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    France

    Festival d'Avignon: quand le théâtre donne une nouvelle place aux spectateurs

    media « Le présent qui déborde – notre Odyssée II », spectacle de Christiane Jatahy au festival d'Avignon 2019. © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

    À l’époque du divertissement interactif, immersif et participatif, le théâtre aussi semble en quête d’une nouvelle place pour le spectateur. De nombreuses pièces du 73e Festival d’Avignon ont donné l’impression que nous nous trouvons au début d’une « odyssée » quant à la place future du public dans le monde théâtral.

    Vous l’avez vue ?L’Odyssée d’Homère à Avignon ? Sous les oliviers du jardin Ceccano ou sur votre téléphone portable en Facebook Live ? Quoi qu'il en soit, dès la conception de ce feuilleton théâtral en 13 épisodes de 50 minutes, la metteuse en scène Blandine Savetier a traité chaque spectateur de la même manière. « Nous avons pensé le spectacle un peu comme une série de Netflix, explique-t-elle. Nous terminons toujours chaque épisode sur un point clé, un point de suspense. »

    Quelle place pour le spectateur ?

    La place du public est-elle en train de se déplacer ? Depuis qu’il a pris ses fonctions en tant que directeur du Festival d’Avignon, en 2013, Olivier Py ne ménage pas ses efforts pour élargir le public. Il fait rentrer le théâtre en prison en travaillant avec des détenus des pièces jouées ensuite hors les murs. Ou avec des spectacles itinérants cherchant à rencontrer des publics éloignés. Pour Olivier Py, l’expérience théâtrale sur place restera « un moment de lien extraordinaire », basé sur le phénomène du silence de la salle, car c’est ce dernier « qui ouvre les possibles ». Ce moment où la salle « commence à parler, à remémorer les pages de son identité collective », loin des vociférations du monde contemporain hyperconnecté.

    ► Vidéo: « L’Odyssée » aujourd’hui ?

    Mais même dans le silence de la salle, les chaises des spectateurs commencent à bouger. Dans £¥€$, la compagnie flamande Ontroerend Goed proposait aux spectateurs de prendre place autour d’une des sept tables de jeux installées à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon pour devenir acteur de la pièce. Un jeu de rôle finalement assez classique où le metteur en scène reste le meneur de jeu et les spectateurs, malgré tout, demeurent à leur place traditionnelle.

    Dans Le présent qui déborde – Notre Odyssée II, les réfugiés-comédiens sortent de l’écran et du public dans la salle. Quant aux spectateurs, pris au dépourvu, ils se retrouvent tantôt dans le film projeté au théâtre, tantôt côte à côte des acteurs dispersés dans le public pour endosser spontanément des rôles. La metteuse en scène et cinéaste brésilienne Christiane Jatahy mêle et fusionne à volonté les genres du théâtre et du cinéma, le réel et la fiction, pour raconter l’Odyssée des réfugiés d’aujourd’hui.

    Rebattre les cartes

    Par moment, le spectateur ne sait plus ce qu’il est : spectateur d’une pièce de théâtre filmé, d’un film ramené au présent par les actions théâtrales ? Ou fait-il lui-même partie de la distribution quand il est invité à chanter, danser ou créer le bruit de la pluie avec l’index et le majeur de chaque main ? Dans sa pièce multiforme et multimédia, Jatahy entend bien faire brouiller les pistes et rebattre les cartes en donnant aux comédiens et aux spectateurs une nouvelle place.

    ► Vidéo : Le défis des réseaux sociaux pour le théâtre

    La relation entre la scène et la salle se retrouve profondément bousculée dans A Leaf. Dans cette chorégraphie déroutante de Célia Gondol et Nina Santes, le rapport décisif entre créatrices et spectateurs n’est plus à chercher entre le plateau et les rangs du public mais dans l’espace sonore partagé. Leur « concert chorégraphique » est basé sur des boucles sonores, produites à la fois par les chorégraphes et quelques spectateurs choisis par hasard, sous forme de mots, phrases ou onomatopées. Le silence de la salle évoqué par Olivier Py se retrouve ici remplacé par les vibrations sonores générées collectivement pour occuper l’espace le temps partagé ensemble.

    La porosité entre le plateau et la salle

    Une approche artistique vigoureusement conceptuelle, aussi difficile à décrire que subir dans la salle. Les interactions entre la chorégraphe-musicienne Santes, la chorégraphe-plasticienne Gondol et les spectateurs-chercheurs-acteurs créent un rapport scène/salle fluctuant et oscillant. Dans ce théâtre transformé en « discours créatif », le public est à la fois dissout et invité à entrer par la « porosité dans les propositions ».

    La nature des places attribuées évolue également. Par exemple, quand on suit le spectacle dans une autre langue que celle utilisée sur scène. Les technologies de plus en plus fines de surtitrages ont ouvert les possibilités pour accueillir les langues étrangères sur le plateau. Aujourd’hui, on peut aller encore plus loin, en donnant toute leur place aux spectateurs venus d’ailleurs. Cette année, au Festival d’Avignon, des lunettes connectées permettent un service de surtitrage individuel pour suivre certains spectacles traduits dans plusieurs langues.

    Mettre en mouvement l’identité du public

    Or, il se trouve, notamment avec une édition 2019 sous le signe de l’Odyssée, que ces « étrangers » sont souvent plus près du récit sur scène que les « autochtones ». D’où le désir de quelques metteurs en scène de porter aussi des langues étrangères sur le plateau et de reconnaître ainsi également l’histoire de certains spectateurs venus d’ailleurs. Plusieurs spectacles multilangues ont mis en mouvement l’identité du public. Sous d’autres cieux, de Maëlle Poésy, et Nous, l’Europe, banquet des peuples, de Roland Auzet, incarnent ce désir d’une nouvelle reconnaissance sur le plateau et dans la salle. Devenue multiple, la place du spectateur a changé.

    ► Vidéo : Un mot, un geste, un silence – Pascal Rambert

    Cependant, la réponse la plus radicale face au défi du futur rôle des spectateurs n’est pas venue des spectacles à grand renfort technologique, mais de la pièce la plus classique parmi toutes : Architecture, de Pascal Rambert. Face aux nombreuses critiques par rapport aux longs monologues savourés sur scène, l’auteur et metteur en scène français s’est montré combatif en qualifiant sa création d'« attaque contre l’inattention du public ». Son approche exigeante laissait alors le public face à une Cour d’honneur épurée et un plateau aussi sobre que les costumes. Les acteurs étaient armés de leur seul art, la parole, pour embarquer et conquérir le public. Ce qui signifie pour Pascal Rambert le silence ? « Le silence, c’est le ciment entre les mots », déclare-t-il. Un silence partagé d’ailleurs au Palais des papes avec enthousiasme par certains spectateurs avec des lunettes connectées.

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