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    Culture

    Sites vraiment très bizarres

    media La première de couverture de «L'Atlas des lieux improbables» de Travis Elborough et Alan Horsfield. Editions de La Martinière

    Quand il tombe sur un livre détaillant les mille lieux qu’il faut avoir vus dans sa vie, le voyageur, même compulsif, est pris de découragement  :  il n’aura pas le temps de voir toutes les merveilles du monde, qu’elles soient naturelles ou l’œuvre des hommes. En outre, le choix faussement objectif des éditeurs laisse souvent perplexe.

    Rien de tel avec l’Atlas des lieux improbables* : on sait que plusieurs des 52 sites répertoriés par l’écrivain anglais Travis Elborough sont inaccessibles, ou peu spectaculaires, méritant à peine une photo. Ce qui fait leur charme, c’est que leur histoire est hors du commun.

    Aidé par le cartographe Alan Horsfield qui les situe très exactement sur le globe, l’auteur s’est lancé dans 52 récits qu’il a réussi à illustrer de 52 photos en noir et blanc.

    Pourquoi ce chiffre ? Une méditation par semaine, sans doute.

    Constatons d’abord un élément surprenant de la part de nos amis anglais, ils n’ont choisi qu’un seul lieu insolite en Afrique. Leur attention s’est limitée au monument de la Renaissance africaine à Dakar. Cette pensée politique, développée par Thabo Mbeki quand il était président de l’Afrique du Sud (1999-2008), a été concrétisée par Abdoulaye Wade lorsqu’il pilotait la destinée du Sénégal (2000-1012).

    Elle représente une famille en plein élan. Comme elle mesure 49 mètres de haut et qu’elle est posée sur une des deux collines volcaniques (les Mamelles) de la presqu’île dakaroise, c’est un ensemble qui culmine à 150 m au-dessus de la mer. Il a été inauguré en 2010 pour les 60 ans de l’indépendance du Sénégal.

    On sent une pointe d’ironie dans le commentaire  : un sculpteur roumain, un architecte sénégalais, 50 ouvriers nord-coréens. N’ayant pas les moyens de régler la facture à Pyongyang, le chef de l’Etat sénégalais a payé en nature  : un don de terres, qui furent revendues avec un large bénéfice par le régime de la dynastie des Kim.

    La petite robe de la mère de famille aurait été critiquée au Sénégal, pays largement musulman. Mais est-ce vraiment un lieu improbable  ? Il s’agit d’une affirmation classique de la puissance d’un Etat, d’une marche vers le progrès.C’est autrement plus dynamique et moins nombriliste que la décoration d’Achgabat, la capitale du Turkménistan. Dans les années 2000, le portrait du président Saparmurat Nyazov figurait sur tous les bâtiments officiels, sans parler de sa statue aux grands carrefours. Il avait rebaptisé les mois de l’année selon les membres de sa famille. Son successeur, Gourbangouly Berdymoukhamedov, a supprimé cette trace de mégalomanie, mais à son tour a fait édifier sa propre statue dorée.

    Mais puisque nous y sommes, le Turkménistan abrite un lieu singulier, dont il ne faut pas s’approcher. Lecratère de Darvaza, en plein désert du Karakoum, a pour surnom « la porte de l’enfer ». En 1971, craignant que le gaz au fond de ce gouffre n’explose et endommage les alentours, des ingénieurs soviétiques y ont mis le feu. Ils espéraient que la poche se viderait en quelques semaines. Près de cinquante ans plus tard, la fosse de 70 mètres de diamètre continue de flamber, offrant des images impressionnantes.

    Dans la catégorie des « mondes flottants », l’auteur cite plusieurs îles. Deux d’entre elles sont radicalement différentes  : Palm Jumeirah en face de Dubaï et Holland Island dans la baie de Chesapeake aux Etats-Unis. La première, totalement artificielle, est destinée aux grandes fortunes de ce monde. La seconde, lentement recouverte par la mer, a perdu son dernier habitant en 2003. Palm Jumeirah doit son nom à son dessin, une belle branche de palmier. Holland Island doit le sien à l’un de ses premiers occupants, arrivé au XVII°siècle. Cet îlot a compté 360 âmes du temps de sa prospérité. Quelques acharnés ont cherché à le protéger des flots. En vain, l’ouragan Isabel a emporté la dernière maison.

    C’est une autre catastrophe naturelle qui a détruit le village de San Juan Parangaricutiro au centre du Mexique : la naissance d’un volcan non loin de là. Heureusement pour la survie des habitants, la lave a pris son temps avant d’atteindre l’agglomération. Elle n’a rien épargné, sauf l’église. Son clocher domine toujours le paysage noir et dévasté. Nul ne sera surpris qu’elle soit devenue un lieu de pèlerinage.

    Après tant de lieux saccagés, inhospitaliers, hantés, aberrants, maudits, l’atlas se ferme sur une jolie note : la rivière souterraine de Puerto Princesa, sur l’île de Palawan, aux Philippines. Les coloris magiques du cours d’eau, long de huit kilomètres, font souvent figurer le site parmi les sept merveilles du monde actuel. Il est englobé dans une réserve naturelle, havre pour les varans et huit espèces de chauve-souris.

    Je n’irai jamais sur l’île de Wrangel, au nord de la Sibérie, qui hébergea des mammouths laineux jusqu’en 1650 avant notre ère. Il y a peu de chance que je me rende un jour dans la forêt des démons à Aokigahara au Japon, encore moins aux usines de salpêtre Humberstone, en déliquescence dans le désert du Tarapaca, annexé jadis par le Chili.

    Dans cette liste de lieux improbables, je me contenterai de trois sites et demis : le Flevopolder aux Pays-Bas, toute une zone conquise sur l’eau. le village d’Oradour-sur-Glane en France, conservé en l’état après le massacre de ses habitants par les Nazis en 1944 et Auroville en Inde, centre de méditation non loin de Pondichéry. Je me suis rendu à Xochimilco, au sud de Mexico. Avec de nombreux visiteurs, j’ai admiré le réseau de canaux dans une barque chamarrée, mais personne n’a mentionné l’île aux milliers de poupées en décomposition qui pendent aux arbres et que l’auteur de l’atlas trouve terrifiante.


    Travis Elborough  & Alan Horsfield, Atlas des lieux improbables, La Martinière, 2017

     

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