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    Afrique

    Les «Prince.sse.s» de Lagos, Mexico et Téhéran au Palais de Tokyo

    media L’artiste nigériane Ndidi Dike dans « Prince.sse.s des villes » au Palais de Tokyo. Elle travaille sur les histoires et héritages postcoloniaux. Siegfried Forster / RFI

    Vous adorez l’art bouillonnant ? Le Palais de Tokyo à Paris, laboratoire des artistes contemporains, nous emmène chez les « Prince.sse.s des villes » de Lagos, Mexico, Téhéran, Manille et Dacca.

    Vous rêvez de plonger dans les ateliers d’artiste de plusieurs mégapoles à la fois ? Pour Hugo Vitrani et Fabien Danesi, dans l’art « il n’y a plus de centre » et Paris semble être « presque à la périphérie ». Les curateurs de l’exposition Prince.sse.s des villes ont exploré l’espace artistique underground de cinq villes en Afrique, Amérique du Sud et Asie, rencontré 300 artistes, pour en sélectionner une cinquantaine. Une exposition pas comme les autres au Palais de Tokyo.

    RFI : Quelle était l’idée derrière cette utopie Prince.sse.s des villes ?

    Hugo Vitrani : Le titre de l’exposition vient de deux chansons populaires : Le prince des villes, de Michel Berger, et Les princes de la ville, du groupe de rap 113. On s’est rendu compte que cette idée d’être le prince ou la princesse de la ville, donc de créer ses propres lois, ses propres valeurs, de vivre au rythme des guitares, d’être ambitieux et parfois vicieux, pour reprendre les paroles de ces deux chansons, ça résonnait avec la dynamique et l’énergie des artistes et des créateurs qu’on avait rencontrés dans les cinq villes.

    Derrière vous, sur le mur, apparaissent des lunettes de soleil clinquantes, captées par Stephen Tayo.

    Fabien Danesi : En fait, ce sont deux artistes. Une œuvre de Stephen Tayo [né en 1994 à Ikere, vit et travaille à Lagos, Nigéria], un street photographe de Lagos. Il est très connu et travaille dans le domaine de la mode. Et sous la photographie de Stephen Tayo, on trouve un graffiti de Zombra. C’est un peu le « patron » de Mexico. Sur un mode viral, il a réalisé le « ZO » de Zombra, du centre-ville à l’aéroport.

    Lagos, Mexico, Téhéran, Manille, Dacca, ces mégapoles ne sont pas réputées pour leur qualité de vie ni pour leur vie démocratique. Est-ce que ce sont des centres d’innovation artistique ?

    Hugo Vitrani : Ce que nous a intéressé, c’était de décentraliser notre regard ou parfois de le prolonger. Par exemple, le Palais de Tokyo était déjà allé à Manille et à Mexico. Nous, ce qui nous intéressait, c’était l’énergie qui se dégageait de ces villes. On a choisi des villes par intérêt, par curiosité, mais aussi par rapport à leur dynamique. Nous avons voulu explorer les artistes, les créateurs, surtout hors du milieu de l’art, mais aussi dans le milieu de la musique ou du tatouage, du cinéma, du théâtre. Effectivement, ces cinq villes sont aujourd’hui très réputées pour leur dynamique créative.

    Fabien Danesi : Et on aime bien dire que, finalement, au regard de cette énergie bouillonnante de ces villes, Paris apparaîtrait presque comme à la périphérie. Ce n'est certainement pas nous qui amenons ces artistes au cœur de l’art, au contraire, ce sont ces artistes qui nous font voir aujourd’hui qu’il n’y a plus de centre.

    Hugo Vitrani et Fabien Danesi, les curateurs de l’exposition « Prince.sse.s des villes » au Palais de Tokyo. Siegfried Forster / RFI

    La notion de la politique ou de la sexualité est pratiquement présente dans toutes les œuvres. Est-ce un marqueur pour la créativité et l’innovation de ces artistes qui se frottent au monde d’aujourd’hui ?

    Hugo Vitrani : On pourrait le dire. On a toujours voulu donner des cartes blanches aux artistes et ne jamais leur imposer notre regard. Au contraire, on a voulu ouvrir notre regard et nos yeux, grâce à eux et leurs créations. Effectivement, avec toutes ces cartes blanches et invitations, tous ces artistes et créateurs nous ont menés souvent vers des questions politiques, de liberté, de liberté sexuelle, de liberté de genres. Ces questions-là sont souvent au cœur de l’exposition.

    Qu’est-ce qui vous a frappé concernant les médias ou les supports utilisés par les artistes de ces villes ?

    Fabien Danesi : C’est le fait que tous ces artistes et toutes ces villes sont hyper-connectés. Les gens se connaissent à travers des réseaux sociaux. Ces artistes en savent généralement plus que nous sur ce qui se passe dans le monde. Ce sont des créateurs avertis qui savent où regarder. Ils savent utiliser les médias.

    Hugo Vitrani : D’ailleurs, la plupart des artistes avec qui nous avons communiqué pendant notre prospection et qu’on a découverts, on ne leur parlait pas forcément par WhatsApp ou courriel, mais par Instagram. Même des artistes de 70 ans à Téhéran étaient connectés en permanence à Instagram. Cela permettait aussi de contrer des censures.

    Vous avez contacté et communiqué avec les artistes par Instagram, les artistes eux-mêmes utilisent ce réseau social pour diffuser leurs œuvres qu’ils ne peuvent souvent pas montrer publiquement. Quel est le rôle de ces nouvelles technologies pour les artistes dans ces villes ?

    Hugo Vitrani : Souvent, on nous pose la question : présentez-vous des scènes alternatives ? Et plutôt de dire « alternatives », on aime dire que ce sont des scènes indépendantes, indépendantes du milieu de l’art. Du coup, cela oblige ces artistes d’avoir leurs propres structures. Et la structure la plus naturelle, ce sont les réseaux sociaux. Par exemple, Instagram permet de publier ses images, d’être diffusé, c’est comme cela qu’on se rend compte qu’un artiste comme Reza Shafahi [né en 1940 en Iran, il vit et travaille à Téhéran], qui est très peu connu, a finalement réussi à être connu sur les réseaux sociaux. Ou une artiste comme Maria Jeona Zoleta [née en 1989 aux Philippines, elle vit et travaille à Manille], qui est aussi très peu connue en Occident. Finalement, ces deux artistes se connaissaient par les réseaux sociaux, sans s’être jamais rencontrés. Ils se sont rencontrés dans l’exposition. Donc, effectivement, on est sur des artistes de 20 ans à 70 ans qui sont hyper-connectés.

    Vue de l’exposition « Prince.sse.s des villes » au Palais de Tokyo. Siegfried Forster / RFI

    Comment montrent-ils leurs innovations artistiques ? Par des réseaux sociaux, par des galeries ou musées ?

    Fabien Danesi : Cela dépend. Il faut savoir que chaque ville a un contexte qui lui est propre. Par exemple, à Dacca, il n’y a pas vraiment de galeries d’art. En revanche, on trouve dans toutes ces villes des « artist-run spaces » [des lieux d’art contemporain à l’ombre des grandes institutions, ndlr], ce qui dit l’importance des communautés et la volonté de la part de ces artistes d’être autonome, indépendant, finalement d’être libre.

    « Prince.sse.s » signifie aussi qu’il n’y a pas de roi ni de reine. Est-on face à un processus en devenir ?

    Hugo Vitrani : On est sur une énergie bouillonnante et indomptable. C’est ce qu’on a essayé de retranscrire par un parcours qui va de surprise en surprise et qu’on n’a jamais essayé de conditionner.

    Fabien Danesi : Et c’est vrai, le motif de la métamorphose se retrouve dans un grand nombre d’œuvres. Ne serait-ce que parce que nous avons aussi fait appel à pas mal de personnes qui s’inscrivent dans une esthétique queer.

    Hugo Vitrani : On parle souvent d’un « système D » en parlant de ces mégapoles. On a repris à notre compte cette expression, mais pour parler du système de la « démesure », parce que c’est vraiment ce que font ces artistes-là.

    Prince.sse.s des villes », exposition au Palais de Tokyo, à Paris, du 21 juin au 8 septembre 2019.

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