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    Culture

    [Lettres du monde] Quand je déprime, J’écris un poême

    media La première de couverture de «Kaddish pour l'enfant à naître» aux Editions Bruno Doucey. Editions Bruno Doucey

    Cette phrase, je la dois à Vénus Khoury-Ghata, un jour froid de décembre où elle réunissait de nombreux poètes à sa table. Quelle belle façon de faire face aux écueils de la vie ! Comme elle a beaucoup écrit, on devine qu’elle a souvent souffert.

    Née au Liban, dans le même village que Khalil Gibran, habitant Paris depuis des lustres, elle porte au cœur autant l’arabe que le français. Esprit généreux, elle a traduit de grands poètes français en arabe, et l’immense Adonis en français. Sa façon d’aborder la traduction poétique est d’ailleurs très piquante. Partant du principe que le mot à mot est impossible, elle n’hésite pas à changer l’ordre des vers, à permuter les mots à l’intérieur des strophes, avec un impératif : que cela sonne beau. Vénus Koury-Ghata affiche dans ce domaine l’assurance que confère un art bien maitrisé.

    Son rapport complexe avec les deux langues, elle l’a glissé dans son roman La femme qui ne savait pas garder les hommes :« Tu as découragé toute tentative de traduire tes livres dans ta langue maternelle, débordante de sentiments. Austère, sobre, la langue française est ton garde-fou contre les dérapages… »

    Dans le même livre, elle exprime son bonheur à parler littérature, plus fort que tout autre sentiment. « Aucun homme ne pourra remplacer ceux qui discutent de livres autour de ta table ». Avec dès lors, un réveil un peu amer quand s’évanouissent les proches :  Faut-il que les morts soient habillés de terre pour que tu te rendes compte de leur existence  ? »

    Après chaque disparition, pour se consoler, la narratrice prend un chat. Ce dernier se fend de miaulements sarcastiques. Dans la vraie vie, l’auteure a en effet renoncé à des festivals à l’autre bout du monde, pour ne pas abandonner trop longtemps son capricieux félin.

    Non seulement la liste des publications de Vénus Khoury-Ghata est impressionnante, mais si elle tressait ses prix littéraires - dont le grand prix de la poésie de l’Académie française en 2009 – ils formeraient une longue traîne derrière ses pas.

    Signalons en 2017 un recueil émouvant*, écrit en compagnie d’une jeune amie, Catherine Boidé qui attendait un enfant pendant les attentats de 2015 à Paris.

    En alternance, les voix sensibles et sensuelles de ces deux femmes touchent à la transmission de la vie, aux liens mystérieux qui unissent les êtres. Leurs paroles sont des caresses pour le partenaire et pour l’enfant à venir. Plus que jamais la poésie est une tentative désespérée pour exprimer l’indicible.

    On aimerait citer une brassée de ces vers qui parlent de palpitations ( Humecte la ligne de partage entre aine et plaine ) de cris ( Je romps en toi les digues du silence ), de liens forts ( Je te tendais mon corps un pont pour l’autre rive ). Je me contenterai d’une strophe aérienne.

    Il la secoue pour faire tomber les mots qu’elle a volés

    L’oblige à rompre ses fiançailles avec l’érable

    L’attache à la même laisse avec une chèvre

    Et un trèfle à quatre feuilles

    Lui donne en compensation la clé des champs


    Vénus KHOURY-GHATA, Caroline BOIDÉ, Kaddish pour l’enfant à naître, Bruno Doucey, 2017

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