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    «Les Nabis» ou l’art d’embellir la vie

    media Vue de l’exposition « Les Nabis et le décor » au musée du Luxembourg. Ici, le premier décor connu des nabis, les quatre panneaux du paravent « Femmes au jardin » (1891) de Pierre Bonnard. Siegfried Forster / RFI

    « Embellir la vie », c’était le message principal des nabis. Ce mouvement né à la fin des années 1880, en contre-courant du naturalisme des impressionnistes, a décloisonné l’art. Les pionniers de cet art décoratif s’appelaient Maurice Denis, Paul Sérusier, Pierre Bonnard ou Édouard Vuillard. Des vingtenaires ambitionnant d’abattre les frontières entre les beaux-arts et l’artisanat pour enrichir la vie quotidienne avec des formes simplifiées et colorées sur des supports multiples : éventails, paravents, toiles, tapisseries, vitraux, céramiques, boîte à cigares... Parmi les chefs-d’œuvre exposés dans « Les Nabis et le décor » qui vient d'ouvrir au musée du Luxembourg à Paris, il y a des ensembles reconstitués à partir de collections françaises, japonaises et américaines, et qu’on ne pourra donc probablement plus jamais retrouver réunis. Entretien avec Isabelle Cahn, la commissaire de l’exposition.

    RFI : Quel est l’intérêt de se pencher aujourd’hui sur l’histoire des nabis ?

    Isabelle Cahn : Il s’agit d’une première exposition organisée sur le sujet des nabis et du décor. C’est une façon d’aborder les grands principes de la peinture des nabis qui voulaient d’emblée se distinguer de la peinture de chevalet et faire des peintures décoratives.

    « Nabis » signifie « prophètes » en hébreu et en arabe. Pourquoi sont-ils aujourd’hui considérés comme des pionniers ?

    Les nabis étaient révolutionnaires, parce que ce désir de créer un décor moderne pour des intérieurs modernes leur revenait entièrement. Ils ont essayé de se distinguer des créations des artistes des générations précédentes tout en réinterprétant des modèles, par exemple, les tapisseries du Moyen-Âge ou l’Art nouveau japonais pour créer des scènes contemporaines très joyeuses, liées à leur propre vie, à leur propre environnement. On reconnaît souvent leurs sœurs ou leurs compagnes dans leurs tableaux. Ce côté révolutionnaire, c’était l’idée que l’époque contemporaine était au moins aussi intéressante, voire plus, que les époques ou les styles historicisant qui dominaient alors dans les décors de l’époque.

    Le décor est au centre de cette exposition. S’agit-il de placer une boîte à cigares au même niveau qu’une peinture à l’huile ?

    L’idée était de vivre dans le quotidien, avec des œuvres ou des objets à la fois utilitaires, mais beaux. C’est l’idée de mettre l’art dans tout et de créer aussi un art accessible à tous sous forme d’objets utilitaires, mais revus et redessinés par des artistes. Donc, il y a chez les nabis non seulement le désir d’embellir la vie, mais aussi de décloisonner la production, de s’associer avec des artisans, pour créer un nouvel environnement.

    Cette envie de décloisonner, qu’est-ce que cela a déclenché dans l’art et au-delà dans la société ?

    Finalement, c’était une expérience assez réduite qui n’a pas du tout eu de succès dans son aboutissement. On peut même parler d’une forme de création qui restait très élitiste, parce que les commanditaires appartenaient au même monde que les nabis. Et leurs grands projets d’être édités et diffusés sont restés à l’état de prototype. C’était une expérimentation très réduite, mais, malgré tout, pleine de dynamisme et de vie, et à laquelle se sont ressourcés les artistes qui ont suivis. En tout cas, les nabis ont participé à ce grand mouvement de renouveau des arts décoratifs à la fin du XIXe siècle.

    Dans les œuvres le motif de femme est omniprésent. Quel était le rôle des femmes chez les nabis ?

    La figure de la femme est associée souvent à la végétation ou au thème du jardin, à cet espace clos où l’on va faire figurer les éléments les plus précieux, donc la femme fait partie des éléments très précieux. Elle est également partie prenante dans le décoratif, parce que très souvent, ce sont les femmes qui s’occupent de l’intérieur. Chez les nabis aussi, il y a eu des participations, parce qu’elles ont été associées à la réalisation de cadres peints, de tapisseries. Elles ont été aussi des compagnes pour ce grand mouvement du décoratif.

    La seule œuvre qu’on retrouve dans l’exposition réalisée par une femme est un paravent réalisé par Marguerite Sérusier. Les femmes restaient-elles cantonnées à un rôle plutôt passif au sein du mouvement des nabis ?

    Oui, le rôle de la femme n’était absolument pas comparable à celui d’aujourd’hui. Mais, ces femmes artistes se sont parfois affirmées elles-mêmes comme des artistes, comme Marguerite Sérusier qui avait 15 ans de moins que son mari. Elle était donc aussi dans une dynamique différente et a été elle-même une brodeuse et une tapissière accomplie. Elle a créé de grands décors et dirigé de grands ateliers comme l’Atelier Martine, très réputé pour la création d’arts décoratifs. Ces femmes sont également des sujets d’inspirations, des muses, des femmes idéalisées.

    « La Cueillette des pommes » (vers 1895), cycle décoratif de Pierre Bonnard, exposé dans « Les Nabis et le décor ». Siegfried Forster / RFI

    Le cycle décoratif réalisé par Bonnard, La Cueillette des pommes, nous plonge complètement dans le vert. Les nabis, quelle fonction donnaient-ils à la couleur ?

    Il s’agit d’être totalement immergé dans la couleur verte, la couleur de l’herbe et des arbres de son verger de la maison familiale et de nous faire presque sentir, respirer le parfum de l’herbe par des procédés de peintre qui sont tout à fait extraordinaires. Ils sont d’abord un point de vue sur le sol, sur les enfants en train de ramasser des pommes et qui nous ramènent nous-mêmes presque au même niveau que les enfants. Avec la petite taille des enfants, on a cette impression d’être complètement immergé, submergé par ces éléments un peu fantastiques, de rêveries extraordinaires.

    L’exposition évoque l’impressionnisme, le japonisme, l’Art nouveau… Quelle place tiennent les nabis dans tout cela ?

    Le mouvement nabi se situe à la fin de l’impressionnisme, à une période suspendue dans ces grands mouvements de renouveau des arts décoratifs de la fin du XIXe siècle, mais justement aussi à l’arrivée des avant-gardes. Donc, les nabis constituent aussi un mouvement d’avant-garde, mais qui n’aura pas de prolongement au XXe siècle où chacun des artistes qui ont composé le groupe va continuer à créer dans une direction particulière. Ce mouvement a une existence extrêmement courte. Il s’est trouvé là à un moment très important de la création, où l’art va basculer davantage vers l’abstraction, vers le symbolisme, et se détacher du naturalisme des impressionnistes.

    Quelle est la chose la plus essentielle à apprendre chez les nabis ?

    Le plus frappant dans le projet décoratif des nabis est leur désir d’embellir la vie et de nous transmettre une vision embellie de la vie. Ce message est toujours contemporain. Il nous frappe, il nous émeut. Ce n’est pas simplement un nouveau style, mais il s’agit de faire passer cette joie de vivre, cette beauté au quotidien. Ces décors étaient faits pour vivre dans l’environnement quotidien. Je pense que cette image et ces valeurs sont extrêmement fortes et nous touchent aussi aujourd’hui.

    Les Nabis et le décor – Bonnard, Vuillard, Maurice Denis…, du 13 mars jusqu’au 30 juin 2019, au musée du Luxembourg, à Paris

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