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    Cannes: en prison avec «Des hommes» aux Baumettes de Marseille

    media Des hommes, documentaire d’Alice Odiot et Jean-Robert Viallet, projeté au Festival de Cannes dans le cadre de la sélection ACID. ACID / CANNES

    L’Acid, c’est une vitrine très particulière du Festival de Cannes. Cette « programmation des cinéastes » rend visibles des réalisateurs souvent encore inconnus, mais aussi des situations sociales méconnues. Des hommes, documentaire et premier long métrage d’Alice Odiot et Jean-Robert Viallet, nous ouvre les portes de la prison française la plus redoutée : les Baumettes, une des raisons de la mauvaise réputation de Marseille.

    Les Baumettes, ce sont 30 000 mètres carrés et 2 000 détenus. Pour beaucoup, c’est un endroit répugnant et une honte pour la République française. Pour le documentaire Des hommes, le constat de départ tient en une seule phrase, affichée au début du film : « En 2012, le contrôleur général des prisons juge les conditions de détention au centre pénitentiaire des Baumettes inhumaines. »

    En 2013, les réalisateurs envoient alors une demande de tournage pour voir de leurs propres yeux. Trois ans plus tard, ils obtiennent une autorisation de filmer pendant 23 jours. Le résultat dure 1h23 et montre les « hommes ».

    ► À lire aussi : ACID à Cannes: «La porte d’entrée pour lancer une carrière de cinéaste»

    Jean-Robert Viallet et Alice Odiot sont tous les deux lauréats du prestigieux prix Albert-Londres. Des hommes est leur premier film de cinéma. Leur plus grand mérite est d’avoir réussi l'exploit d'ouvrir les portes de la prison et obtenu le droit de montrer ces images à l'extérieur. 

    Malheureusement, le résultat est mitigé. Trop souvent, les images reflètent un rapport de forces où la caméra semble s’interdire d'observer plus que ce que l’administration pénitentiaire a décidé de montrer. Sans exception, les échanges entre prisonniers, mais aussi entre prisonniers et surveillants, sont étonnamment polis, inspirés et imprégnés de compréhension mutuelle. On joue aux cartes, regarde la télé, joue de la musique ensemble, on s’entraîne dans la salle de sport et on fume. Comme dans une pièce de théâtre, chacun semble jouer son rôle.

    Une cellule « très potable »

    Des hommes est un documentaire sans personnage principal. Il y a autant d'histoires que de détenus. On accompagne par exemple un jeune né en 1999. Condamné à trois ans de prison ferme, il emménage avec trois cabas et un petit carton dans la cellule 43, une cellule « très potable », remarque un surveillant. Quelques hommes se prêtent au jeu de raconter leur histoire qui les a menés en prison : il y a le vol de sept voitures et les 44 condamnations de l’un, une « grosse bêtise » à 18 ans pour l’autre ; on voit des détenus plein de compréhension devant le conseil de discipline après avoir été condamnés pour trafic de drogue et envoyés en cellule disciplinaire…

    ► À lire aussi: Prisons: «L’œilleton inversé» ou le «choc carcéral» des surveillants

    Pour apercevoir la misère et le mal-être, il faut tendre l’oreille quand les prisonniers racontent leur souffrance de ne pas voir leurs enfants, qu'ils disent avoir déjà reçu des coups de couteau ou affirment être obligés de participer au trafic de drogue pour ne pas se faire agresser par leurs codétenus.

    Le documentaire donne l’impression de vouloir tout montrer  : les cellules, les détenus, les surveillants, la cuisine, la salle de sport, les conseils de discipline, la distribution des médicaments… À la fin, rien ne marque vraiment. On a un peu le sentiment qu’on nous a montré les cages, mais pas les cœurs, la raison mais pas la révolte. Bref, la sensation qu’on est passé à côté de l’essentiel.

    « Des hommes » et des femmes

    Même le titre, Des hommes, s’avère à la fois trop large et trop étroit. Trop large, parce que la partie des hommes rendue visible reste minuscule et insuffisante pour comprendre quoi que ce soit sur leur vie. Et trop étroit, car sur les images projetées apparaissent aussi plein de femmes intervenant dans la prison des Baumettes : les surveillantes, la directrice de la prison, une juge, une procureure…

    Une autre déception vient de la préface du film, quand les réalisateurs dénoncent les conditions « inhumaines » rapportées par le contrôleur général des prisons en 2012. Jean-Robert Viallet et Alice Odiot oublient de mentionner que l’année suivante, un plan de rénovation a été lancé. Trois ans plus tard – la même année où les réalisateurs ont obtenu l’autorisation de tournage – un nouveau bâtiment, dit « Baumettes 2 », a été inauguré.

    ► À écouter aussi : France: le nouveau bâtiment de la prison des Baumettes

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    Chez certains spectateurs, cette omission risquera provoquer une confusion entre les situations vues et entendues dans les médias en 2012 à travers le contrôleur général des prisons  et les images véhiculées aujourd'hui par Des hommes. On ne retrouve pas l'univers du rapport-choc de 2012, la prison-dépotoir avec des douches infectes, des cellules insalubres et surpeuplées, rongées par les moisissures, les cafards et les rats qui partagent les plateaux-repas des hommes. Du coup, le documentaire risque de refléter moins la situation des hommes que la volonté d'une administration pénitentiaire souhaitant tourner la page et visiblement très contente de faire visiter la prison.

    Des hommes, documentaire d’Alice Odiot et Jean-Robert Viallet, projeté au Festival de Cannes dans le cadre de la sélection ACID.

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