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    Cannes: quatre questions à Jessica Hausner sur «Little Joe»

    media Jessica Hausner, réalisatrice autrichienne du film tourné en anglais «Little Joe», en lice pour la Palme d’or au Festival de Cannes 2019. Siegfried Forster / RFI

    En lice pour la Palme d’or au Festival de Cannes, la réalisatrice autrichienne Jessica Hausner adore les films d’horreur et admet volontiers être une workaholic et vouloir tout contrôler, un peu comme le personnage principal de son nouveau film très épuré et au couleurs étranges. « Little Joe » est l’histoire d’une phytogénéticienne chevronnée et sans scrupules. Alice est sur le point d’inventer dans son laboratoire une fleur révolutionnaire. Mère célibataire, elle offre à son fils Joe un exemplaire de cette plante rouge vermillon baptisée « Little Joe ». Grâce à son organisme génétiquement modifié, elle procure à son propriétaire du bonheur. Très vite, Alice s’aperçoit qu’elle a créé un monstre et que son fils est également en train de lui échapper. Entretien avec la réalisatrice Jessica Hausner sur son laboratoire cinématographique.

    RFI : Une chanson dans votre film Little Joe s’appelle Happiness Business. Le bonheur, est-ce ce que tout le monde le cherche aujourd’hui ?

    Jessica Hausner : Oui, je pense. Ce désir d’avoir du bonheur est devenu tellement intense. Quand quelqu’un vous demande : « Comment allez-vous ? », personne n’ose plus de dire : « Je vais mal ». Tout le monde répond : « Bien, j’ai plein de succès », etc. Pour moi, c’est devenu une langue de bois. Ce désir absolu de bonheur est aujourd’hui lié au business. C'est mon mari qui a composé cette chanson. Au début, je lui ai demandé de composer juste une chanson sur le bonheur, puis il a eu cette idée de Happiness Business. En effet, je pense que nos sociétés sont aujourd’hui fascinées d’une manière étrange par ce désir du bonheur.

    Little Joe fait aussi penser à un autre film, La Vague, un film allemand des années 2000 qui fait vivre à des lycéens une expérience pour tester leur capacité de résister à un système totalitaire. La manipulation génétique représente-t-elle pour vous aussi un danger de totalitarisme ?

    C’est la partie politique de la question. À mon avis, une partie de cette science est déjà assez totalitaire. J’ai l’impression que cela a remplacé ce que fut autrefois la religion. La religion donnait les réponses et les prêtres nous enseignaient le Bien et le Mal. Aujourd’hui, ce sont les scientifiques qui ont pris ce rôle, ils détiennent l’information sur tout. Mais souvent, un scientifique dit le contraire d’un autre scientifique. Donc, eux non plus ne savent pas ce qui est juste. Et c’est important de comprendre cela, parce qu’on croit déjà trop dans la science.

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    Vous avez travaillé avec le cinéaste autrichien Michael Haneke sur des films comme Funny Games, avant de percer avec vos propres films comme Lovely Rita ou Hotel. Cela vous embête d’être toujours comparée à Haneke ?

    Pour être honnête, j’en avais marre [rires]. J’apprécie absolument son travail. C’est un très grand réalisateur. Mais après tant d’années, je suis devenue moi-même réalisatrice. Donc, ce n’est pas très agréable d’être aujourd’hui toujours comparée à lui.

    Cela signifierait quoi pour vous de remporter cette année la Palme d’or avec Little Joe au Festival de Cannes ?

    Quelle question ! Peut-être dans vingt ans [rires]. Cela m’a pris vingt ans pour être sélectionnée en compétition du Festival. Donc, je pense que cela me prendra encore une fois vingt ans pour avoir la Palme d’or. Mais qui sait [elle touche du bois] ?

    Jessica Hausner, réalisatrice autrichienne de «Little Joe», en lice pour la Palme d’or au Festival de Cannes 2019. Siegfried Forster / RFI
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