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    «Architecture», l’ouverture radicale ou ratée du Festival d’Avignon

    media « Architecture », mise en scène dans la Cour d’honneur du Palais des papes par Pascal Rambert au Festival d’Avignon. (c) Christophe Raynaud De Lage / Festival d'Avignon

    Le lieu est grandiose, la pièce très exigeante et les avis du public s’avèrent extrêmement partagés. Radicale ou ratée ? « Architecture », écrite et mise en scène par Pascal Rambert, a ouvert jeudi 4 juillet dans la Cour d’honneur du Palais des papes le 73e Festival d’Avignon. Un spectacle intransigeant sur les maux de l’Europe et les mots du théâtre.

    « Très long », « je n’ai rien compris », « super, mais il faut tenir », « philosophique », « un peu ennuyeux », « beaucoup de ratés », « des choses intéressantes sur le langage. » Voilà quelques-unes des premières réactions des spectateurs après la première.

    Imposer son « Architecture »

    À une heure et demie la nuit, après quatre heures passées dans les tribunes de la Cour d’honneur du Palais des papes, le public sort visiblement secoué par le choix radical de Pascal Rambert. Ce dernier, à l’âge de 56 ans l’un des metteurs en scène les plus joués en Europe, a pris le pari de faire uniquement confiance aux paroles.

    À l’époque du multimédia et les guerres menées par les géants du numérique pour capter chaque seconde l’attention des «  usagers » avec des artifices, sur la scène géante du Palais des papes, le metteur en scène ose imposer son Architecture. Sans compromis, les mots seuls ont alors la responsabilité de faire vivre l’histoire de cette famille d’artistes et d’intellectuels qui se déchire et se raconte dans une Europe hantée par les nationalismes et la montée du nazisme.

    Réactions des spectateurs après la première de "Architecture" de Pascal Rambert

    Dès le début, l’ambition du spectacle est clairement affichée et déclamée par le patriarche de la famille : transformer « la lecture du texte en un moment sacré ». Sur le plateau, que de têtes très connues : Emmanuelle Béart, Arthur Nauzyciel, Stanislas Nordey, Denis Podalydès, Anne Brochet, Jacques Weber … N’ayez crainte, l’effet recherché ne sont pas les paillettes, mais la puissance du langage. La brochette de stars est condamnée à faire naître et subir le drame exclusivement avec et par les énoncés. Le décor est réduit à quelques chaises et tables placées sur un sol blanc et immaculé. Les costumes jouent la sobriété, avec des tons clairs en première partie et des vêtements noirs en deuxième. Le subtil jeu de lumière aussi et même le gestuel délicat des comédiens restent minimalistes.

    L’Europe en plein naufrage

    Sur scène, cette famille surgit comme une métaphore pour cette Europe en plein naufrage qui traversera les années des nationalismes et le début du nazisme, des années 1910 à 1930. Malgré leurs intelligences hors pair, les membres de cette famille se sentent désarmés et dépourvus face au réel. Les conventions sont rompues, mais rien d’autre n’est venu les remplacer. Chacun est pour l’autre à la fois l’être le plus proche et le plus grand ennemi. Ensemble, ils vont courir à leur perte, parcourant toutes les névroses possibles et imaginables.

    Le père de famille, un architecte de renom, tient ses fils et filles par un autoritarisme sans faille. Son orgueil lui commande de châtier sa propre chair tout en se sentant lui-même coupable pour la mort de sa femme. Et sa progéniture le lui rend bien. Ses fils, un philosophe « contre nature » et un compositeur de musique atonale le méprisent. Ses filles lui échappent en se mariant avec un militaire-musicien sans qualités et un journaliste opportuniste, en payant le prix fort de finir malheureuse.

    « Architecture », mise en scène dans la Cour d’honneur du Palais des papes par Pascal Rambert au Festival d’Avignon. (c) Christophe Raynaud De Lage / Festival d'Avignon

    « Parler sur un plateau, sans aucun artifice, pour moi, c’est ça, l’art du théâtre », affirme Pascal Rambert. Dans la Cour d’honneur, il reste fidèle à sa manière de déployer son art en mode horizontal. Mais au Palais des papes, l’égalité visée par la démarche se perd au-delà du dixième rang où les chaises commencent à surplomber de dix mètres les comédiens de la scène. La parole est alors portée par les haut-parleurs brouillant le repère où se trouve l’orateur. Accéléré par quelques trous d’air dans le récit, l’impact du mot laisse alors la place au vide au-dessus du plateau. Pour citer un passage de la pièce en allusion aux « gueules cassées » de la Grande Guerre : « quand la mâchoire a disparu, le langage n’a plus de véhicule. Tout est en désordre. »

    « Une attaque contre l’inattention »

    Avec sa démarche radicale et ses longs monologues énigmatiques dont on a souvent du mal à déchiffrer les significations, Pascal Rambert risque de perdre une partie du public, et pas seulement ces quelques spectateurs visiblement énervés ayant quitté la Cour en pleine séance. Conscient de son exigence, Pascal Rambert a qualifié sa création comme « une attaque contre l’inattention ». Mieux encore, il revendique la (et les) longueur(s) de sa pièce comme une manière de « tester l’attention de [s]on public ».

    L’Europe d’aujourd’hui reste malheureusement absente du propos. L’Architecture de Pascal Rambert apparaît bien trop historique et franco-française sur le plateau et dans le public pour faire écho aux inquiétudes par rapport aux mouvements et revendications populaires qui remettent actuellement en question le projet européen. Pascal Rambert honore le langage de son art. En revanche, il ne met pas le destin de l’Europe au centre du Palais des papes, mais sa manière de faire du théâtre.

    Pascal Rambert a mis en scène « Architecture », le spectacle d’ouverture du Festival d’Avignon 2019. Siegfried Forster / RFI

    A lire aussi : Ouverture du 73e Festival d’Avignon: l’Europe, l’exil et les odyssées

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