par Kèoprasith Souvannavong
Article publié le 17/08/2009 Dernière mise à jour le 17/08/2009 à 09:18 TU
« Mon film peut être considéré comme une étude de la société chinoise. Tous les jeunes veulent quitter la Chine d’aujourd’hui. Ils essaient de sortir du système communiste - dans lequel ils ne se reconnaissent pas - afin de trouver leur identité dans un monde capitaliste globalisé. C’est le propos de mon film, dont l’héroïne, Mei, en est la parfaite illustration », affirme Xiaolu Guo, réalisatrice, poète et romancière née en 1973 dans un village du sud de la Chine.
L’héroïne en question, Mei, une jeune Chinoise interprétée par l’actrice prometteuse Huang Lu, s’ennuie dans son village natal. Un jour, elle décide de partir pour la ville la plus proche. Mais là-bas, la vie n’est pas comme elle l’espérait. A peine engagée dans une usine de vêtements, elle est aussitôt renvoyée. Puis elle trouve un emploi dans un salon de coiffure, qui fait également office de lieu de passes. Elle y rencontre Spikey, un tueur à gage de la mafia locale dont elle tombe amoureuse. Mais un soir, ce dernier rentre couvert de sang et meurt à ses pieds. Trouvant plusieurs liasses de billets sous le matelas de Spikey, elle s’envole pour Londres où elle épouse un veuf âgé de soixante-dix ans. Commence une nouvelle vie, qui s’avérera frustrante et monotone, elle aussi. Mei quitte alors son vieil époux pour un immigrant indien qui, finalement, choisit de rentrer dans son pays, la laissant enceinte et seule, confrontée à un avenir incertain.
Mei est un protagoniste énigmatique, apparaissant comme impassible face à tout ce qui lui arrive. Ni la perte de son travail ni la mort de son petit ami ne semblent l’atteindre. Un trait de caractère qui est celui de beaucoup de jeunes Chinois, selon Xiaolu Guo. « Je voulais tourner un film qui donne une place importante à la jeune génération chinoise, et également un film capable de franchir les frontières et les identités culturelles », confie la réalisatrice, qui vit en Angleterre et dont le parcours présente des similitudes avec celui de Mei.
Une héroïne surprenante et un style détonant qui distingue She, a Chinese des longs métrages chinois traditionnels. D’un rythme rapide, le film est servi par une musique rock occidentale, accentuant ainsi l’énergie bouillonnante et le côté rebelle des jeunes d’aujourd’hui.
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