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    Tous trois sont récompensés pour leurs travaux sur «l’allègement de la pauvreté globale», informe le comité Nobel ce lundi. «En deux décennies, leur approche basée sur les expérimentations ont transformé l’économie du développement, qui est maintenant un champs de recherche florissant», explique l’Académie royale des sciences suédoise.

    France

    «Grâce à Dieu» de François Ozon sur la pédophilie d’un prêtre en salles mercredi

    media Scène du film « Grâce à Dieu », de François Ozon. Mars Distribution

    Après avoir remporté le Grand prix du jury à la Berlinale, obtenu lundi le feu vert du tribunal de grande instance de Paris contre l’ancien prêtre Bernard Preynat, François Ozon a gagné ce mardi 19 février aussi contre l’assignation d’une ex-membre du diocèse de Lyon qui estimait que le film porte atteinte à sa présomption d’innocence et sa vie privée. « Grâce à Dieu » sort donc mercredi 20 février dans les salles obscures.

    Le film a fait ces derniers jours les gros titres des journaux à la rubrique judiciaire. Deux actions ont été intentées contre Grâce à Dieu : tout d'abord les avocats du père Preynat, accusé de pédophilie par quelque 85 anciens scouts de la région lyonnaise, avaient demandé le report de la sortie du film, mettant en avant la présomption d'innocence. Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a refusé, hier, de reporter la sortie du film.

    Mais par ailleurs, un autre personnage secondaire, Régine Maire, également citée nommément dans le film, une ancienne bénévole du diocèse de Lyon et accusée de ne pas avoir dénoncé à la justice les agressions de l’ex-prêtre, avait également assigné François Ozon en justice pour demander à ce que son nom soit effacé. Si le tribunal de Lyon lui avait donné ce mardi gain de cause, cela aurait retardé la sortie de l’œuvre puisqu’il aurait fallu rappeler les quelque 300 copies déjà envoyées aux salles de cinéma et changer la bande-son.

    Et puis on attend le 7 mars le jugement dans le procès intenté au cardinal de Lyon, Philippe Barbarin, et à cinq co-accusés pour non-dénonciation de crimes sexuels pédophiles.

    Le père Preynat et les scouts

    Avec Grâce à Dieu, François Ozon s'empare d'un scandale de pédophilie qui a ébranlé l'Église catholique de Lyon, avec la révélation de ces dizaines d'enfants agressés par un prêtre. Le cinéaste français raconte le parcours de trois quadragénaires agressés sexuellement dans leur enfance chez les scouts par le père Preynat et qui vont, à partir de 2015, se retrouver au sein de l'association La parole libérée.

    Alexandre, alias Melvil Poupaud, est le premier à se manifester, tentant d'obtenir du cardinal Barbarin une sanction contre le prêtre incriminé. Puis deux autres personnages apparaissent : Vincent (Denis Ménochet) qui va créer l'association La parole libérée et médiatiser l'affaire et Emmanuel, campé par Swann Arlaud, un homme brisé.

    Après avoir songé à réaliser un documentaire, François Ozon a finalement opté pour une fiction chorale. « Eux, ils voient cela comme une continuité de leur travail. Alexandre a essayé de mener son combat au sein de l’institution catholique. François s’était plus confronté aux médias et il a essayé de médiatiser un maximum cette affaire. Emmanuel s’est engagé plus dans l’aspect judiciaire. Et là, ils m’ont dit : là, c’est comme si c’était le quatrième passage de relais, et toi, tu entres dans la fiction, dans une œuvre cinématographique. Du coup, on espère que notre combat va avoir une autre dimension. » 

    La libération de la parole des victimes

    Clairement du côté des victimes, Grâce à Dieu montre l'impact de la libération de la parole de ces hommes dans leurs familles. « Le personnage d’Alexandre, il est capable de parler que quand il a 40 ans, quand il a une famille, des enfants, explique François Ozon. Souvent, les gens sont capables de parler quand ils voient leur enfant atteindre l’âge auquel ils étaient abusés. C’est très compliqué de parler, parce que, forcément, cela libère, mais il y a aussi beaucoup de répercussions négatives. Il y a des effets boomerang compliqués. C’est ce que je montre dans le film, dans les familles, les parents, la culpabilité, les enfants… Pour les enfants aussi, c’est très lourd à porter. Ce sont toutes ces choses complexes que j’avais envie de traiter dans ce film. »

    Grâce à Dieu reste un film sur ces victimes, mais évoque aussi la responsabilité de l'institution catholique. Le titre même vient d'un lapsus du cardinal Barbarin pendant une conférence de presse. Le prélat avait semblé se féliciter que les actes pédophiles du prêtre de son diocèse étaient prescrits, pénalement. Le film de François Ozon remet en question certains dogmes de l'Église catholique et la loi du silence qui continue d'y régner.

    « Un film citoyen » pour que les choses changent

    « Très vite, je me suis rendu compte que nous ne faisions pas un film politique, parce que, si c’était un film politique, on apporterait des solutions, souligne le cinéaste. On fait un film citoyen dans lequel on pose beaucoup de questions. D’ailleurs, le film se termine par une question. Pour moi, c’est un film qui ouvre le débat. Et j’espère que l’Église va s’en emparer. Déjà, on va commencer à montrer le film en France et beaucoup d’évêques ont vu le film et on a eu des retours très positifs. On sent qu’au sein de la communauté catholique en France, les choses sont en train de changer. Il y a une prise de conscience très importante du fléau de la pédophilie et surtout de l’omerta qu’il y a eu pendant toutes ces années. »

    En effet, les choses semblent changer. Dans quelques jours s'ouvrira au Vatican un sommet de crise sur les agressions sexuelles sur mineurs. Et puis en France, une commission d'enquête indépendante est chargée de faire la lumière sur les actes pédophiles commis ces cinquante dernières années dans l’Église. Grâce à Dieu est donc un film totalement en prise avec son époque. Le virtuose et prolifique François Ozon adopte un style sage, à l'opposé de certaines de ses œuvres subversives, pour épouser le combat de ses personnages. Un film qui a fait impression au Festival international du film de Berlin où il vient de décrocher le Grand prix du jury.

    François Ozon, réalisateur de « Grace à Dieu », avec les acteurs du film : Swann Arlaud, Denis Ménochet, Melvil Poupaud, lors de la 69e Berlinale. REUTERS/Hannibal Hanschke
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