GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 17 Novembre
Lundi 18 Novembre
Mardi 19 Novembre
Mercredi 20 Novembre
Aujourd'hui
Vendredi 22 Novembre
Samedi 23 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Afrique

    FIAC: Cécile Fakhoury croit «terriblement» à l’art africain en Afrique

    media La galeriste Cécile Fakhoury, basée à Abidjan et Dakar, à la FIAC 2019, devant une toile de l’artiste ivoirien Ouattara Watts. © Siegfried Forster / RFI

    Sa galerie est la seule d’Afrique subsaharienne parmi les 199 galeries de 29 pays présentes à la FIAC 2019, le grand rendez-vous de l’art à Paris. Entretien avec Cécile Fakhoury, fille de galeristes parisiens et belle fille de l’architecte ivoiro-libanais Pierre Fakhoury. En 2018, elle a ouvert la première galerie d’art d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, en 2018 une deuxième, à Dakar, au Sénégal, et il y a quelques semaines des bureaux à Paris.

    RFI : Avec une galerie à Dakar et une autre à Abidjan, que signifie pour vous d’avoir été sélectionnée pour la première fois ici à la FIAC, l’une des meilleures foires d’art contemporain dans le monde ?

    Cécile Fakhoury : Cela représente un bel accomplissement. On est très heureux d’être ici. Participer à la FIAC, c’est une vraie dynamique. On est une galerie d’art contemporain sur le continent africain. On représente beaucoup d'artistes africains. Mais, finalement, on avait aussi envie d'intégrer au fur et à mesure des marchés internationaux, sans avoir systématiquement ce label « art contemporain africain ».

    À regarder aussi : [Vidéo] Une galerie camerounaise à «Art Paris»

    Pourquoi avez-vous choisi de présenter à la FIAC une exposition personnelle de l’artiste ivoirien Ouattara Watts ?

    C’est une histoire qui n’a pas été préméditée. C’est un artiste né en Côte d’Ivoire, parti aux États-Unis, il y a une trentaine d’années. Il a vécu plusieurs années à Paris, parce qu’il a étudié ici les beaux-arts. En novembre 2018, on a fait à Abidjan une exposition Ouattara Watts pour remontrer cet artiste ivoirien méconnu ou très mal connu du public et des collectionneurs ivoiriens. Il y avait beaucoup de collectionneurs locaux, africains, qui se sont mobilisés et ont soutenu ce travail de Ouattara Watts.

    Paris aussi est une ville où l’on ne connait pas bien son travail. Donc, c’est aussi une sorte de retour de remontrer ce travail ici à la FIAC. Pour certains, c’est une totale découverte. Mais, il y a la génération de collectionneurs qui ont l’âge de Ouattara Watts [né en 1957, ndlr], qui se disent : « mais, je connais ce travail, je l’ai vu à la Documenta, à la Biennale de Venise, au Smithsonian…» Ce sont des histoires qui se reconnectent.

    Vous montrez une série de peintures spécialement réalisées par Ouattara Watts en 2018 et 2019 pour la FIAC. Quelle est sa spécificité ?

    Tout le travail de Watts est de créer de sortes d’espaces, de reconstituer et de raconter quelque chose qui pourrait tous nous unifier au-dessus de nos têtes. Une sorte de cosmos, avec beaucoup d’éléments, à la lisière de plein de cultures et de mondes. Ce qui est inhérent à lui-même. Il y a toute une culture africaine, ancestrale, qui va puiser dans ses racines profondes : des masques, des formes baoulé, des cauris, l’esprit, comme une danse incarnée… Ces toiles sont à la frontière de beaucoup de mondes : des histoires à la fois mystiques et très contemporaines qui caractérisent la vie d’Ouattara Watts.

    Êtes-vous étonnée qu’il y a seulement deux galeries basées en Afrique parmi les 199 galeries présentes à la FIAC ? La Tunisienne Selma Feriani montre l’œuvre conceptuelle et abstraite de l’artiste saoudienne Maha Malluh. Vous-même vous êtes la seule galerie d’Afrique subsaharienne.

    En effet, je suis la seule. Peut-être, parce qu’il y a une méconnaissance du marché africain qui est en train de se développer. Sa reconnaissance grandit. Aujourd’hui, on a de plus en plus de clés de lecture pour connaître et comprendre ce marché, ses artistes et ses acteurs. C’est une histoire en marche. Je m’imagine qu’il y a de plus en plus de galeries venant du continent africain et aussi de galeries dans le monde qui représenteront de plus en plus d’artistes africains. Pour moi, c’est clair, la scène africaine va être de plus en plus présente.

    En tant que Parisienne, est-ce que c’était la bonne décision de s’implanter à Abidjan, il y a sept ans ?

    Oui. C’est une histoire extraordinaire. J’ai ouvert la galerie en 2012, ne sachant absolument pas ce que cela pouvait donner. Je n’avais pas de références, pas de modèles, pas de business plan, je n’avais pas beaucoup d’informations pour savoir ce que cela pouvait donner. C’est la conjonction d’énormément de choses qui a fait que cela a démarré, évolué, grandit et que cela se développe dans le bon sens. Oui, ouvrir ces espaces en Côte d’Ivoire et au Sénégal, ce n’est pas une autoroute d’évidences. Mais cette présence africaine est hyper enthousiasmante. Cela se développe quotidiennement. C’est une histoire qui peut s’inscrire vraiment dans une durée.

    Réalisez-vous toujours 90 % de votre chiffre d’affaires à l’extérieur des pays dans lesquels vous êtes implantée ?

    Pendant longtemps, il y a eu un vrai déséquilibre entre le chiffre d’affaires effectué à l’étranger et le chiffre d’affaire locale. C’est en train de se rééquilibrer un peu. On n’est pas encore à 50:50, mais avec le développement de la galerie à Dakar, avec tout ce qu’on développe localement, on arrive à équilibrer cela. À un moment, je me suis dit, ce n’est pas possible de développer un marché local depuis l’Europe, depuis les États-Unis, depuis l’extérieur. Il n’y avait pas de sens. Et l’ouverture de Dakar était exactement cette réflexion-là. Faire ancrer et faire exister cette histoire, des artistes, emmener nos collectionneurs, trouver de nouveaux collectionneurs dans cette dynamique.

    Et cela fonctionne bien. Tous mes collectionneurs et les gens qui commencent à nous regarder – avec quand même beaucoup de questionnement – ils voient que je croyais en ce continent. J’aurais pu ouvrir une galerie à Bruxelles, à Paris ou ailleurs en Europe. Mais, j’ai décidé de faire mon développement sur le continent africain, dans un autre pays d’Afrique, au Sénégal. C’était un signal très positif que j’ai envoyé aux gens qui nous suivent. Et j’y crois terriblement. Tout cela est très long, très laborieux, très fastidieux, mais aussi très excitant.

    Vous échangez avec des collectionneurs en Europe et en Afrique. Est-ce qu’ils sont impactés par le débat autour de la restitution des œuvres africaines anciennes ?

    C’est un sujet qui passionne les foules et qui est super intéressant, même pour nous galeries contemporaines. Pour moi et mes collectionneurs d’art contemporain, il n’y a pas d’influence directe liée à la restitution. Mais, il y a de vrais questionnements et une vraie prise de conscience qui est en train de se faire. Moi, en tant que jeune galerie, en Afrique, représentant des artistes africains, mon observation est que beaucoup d’œuvres quittent le continent. On essaie de rééquilibrer les choses. On essaie de capter un public local et des collectionneurs locaux pour développer ce marché, mais la réalité est quand même : beaucoup d’œuvres quittent le continent africain. Si cela continue comme ça, dans dix, cinquante ou cent ans, on continuera à voir nos artistes africains en Europe et aux États-Unis. Donc, il y a aussi une prise de conscience des collectionneurs contemporains à se dire qu’il y a une sorte de responsabilité de retenir la culture sur le territoire africain. Et ce débat est super pertinent pour nous aujourd’hui, parce que c’est un outil de sensibilisation à la culture africaine.

    Toile (détail) de la série « La Dama », de l’artiste ivoirien Ouattara Watts, exposée à la galerie Cécile Fakhoury, à la FIAC 2019, à Paris. © Siegfried Forster / RFI

    À lire aussi : Felwine Sarr sur la restitution: «faire acte de justice et de rééquilibrage»

    À lire aussi Parcours des mondes: les arts anciens africains et la restitution

    ► La FIAC 2019 (Foire internationale d’art contemporain), à Paris, du 17 au 20 octobre.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.