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    «Girls» en Chine, entretien avec la photographe Luo Yang

    media La photographe chinoise Luo Yang dans son exposition «Girls» à la Maison Dentsu, à Paris. © Siegfried Forster / RFI

    « On se bat pour la sincérité », affirme Luo Yang, 35 ans, nouvelle icône de la photographie et de la contre-culture en Chine. Pour la première fois, une exposition de sa série Girls a lieu en France, à la Maison Dentsu, nouvel espace à Paris. Ses images troublantes frappent sans prévenir : des jeunes femmes souvent nues, toujours affranchies, brouillant la frontière entre l’espace intime et public.

    RFI : Un téton percé, un ventre tatoué, un crâne rasé. Bienvenue dans l’univers de Luo Yang, peuplé de jeunes femmes à la fois fortes et fragiles, affrontant des gratte-ciel, des montagnes ou juste la vie quotidienne en Chine. Depuis le début de vos portraits, vous êtes souvent présentée comme une icône de la contre-culture en Chine. Que signifie pour vous la contre-culture ?

    Luo Yang : Personellement, je ne me pose jamais la question de savoir si mes photos font partie de la contre-culture ou pas, parce que la plupart des gens que j’ai photographiés sont mes amis ou les amis de mes amis. Ils sont dans ma vie. Ce sont des gens normaux.

    Comment se déroule une séance de photo chez vous ?

    Comme il s’agit souvent d’amis, je vais juste chez eux, à la maison, ou à un autre endroit pour s’amuser ou de se promener. On parle, on boit, c’est la vie normale entre amis. Et quand ils sont détendus, à ce moment, je commence à faire des photos.

    Qu’est-ce qui a déclenché votre série Girls en 2008 ?

    Quand j’ai commencé avec Girls, j’étais encore à l’université [elle a eu son diplôme de la prestigieuse Académie des beaux-arts de Lu Xun, à Shenyang, en 2009, NDLR]. J’étais très jeune et je me suis embrouillée souvent dans la vie. Je voulais exprimer moi-même, mes sentiments, mes émotions. Et puis, j’ai trouvé une façon de le faire en prenant des photos. C’était une bonne manière pour m’exprimer moi-même.

    Dix ans après votre première photo pour Girls, qu’est-ce qui a changé pour les jeunes femmes en Chine ?

    Au début de la série, j’ai photographié la génération née dans les années 1980. Aujourd’hui, c’est la génération 1990. Beaucoup de choses ont changé. Les jeunes femmes sont plus libres, plus indépendantes, elles ont plus de confiance en elles-mêmes. Elles aiment se montrer. Les médias ont beaucoup changé la société en Chine. Aujourd’hui, les filles montrent sans problème leur vie dans les photos.

    Début novembre, le Centre Pompidou a ouvert une antenne du musée d’art contemporain à Shanghai et on a beaucoup parlé d’une ouverture de la Chine à l’art contemporain occidental. Pour vous, est-ce facile de montrer vos photographies en Chine et de les partager sur les réseaux sociaux ?

    Il est devenu plus facile de montrer mon travail. Ma première exposition personnelle était en 2009, très vite après le début de ma série Girls. Mais les photos de nu, je ne peux pas les montrer au public ni les publier sur les réseaux sociaux.

    Vue sur des photos issues de la série « Girls », de Luo Yang, exposée à la Maison Dentsu, à Paris. © Siegfried Forster / RFI

    La BBC vous a placée sur la liste des 200 personnalités les plus influentes au monde en 2018. Selon vous, quelle est votre influence ?

    [Elle réfléchit] Je pense que je n’ai pas trop d’influence. Mais peut-être les gens pensent que moi et mes œuvres, nous avons de l’influence. En fait, je ne me soucie pas trop de l’influence que je pourrais avoir. De l’autre côté, il est bien que les gens se demandent qui je suis. Après, ils sont curieux de voir mes photos.

    Quand on évoque la contre-culture chinoise, on pense à Ai Weiwei avec qui vous avez exposé – et à Ren Hang, ce jeune photographe qui s’est suicidé en 2017, à l’âge de 29 ans, après avoir questionné dans ses photos de nu très poétiques l’identité et la sexualité de jeunes homosexuels en Chine. Peut-on dire : lui a travaillé sur le changement de l’identité masculine et vous, en même temps, sur le changement de l’identité féminine en Chine ?

    Ren Han était un ami de moi. (…) Nous sommes de la même génération. Nous avons pris en photo et documenté la génération des jeunes nés dans les années 1980. Moi, je suis plus focalisé sur les jeunes femmes. Son travail n’était pas seulement sur la question de l’homme ou de la femme. Il a interrogé le nu, la jeune génération. Tous les deux, nous avons essayé de libérer nous-mêmes et la jeune génération en Chine. On se bat pour la sincérité et la culture.

    L’une des photos les plus fortes de l’exposition montre une femme en train de se faire raser la tête. Quelle est l’histoire derrière l’image ?

    La fille sur la photo est une amie à moi. J’ai pris la photo, il y a deux ans. Elle venait juste de divorcer de son mari. Elle voulait avoir sa liberté et commencer une nouvelle vie. Pour cela, elle s’est fait raser sa tête par son nouveau petit ami. C’est un moment de leur nouvelle vie.

    Au sein de l’exposition Girls, vous avez étalé sur une table des tirages en petit format de votre nouveau projet. De quoi parle Nouvelle Génération ?

    J’ai commencé cette année avec Nouvelle Génération. La plupart des jeunes sont nés après 1990. Et j’ai aussi commencé à photographier des garçons, plus seulement des filles. Quand je compare les deux générations, le début de Girls et aujourd’hui, je dirais que la nouvelle génération est plus ouverte, plus libre. Ils arrivent plus facilement être eux-mêmes. Ils aiment se montrer, ils ont plus d’assurance.

    Comme sur cette photo avec deux corps enlacés…

    C’est une photo de ma nouvelle série sur la jeune génération en Chine. On voit un couple. C'est encore une amie à moi. Les deux sont mannequins. Je suis allée dans leur maison pour faire cette photo dans leur chambre. C’était facile à faire. Aujourd’hui, la jeune génération chinoise aime se montrer. Et comme ils aiment mes photographies, ils voulaient bien poser pour moi.

    Un couple photographié par Luo Yang pour son nouveau projet« New Generation ». Vue d’une image exposée à la Maison Dentsu. © Siegfried Forster / RFI

    ► Girls, exposition à la Maison Dentsu. Entrée gratuite, mais uniquement sur rendez-vous pris par email : Communication@dentsuaegis.com Adresse : 176 rue de Rivoli, 75001 Paris, les samedis 9, 16, 23 et 30 novembre 2019, de 10h à 18h.

    ► À lire aussi : Paris Photo expose la censure en Chine

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