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    France: ouverture du Festival international de films de femmes

    media «Back Home», de Magdalena Lazarkiewicz. Festival de Films de Femmes 2019

    Le Festival international de films de femmes ouvre ce vendredi 22 mars ses portes à la Maison des arts de Créteil, en région parisienne. 40 ans après sa création en 1969, il propose une programmation de 150 films, axée sur le métissage, avec la réalisatrice martiniquaise Euzhan Palcy comme invitée d’honneur. Entretien sur cette 41e édition avec Jackie Buet, cofondatrice et directrice du festival.

    RFI : Cette année, la compétition du Festival international de films des femmes réunit des films de beaucoup de continents : France, Hongrie, Pologne, Israël, Mexique, Vietnam… Où se trouvent actuellement les terres les plus fertiles pour les films de femmes ?

    Jackie Buet : En Pologne, il y a une grande tradition de réalisatrices de talent comme Agnieszka Holland, qui était l’année dernière programmée dans notre festival. Cette année, c’est Magdalena Lazarkiewicz, avec Back Home. Le Vietnam, avec Ash Mayfair et The Third Wife, c’est quand même une petite exception. Et je suis très contente d’accueillir aussi une réalisatrice de La Réunion, avec Fornacis, d’Aurélia Mengin, une jeune réalisatrice, avec son premier long métrage, un film fantastique. Je suis heureuse de pouvoir faire découvrir cette réalisatrice au public de Créteil.

    Pourquoi ce film est « fantastique » dans le double sens du terme ?

    Il est fantastique, parce qu’il ne raconte pas d’histoire. C’est presque un monde intérieur raconté en images. Comme un poème, mais très beau et très fort au niveau des images. Le film se passe dans une région du Berry et le paysage est aussi un personnage. On plonge dans un rêve. C’est aussi fantastique, parce qu’il n’y a pas début ni fin. C’est une expansion du temps et de l’espace.

    Pour être sélectionnée au festival, qu’est-ce qu’une réalisatrice doit faire, quelle sorte de film doit-elle réaliser ?

    Il n’y a pas de règle pour la sélection des films. Mais, c’est vrai, au niveau du comité de sélection, on a plutôt tendance de retenir des films ayant une démarche personnelle, originale, pas forcément commerciale, sans entrer dans les codes du « grand spectacle » ou du film à sensation. De notre côté, il y a vraiment une attention à dire les choses de manière nouvelle et à nous entraîner à des sujets rares ou tabous. Par exemple, il y a un très bon film tourné par une Mexicaine, Marta Hernaiz Pidal, tourné en Bosnie, très original. La vie chaotique de Nada Kadic, c’est l’histoire d’une mère de famille et de sa petite fille autiste. C’est un sujet de société et un film tellement beau qu’on a peine à croire que de telles histoires ne se rencontrent pas plus souvent au cinéma.

    Jackie Buet, cofondatrice et directrice du Festival de Films de Femmes de Créteil. RFI/Siegfried Forster

    Vous montrez exclusivement des réalisatrices, le seul film programmé et réalisé par un homme date de 1922. Quelle est pour vous aujourd’hui la définition d’un film de femme, sachant que les créations de transgenres, troisième sexe, etc. se multiplient… Autrement formulé : à partir de quel moment un film n’est plus un film de femme ?

    Il faudrait presque changer le logo du festival et mettre Films de femmes, etc. C’est vrai, traitant par exemple cette année le thème du mixage, on a bien volontiers élargi notre programmation à des propos de transgenres, de troisième sexe, etc. On peut se repositionner en tant que Festival de films de femmes. On a déclenché un intérêt pour les réalisatrices. Aujourd’hui, les grands festivals doivent se pencher sur la question et équilibrer leur programme. Ce n’est pas encore gagné, mais ça bouge. Donc, d’une certaine façon, nous aussi, on devra bouger. Et c’est ça, la belle aventure.

    Le Festival est né, il y a 40 ans, dans l’après-mai 1968. Depuis, qu’est-ce qui a changé à l’heure du féminisme 3.0 ?

    Le cinéma des femmes est né après 1968. Dans la période 1968, les femmes ont rarement pris la parole de façon publique. Elles étaient là, elles étaient militantes, faisaient et distribuaient des tracts, probablement aussi la cuisine pour les gens qui animaient les débats. Après 1968, elles réalisaient que, elles aussi, avaient des choses à dire. Et, grâce à la vidéo, le langage de l’image est devenu quelque chose facile à pratiquer. On a un très beau film sur cette histoire-là, Delphine et Carole, insoumuses, de Callisto McNulty, un jeu de mots sur « insoumises » et « muses ». La muse qui inspire la création. Je pense que cet héritage-là est un féminisme joyeux. Un féminisme à la fois de revendication, mais aussi de bien-être et de vivre autrement. Aujourd’hui, dans cette période plus compliquée, au niveau économique, les femmes ont à se repositionner peut-être différemment, avec les nouveaux médias, et à prendre une place, sans rater l’occasion, parce que, en ce moment, tout est en train de bouger : dans les médias, dans les supports de diffusion, dans la notion de série à la télévision… Là aussi, il faut que les femmes se manifestent.

    Dans les autres festivals, on voit clairement une évolution. Dans les compétitions, on compte désormais le nombre de films réalisés par des femmes. La Berlinale 2019 s’est félicitée d’un taux de 41% de films réalisés par des femmes, en plus d’une femme présidente et un Ours d’or d’honneur remise à Charlotte Rampling. Mais comment peut-on mesurer le progrès dans un festival où, depuis toujours, 100% des films sont réalisés par des femmes ?

    Il ne faut pas oublier : il y a la partie événement du festival pendant dix jours, précédée par six mois de prospection, de rencontres, de sélection de films. Et puis, toute l’année, on travaille auprès du jeune public et des publics « défavorisés ». Donc, ce cinéma doit rencontrer tous les publics. C’est une autre partie de notre travail qui ne se voit pas forcément. Mais, c’est cela aussi qui anime notre démarche. Ce travail n’est pas du tout terminé. Les supports évoluent, le cinéma bouge, les productions bougent aussi, donc le festival va forcément aussi bouger. Et il y a la nouvelle génération qui va entrer dans notre équipe, c’est clair.

    L’année dernière, vous aviez programmé Birds Are Singing in Kigali, de Joanna Kos-Krauze et Krysztof Krauze. Ce n’était pas un film d’une cinéaste africaine, mais sur l’Afrique. Quelle place occupent les cinéastes africaines dans votre festival ?

    On a beaucoup soutenu des cinéastes africaines. Cette année, comme le Festival panafricain du cinéma (Fespaco) fêtait ses 50 ans, tout le monde était à Ouagadougou, au Burkina Faso. Des réalisatrices comme la Sénégalaise Safi Faye et beaucoup d’autres sont des personnalités qu’on aime et qu’on a souvent honorées. Cette année, on a un film qui parle de l’apartheid, le film d’Euzhan Palcy parle l’apartheid, c’est un hommage à Mandela et à cette lutte contre l’apartheid. Donc, l’Afrique est toujours au cœur de notre propos.

    Le Festival international de films de femmes fait-il peur aux hommes ?

    Je ne sais pas de quoi ils auraient peur, parce qu’ils ont tout à gagner, eux aussi, à ce que la société s’équilibre un peu mieux. Le monde est en train de changer et au niveau du public, cela a déjà changé.

    Le 41e Festival International de Films de Femmes de Créteil, du 22 au 30 mars, à Créteil

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