grand et le plus luxueux cinéma d’Afghanistan, jusqu’à l’occupation russe, la guerre civile, la prise du pouvoir des talibans et tous les ravages qui vont avec. Quant au projectionniste Naser, il a tout simplement rejoué sa vie : pendant des années, il avait caché les projecteurs et enterré les bobines pour préserver l’histoire cinématographique d’Afghanistan de la fureur des talibans.

    La magie opère

    D’où la justesse du sous-titre du film : « une ode à la liberté et au cinéma ». En effet, Kabullywood fait ressurgir la richesse culturelle d’un Afghanistan où la guitare électrique prolonge la musique traditionnelle, où la peinture fusionne avec la poésie et la calligraphie et où les bobines des années 1970 montrent un cinéma afghan populaire et une population libre. La magie opère, tiraillée entre l’ivresse de la création des uns et l’idéologie mortifère des autres.

    Le film s’accorde des scènes exubérantes pour portraiturer la femme libre persécutée par son frère taliban, mais il ne finira pas comme un conte de fées. À la place, il y aura un rappel de la réalité par le réalisateur Louis Meunier, arrivé en Afghanistan pour la première fois en 2002, avec l’espoir de reconstruire le pays après la chute du régime des talibans. Après avoir tourné le film, il reste toujours une lueur d’espoir, mais surtout beaucoup de désillusions : « nous avons été menacés par des hommes en armes, notre maison a été criblée de balles, nous avons failli mourir dans un incendie et une partie de l’équipe a été blessée dans un attentat. »

    Est-ce que les portes du cinéma s’ouvriront un jour ? La réponse est dans ce film projeté à la l’écran comme on fait voler des cerfs-volants de toutes les couleurs dans ce pays nommé Afghanistan.

    Affiche (détail) du film « Kabullywood », réalisé par Louis Meunier. Destiny Films

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