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    Cannes: «Papicha», Mounia Meddour fait défiler la liberté en Algérie

    media Lyna Khoudri dans le rôle principal de Nedjma dans «Papicha». Le film, réalisé par l’Algérienne Mounia Meddour, est en sélection officielle au Festival de Cannes. © Jour2fête

    Comment se frayer son chemin vers la liberté ? Dans « Papicha », la réalisatrice algérienne Mounia Meddour le montre de façon magistrale. En sélection officielle au Festival de Cannes, elle nous emporte sur une énorme vague cinématographique dans l’Algérie des années 1990. Inspiré de faits réels, le film raconte la rage d’une jeune fille algéroise face aux intimidations des islamistes. Avec ses tissus et ses épingles, elle défend son rêve de devenir créatrice de mode et donc de son propre monde face aux voiles imposés par la terreur.

    Lors de la projection gala dans la grande salle Debussy au Festival de Cannes, l’équipe du film algérien était au grand complet. Et le grand maître du Festival, Thierry Frémaux, montait sur scène avec un pin’s « Deuxième République », acclamé par le public. Il n'oubliait pas non plus de louer le vent du renouveau venant actuellement de l’Afrique pour le cinéma. Quant à la réalisatrice Mounia Meddour, elle se réjouissait de la sélection officielle de son film comme « un écho formidable au mouvement actuel en Algérie ».

    Le noir et le rouge à lèvres

    Papicha commence dans le noir. En pleine nuit, deux jeunes étudiantes sortent par la fenêtre de leur chambre, puis passent par un petit trou dans la clôture de leur résidence universitaire à l’extérieur où une voiture les attend. Elles n’ont rien volé, ne veulent commettre aucun crime, elles ont juste envie d’aller danser dans une boîte de nuit. En fermant la porte de la voiture, elles entrent dans un nouvel univers : fard à paupières, rouge à lèvres, robe courte, éclats de rire, musique à fond. Mais, voilà, un barrage de militaires cagoulés arrête leur taxi clandestin…

    ► À lire aussi : Cannes: avec «Atlantique», les morts-vivants de Mati Diop reviennent au Sénégal

    On est à Alger, en 1997, avec 40 000 victimes, l’année la plus meurtrière de la décennie noire. Les attentats se succèdent à un rythme de plus en plus accéléré. Mais Nedjma et ses copines refusent d’arrêter de vivre. Le rêve de Nedjma est de devenir styliste. Pour faire vivre sa passion, la couture, les robes féminines, les dresses osées, elle est prête à vendre ses créations dans les toilettes des boîtes de nuit où les jolies jeunes filles, les papichas, se les arrachent. Ses robes permettent à chacune de se montrer comme elle est et comme elle veut être.

    Nedjma crée la liberté à travers sa mode

    Malgré une situation politique de plus en plus explosive, Nedjma tient tête, avec comme seules armes son regard innocent, son sourire attachant, son apparence séduisante et ses épingles. Elle est l'emblème d'une jeunesse libre, créative, pleine de projets et d’espoirs. Au début, elle arrive juste avec son charme et sa nonchalance à surmonter les obstacles et à refuser le dictat du « hidjab pour la musulmane ».

    Mais très vite, elle s’aperçoit à quel point sa soif de liberté contrarie les idées islamistes qui sont en train de s’imposer avec de plus en plus de violence dans la société. À défaut de pouvoir changer le monde, Nedjma reste résolue à créer son propre monde. Après l’assassinat de sa sœur photographe, elle transforme le haïk, ce vêtement féminin dans lequel Linda a été abattue, en un tissu de la liberté. En pliant de façon inédite ce voile double face long de cinq mètres, elle fait en même temps plier son adversaire. Des larmes et du sang, elle en fait naître le projet d’un défilé de ces robes de la résistance dans sa cité universitaire.

    La réalisatrice Mounia Meddour (au centre), entourée de ses (formidables) actrices : Amira Hilda Douaouda, Lyna Khoudri, Shirine Boutella et Zahra Doumandji au Festival de Cannes 2019. CHRISTOPHE SIMON / AFP

    « Papicha », chronique d’une lutte

    Dès les premières scènes, envoyées à un rythme fou, on se sent emporté par une vague. Avec l’évidence de ses images et l’enthousiasme de son récit, Mounia Meddour nous embarque illico dans cette résidence universitaire à Alger où tous les conflits et confrontations des années de braise se cristallisent. Mettre une robe et non pas un hijab devient un enjeu de société et même de survie. Incarnées avec une énergie et une conviction incroyables par les actrices, les images nous aspirent au cœur de cette histoire. Papicha devient la chronique de lutte de ces jeunes femmes décidées à défendre leurs espaces de liberté et leurs droits face aux islamistes, hommes et femmes.

    Mounia Meddour, l’esthétique d’une résistance

    Née en 1978, fille du réalisateur algérien Azzedine Meddour, Mounia Meddour avait à l’époque 19 ans, comme son personnage principal Nedjma, interprété avec une grande sincérité et la grâce d’une beauté et d’une jeunesse bouleversante par Lyna Khoudri. Ceci dit, le véritable enjeu de Papicha n’était pas de tourner un film sur cette époque, mais de transmettre aux générations d’aujourd’hui la raison d’être d’une lutte pour la liberté. Et cela d’une façon universelle.

    Après une formation en journalisme et au cinéma en France et plusieurs documentaires comme Particules élémentaires (2007) ou Cinéma algérien, un nouveau souffle (2011), Mounia Meddour a visiblement trouvé le courage de se souvenir et de préserver l’esprit, l’éthique et l’esthétique d’une résistance et d’une résilience contre les forces obscures du fondamentalisme. Papicha dégage la fureur de vivre, la force de frappe de la création. Autrement dit : quand les épingles se montrent plus fortes que les kalachnikovs.

    La réalisatrice Mounia Meddour et ses actrices après la première de « Papicha » au Festival de Cannes. Siegfried Forster / RFI
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