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    Afrique

    AKAA: «ce regard croisé entre le continent africain et le reste du monde»

    media « Puzzle » (détail) de l’artiste kenyan Dickens Otieno. Tapisserie à partir de canettes en aluminium et de capsules de café. 210 x 161,5 cm. . Présenté à AKAA par la Circle Art Gallery, Nairobi. © Siegfried Forster / RFI

    Also Known As Africa (AKAA) est plus qu’une foire. C’est la promesse d’un dialogue unique avec le continent africain à travers l’art contemporain. 45 galeries de 19 pays présentent des artistes d’Afrique et des artistes inspirés par l’Afrique. Entretien avec Victoria Mann, la fondatrice et directrice artistique de ce rendez-vous qui ouvre ce samedi 9 novembre sa 4e édition au Carreau du Temple, à Paris.

    RFI : Trois ans après la création ce cette foire dédiée à l’art contemporain africain et inspiré par l’Afrique, quel est aujourd’hui le rôle et le rang d’AKAA ?

    Victoria Mann : AKAA est devenue le rendez-vous pour l’art contemporain d’Afrique à Paris pour les passionnés, les collectionneurs, les artistes, les galeries. C’est un lieu d’échange, de rencontres, d’affaires, et on est très fier de la sélection présentée cette année.

    Parmi les 45 galeries présentes, 18 viennent d'Afrique, sept galeries de plus que l’année précédente. Que cela veut-il nous dire sur l’édition 2019 ?

    C’est extrêmement important. AKAA, et de manière plus globale le marché contemporain africain, ne peut pas se faire sans ce dialogue, sans ce regard croisé entre les acteurs locaux sur le continent africain et le reste du monde. Aujourd’hui, à AKAA, avec ces galeries africaines qui investissent, qui viennent de loin, qui amènent leurs artistes à Paris, capitale internationale du monde de l’art, on voit bien qu’il y a un vrai travail pour la diffusion, pour la rencontre, pour la découverte – car nous sommes une foire de découvertes pour le public parisien.

    Aujourd’hui, vous vous retrouvez entourée d’autres foires investissant l’art africain : la Fiac, Paris Photo, 1:54, Parcours des mondes. Des foires qui se sont beaucoup développées ces dernières années en élargissant leur offre. Votre décision de vous concentrer uniquement sur l’art contemporain africain ou inspiré par l’Afrique tout en restant à Paris risque-t-elle de s’avérer trop limitée pour le monde et le marché actuel ?

    Effectivement, il y a des foires qui se développent très vite et qui créent comme des « chaînes » de foires. Je trouve cela très intéressant. Nous avons plein d’idées de développement pour d’autres types de manifestations et d’autres types de projets ailleurs. Mais, moi, je voudrais prendre le temps de stabiliser Paris, de créer une foire qui est vraiment ancrée dans Paris, financièrement et économiquement forte. Tous les ans, on devient de plus en plus stable. On est une petite équipe. Je porte tout cela sur mes épaules, je n’ai pas de grands groupes derrière moi qui financent, comme c’est le cas avec la Fiac ou Paris Photo. Toutes ces idées de développement, nous les avons en tête, elles vont se faire, mais je ne peux pas aller plus vite que notre propre musique.

    Parmi les découvertes à faire cette année à AKAA, pourriez-vous nous donner deux exemples?

    Ici, par exemple, à AKAA Underground, nous sommes dans le monde de Francisco Vidal, un artiste qui vit et travaille entre Lisbonne et Luanda. C’est un des projets qui me tiennent énormément à cœur. Cela a démarré avec une conversation avec l’artiste dans un café. Quand j’ai proposé une carte blanche à Francisco, il l’a prise très littéralement, parce qu’il a investi l’espace du sol au plafond. Il a peint 60 portraits d’artistes présents à AKAA. À travers son travail, il a créé un lien artistique et social entre les artistes et le public.

    Il y a aussi le stand de la galerie Carole Kvasnevski avec le projet de la grande photographe sud-africaineZanele Muholi et de son collectif. Son projet est la diffusion des artistes de son collectif pour être dans l’échange avec les jeunes générations d’artistes en Afrique du Sud. Trois des artistes qu’elle coache sont venus avec elle ici à AKAA pour réinterpréter son corpus. C’est un projet qui me fait vibrer.

    «Maison Intègre», maison d’édition de meubles et objets fondée au Burkina Faso il y a deux ans 10/11/2019 - par Sarah Tisseyre Écouter

    Lire aussi : Paris Photo: Ming Smith, une légende de la photographie afro-américaine

    ► Regarder aussi la vidéo : L’artiste afro-américain Kehinde Wiley: un mot, un geste, un silence

    ► AKAA, Also Known As Africa, du 9 au 11 novembre 2019, au Carreau du Temple, Paris

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