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    Europe

    Avignon: «Nous, l’Europe», le Rocky Horror Picture Show européen

    media « Nous, l'Europe, banquet des peuples », mise en scène de Roland Auzet, d’après un texte de Laurent Gaudé. (c) Christophe Raynaud De Lage / Festival d'Avignon

    Comment raconter toute l’Histoire et rien que l’Histoire de l’Europe ? Et cela d’une manière qui nous ne laisse pas indifférent ? Avec « Nous, l’Europe, banquet des peuples », le metteur en scène et compositeur Roland Auzet nous offre au Festival d’Avignon une sorte de Rocky Horror Picture Show européen. « Vibrer ensemble », pendant presque trois heures, entre terreur et utopie. Un délire musical, du chant classique au contre-ténor et aux cris punk, sur un texte poétique et profond de Laurent Gaudé, prix Goncourt 2004, pour trouver un nouvel hymne européen débridé et plein d’humour, entre Beethoven et Brexit. Entretien.

    RFI : Quel est pour vous l’enjeu actuel dans votre manière de faire du théâtre ?

    Roland Auzet : J’ai le sentiment que le plateau, la scène, c’est un espace d’écriture entre des médias différents : des mots, des sons, l’espace, l’architecture, la scénographie, le sens et la résonnance avec du monde. Voilà. C’est mon défi et j’essaie de l’incarner avec des corps, des instruments, des sonorités, toutes sortes de choses qui peuvent nourrir le sens de ce que j’ai envie de raconter.

    Nous, l’Europe, banquet des peuples, s’agit-il d’un spectacle inédit par rapport à l’Europe ?

    C’est la parole d’un auteur, Laurent Gaudé. Tous les deux, on a décidé de parler d’Europe, parce qu’on s’est aperçu que, aujourd’hui, on parle d’Europe, mais ce sont ceux qui crient le plus fort qui font entendre leur voix. L’idée de l’Europe est devenue très « populaire » et elle a quitté le champ de la possibilité de pouvoir être investi par toutes et tous. Alors, on s’est dit : il faut qu’on fasse notre boulot. On a des plateaux. Il faut vraiment qu’on essaie d’investir cette chose-là et de pouvoir écrire une idée de partage avec le public sur la question de l’Europe.

    Dans votre spectacle, l’Europe n’est pas enjolivée et elle commence bien avant le « plus jamais ça » après la Seconde Guerre mondiale. Chez vous, tout devient un enjeu européen, rien ne se limite à la nation. Vous mettez en lumière les racines d’une conscience et d’une responsabilité européennes : du chemin de fer à la révolution sicilienne en 1848, en passant par le Congo belge, l’extermination des juifs par les nazis, jusqu’au Tchèque Jan Palach, immolé par le feu, la guerre de Yougoslavie, les immigrés ou le Bréxit… Aborder ensemble les malheurs du passé et les défis du présent, avec un point de vue résolument européen, est-ce cela qui manque cruellement aujourd’hui ?

    Bien sûr. Ce sentiment de parler d’Europe, c’est évidemment parler de toutes les « Europes », de tout ce qui nous a emmenés aujourd’hui à la question de l’Europe. De pouvoir s’affranchir de nos origines, de là d’où l’on vient, de ce qu’on a vécu et traversé. Que chacun des différents pays connaisse un peu mieux l’histoire partagée, pour mieux discuter et peut-être redéfinir des utopies. Du coup, il s’agit de construire un projet qui puisse tenir sur un avenir partagé et pas sur une addition de singularités.

    « Nous, l'Europe, banquet des peuples », mise en scène de Roland Auzet, d’après un texte de Laurent Gaudé. (c) Christophe Raynaud De Lage / Festival d'Avignon

    En quelque sort vous dites aussi « bye-bye » à l’Europe de Beethoven, où l’on essaie de trouver des compris avec des décisions venant d’en haut, comme l’Hymne à la joie.

    J’ai beaucoup d’admiration pour Beethoven, ce n’est pas la question. L’hymne est un symbole, comme le drapeau, un symbole de représentation. Je suis quand même très étonné qu’on n’a pas eu la possibilité de demander à quatre ou cinq compositeurs et quatre ou cinq auteurs de pays européens différents de se pencher sur la représentativité symbolique musicale. Cela m’a interpellé. Alors, je me suis dit : moi, je vais le faire. Je vais m’amuser, avec les acteurs, à réfléchir sur cette question de l’hymne. Est-ce que cela rassemble ? Surtout, au moment du divorce ou de séparation de pays entre eux, est-ce que cet hymne est toujours là ? Je n’ai rien contre Beethoven, mais mon idée est de réfléchir sur un vrai hymne européen qui peut nous rassembler. C’est important maintenant.

    Depuis le Brexit, il y a une vraie rupture et en même temps une prise de conscience de la nécessité de l’Europe. Dans le monde du théâtre, quel changement serait-il nécessaire pour pouvoir donner une réponse à la hauteur de cette rupture ?

    Je n’ai pas le sentiment que le théâtre doit initier quelque chose. Le théâtre doit être un instrument de partage. Je n’ai pas le sentiment qu’il doit être un instrument de fracture. Si théâtre sur l’Europe il y a, c’est un théâtre de fraternité, du rassemblement d’idées, du partage, de pouvoir discuter, de pouvoir essayer de vibrer ensemble sur une émotion ou un sentiment d’appartenance d’être Européen. C’est ça, ma vision.

    Votre pièce est déjà programmée en tournée, 43 dates dans 16 villes, dont seulement trois dates en dehors de la France, en Suisse et en Pologne. Est-ce difficile de faire tourner en Europe une pièce sur l’Europe ?

    Oui. C’est vrai. C’est un spectacle avec onze acteurs, plutôt une grosse machine de spectacle et c’est difficile à tourner. Même pour des grands metteurs en scène allemands, comme Thomas Ostermeier, par exemple, il joue ses spectacles dans les grandes capitales, avec des dates très éparses. C’est compliqué, quand les productions sont importantes. Il n’y a pas encore des structures européennes nous permettant vraiment de voyager. Que le spectacle soit « européen » ou pas, cela ne change pas grand-chose.

    ► Nous, l’Europe, banquet des peuples, texte de Laurent Gaudé, conception, musique et mise en scène de Roland Auzet, musiques électroniques de Daniele Guaschino, jusqu’au 14 juillet au Festival d’Avignon.

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