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    Moyen-Orient

    Norouz 2019, avec le peintre iranien Abbas Moayeri

    L’artiste peintre iranien Abbas Moayeri et sa table de «haft sin» pour Norouz dans son atelier parisien. Siegfried Forster / RFI

    Ce mercredi 20 mars et jeudi 21 mars, plus de 300 millions de personnes dans le monde fêteront l’arrivée du printemps dans la tradition de Norouz. Le Nouvel An persan est célébré dans le monde entier, du Moyen-Orient à l’Asie centrale, et partout où il y a des descendants de l’ancien empire persan. À Paris, l’Iranien Abbas Moayeri, artiste peintre, miniaturiste et sculpteur persan, installé en France depuis la fin des années 1970, a déjà préparé sa table « haft sin » pour être prêt pour le Nouvel An.

    Abbas Moayeri attend avec impatience la nouvelle année persane. Dans la capitale française, elle commencera exactement ce mercredi 20 mars à 22h58, l’heure de l’équinoxe vernal. « Je serai à la maison et me mettrai devant le haft sin. Puis, ma femme et moi, nous allons allumer les bougies et nous nous souhaitons tous les bonheurs et meilleurs vœux pour l’année prochaine. »

    À peine sortis de la bouche de la station de métro Crimée, nous voilà dans l’atelier lumineux d’un des plus grands artistes de la miniature persane, en plein Paris. Il nous accueille en blouse blanche de peintre, tachée des dernières couleurs pastels couchées sur ses tableaux féériques intitulés Mélancolie enchantée ou Au pays des merveilles, des messagers d’harmonie et de paix.

    « No » et « rouz »

    « Norouz est composé de deux mots, nous explique ce fervent adepte de la culture persane : "no" et "rouz". No veut dire "nouveau" et rouz signifie "jour". C’est le jour où il y a la renaissance de la nature. Selon les mythes iraniens et zoroastriens, c’est le jour où Dieu a créé l’univers et le premier homme, Kiumars. »

    Jusqu’à aujourd’hui, c’est la plus grande fête en Iran et traditionnellement, les Iraniens se préparent plusieurs jours avant Norouz. Ils nettoient la maison, préparent des plats parfumés, croyant « que les âmes de leurs ancêtres descendent sur terre pour voir la situation de leurs enfants. Et s’ils les trouvaient contents, ils retournaient vers les cieux… »

    Dans l’atelier d’Abbas Moayeri, au milieu des châssis et toiles, trône la table de haft sin avec les sept éléments. « Mais, bien avant de mettre le haft sin, il y a encore une autre cérémonie, la fête du feu. Les gens descendent dans la rue et sautent au-dessus du feu en disant : « je te donne ma jaunisse et ma fatigue, et je prends de toi ta force ».

    La table de « haft sin »

    Une fois que le soleil entre dans le signe du bélier, cela sera l’équinoxe, le Nouvel An persan commence. Avec les sept éléments porte-bonheurs sur la table de haft sin : « par exemple, il y a l’ail, signe de la santé ; une crème faite du sucre et du blé, symbole de l’abondance ; le senjed, fruit séché du jujubier comme symbole de l’amour ; la pomme, le sib, représente la jeunesse ; le vinaigre, le serkeh, symbolise la patience et l’âge ; et puis, il y a le jacinthe, le sonbol, symbole du printemps. Et on met aussi une pièce de monnaie, pour augmenter la fortune. Maintenant, les musulmans mettent aussi le Coran sur le haft sin, et les non-musulmans ou les non-religieux mettent, par exemple, un poème de Hafez, l’un des plus grands poètes persans. »

    Né en 1939, à Racht, en Iran, Abbas Moayeri était à la fin des années 1960 professeur à l’École des Beaux-Arts de Téhéran, avant de s’installer en France. « Téhéran ne me suffisait pas. Mon premier voyage à Paris m’avait ouvert les yeux. J’avais besoin de me retrouver dans un monde où il y avait un peu de tout. Et pour moi, Paris est un grand centre de culture et de l’art. J’ai appris bien plus sur l’art de la miniature persane en France qu’en Iran. Pour cela j’ai renoncé à mon métier de professeur aux beaux-arts de Téhéran et j’ai commencé ma vie parisienne. »

    La table de « haft sin » dans l’atelier parisien de l’artiste peintre iranien Abbas Moayeri. Siegfried Forster / RFI

    Fêter Norouz à Paris

    Cependant, malgré la vie artistique parisienne bouillonnante, où lui est arrivé aussi de jouer dans des films ou de faire du théâtre avec Peter Brook, il n’a jamais renoncé à fêter Norouz. « Au début, à Paris, pendant un an, je suis resté à la Cité internationale des arts. Je me souviens, c’était le dernier mardi de l’année, je me suis demandé : que faut-il faire ? Je ne peux pas faire du feu ici. Si je sors dans la rue, ils vont me prendre pour un fou. Alors, j’ai acheté un petit pot en céramique, j’y ai mis de l’alcool et des petits morceaux de papier et je les ai allumés… J’ai appelé ma voisine : venez, venez chez moi, on va sauter au-dessus du feu ! Naturellement elle paniquait : "tu vas incendier la Cité des arts !" La première année à Paris, j’ai donc fêté Norouz ainsi. En Iran, on faisait du feu dans le jardin, notre maison était assez grande, mais ici, dans le petit studio de la Cité internationale des arts, je ne pouvais pas faire plus que ça. Et encore aujourd’hui, je le fais ainsi dans mon appartement parisien. »

    A très bientôt 80 ans, Abbas Moayeri reste très attaché à la culture de la Perse ancienne qui lui rappelle l’histoire de son pays d’origine, « parce que Norouz existe depuis la création de l’Iran qui est un des berceaux de la civilisation mondiale ». Et il reste très lié à une certaine idée de propager la paix dans le monde, un esprit qui semble plaire à ses collectionneurs, « beaucoup aux États-Unis, mais aussi en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, même en Suède ».

    « Coexistence pacifique »

    Il confie de croire à un rôle des artistes d’apporter la paix dans le monde. « Je suis quelqu’un de très pacifiste. » « L’apaisement » semble être l’un des mots clés de son art issu d’expériences multiples : il y a la formation académique aux Beaux-Arts et aux Arts décoratifs de Téhéran, le tourbillon de la scène artistique parisienne, mais aussi le souvenir de ses balades avec son carnet de dessin dans les ruines de la cité mythique Persépolis, pour s’inspirer après dans son art des bas-reliefs et de la pureté des formes découverts.

    Aujourd’hui, Abbas Moayeri est reconnu comme l’un des maîtres de l’art de la miniature persane, avec sa quête du paradis et ses personnages flottants n’ayant pas les pieds sur terre. « Il faut garder l’originalité de cet art, parce que c’est un grand art », stipule-t-il en montrant avec autant de discrétion que son bouc-barbe une de ses miniatures, réalisée avec de l’or et de l’aquarelle noire sur un papier un peu parcheminé et dont le titre nous ramène à l’esprit de Norouz : Coexistence pacifique. « Chacune des personnes que vous voyez dans cette miniature fait ce qu’elle veut faire, sans embêter l’autre [rires]. Le derviche fait sa prière, l’amoureux fait l’amour, le poète lit son poème, et les animaux aussi vivent en paix… »

    « Coexistence » (détail), miniature persane d’Abbas Moayeri. Siegfried Forster / RFI

    Cliquez ici pour savoir à quelle heure le Nouvel An persan commence dans votre ville.
    Du 19 au 27 mars, Abbas Moayeri expose des œuvres dans le cadre des Amis du Salon d’automne à Paris, à la Galerie Etienne de Causans, Paris.

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