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    Asie-Pacifique

    «Comrade Kim Goes Flying», premier film nord-coréen présenté au festival italien d’Udine

    media L'héroïne du film «Comrade Kim Goes Flying» est une ouvrière modèle qui, à force de persévérance, va réaliser son rêve d'enfance, tel un conte de fées. Udine Far East Film Festival

    Le public du festival du cinéma populaire asiatique d’Udine, dans le nord-est de l’Italie, a pu découvrir un film en provenance de Corée du Nord, une première depuis quinze ans. Comrade Kim Goes Flying met en scène une jeune provinciale qui, à force de persévérance, réalise son rêve, tel un conte de fées. Mais ce long métrage suscite toutefois bien des interrogations : relève-t-il uniquement d’un « pur divertissement » comme le soulignent ses réalisateurs ou sert-il aussi de propagande en faveur du régime totalitaire de Pyongyang ?

    De notre envoyé spécial à Udine

    En quinze ans d’existence, c’est bien la première fois que le festival du cinéma populaire asiatique d’Udine, plus connu sous le nom de « Far East », présente à son public - en première européenne - un film nord-coréen. Son titre : Comrade Kim Goes Flying, que l’on pourrait traduire par « Camarade Kim prend son envol ».

    Autre rareté, l’œuvre a été réalisée par trois personnes : le Britannique Nicholas Bonner, la Belge Anja Daelemans, et le Nord-Coréen Kim Gwang-hun, un spécialiste des films militaires. Il s’agit ainsi d’une coproduction entre leurs trois pays respectifs, ce qui est inhabituel, là aussi. Certes, dans le passé il y a déjà eu des coproductions avec la Chine, alliée traditionnelle de la Corée du Nord, mais jamais avec des pays occidentaux, hormis le Japon.

    Comrade Kim Goes Flying a donc éveillé la curiosité des spectateurs, car ce n’est pas tous les jours que l’on peut voir des films nord-coréens. La caméra suit Kim Yong-mi, ouvrière modèle dans une mine de charbon. La jeune femme remplit sa tâche quotidienne avec tant d’enthousiasme et d’ardeur qu’elle se voit attribuer la médaille d’héroïne du travail (une décoration en cours également sous l’époque soviétique). Mais Kim Yong-mi ne veut pas rester gueule noire toute sa vie, elle caresse le rêve de devenir un jour... trapéziste professionnelle.

    Concrétiser son rêve

    Elle quitte alors sa province pour Pyongyang, la capitale, où elle est employée dans le bâtiment. Plus déterminée que jamais, elle parvient un jour à rencontrer son idole : la fameuse trapéziste Ri Su-yon. Celle-ci va alors l’encourager à persévérer, jusqu’à concrétiser son rêve. On réussit à force de ténacité, en croyant en ce que l’on fait, tel serait le message rassurant du film.

    « Au départ, ce devait être qu’un simple court métrage. Nous avons réécrit plusieurs fois le scénario et nous avons engagé de vrais acrobates du Cirque de Pyongyang pour les rôles principaux. Par exemple, la trapéziste professionnelle Han Jong-sim, qui incarne l’héroïne, n’avait aucune expérience dans le cinéma, explique le Britannique Nicholas Bonner, l’un des trois réalisateurs du film. Nous voulions juste tourner une fiction légère destinée au public nord-coréen mais qui soit aussi exportable ».

    « Distraire le spectateur »

    Sorti en salles en République populaire démocratique de Corée en fin décembre, « le film a pour seul but de distraire le spectateur. Il ne contient pas de scènes de guerre, pas de sang, pas de violence et pas de sexe non plus. Cinquante mille personnes déjà l’ont vu à Pyongyang », rappelle fièrement pour sa part la productrice nord-coréenne Ryom Mi-hwa.

    En dépit de ce succès national, la mayonnaise n’a pas pris ici à Udine où l’assistance a ri mais d’un rire plutôt moqueur, notamment en voyant l’héroïne afficher le même sourire niais du début à la fin. Est-ce dû à une différence de culture, sachant que l’humour diffère selon les latitudes ? Il semblerait en tout cas que les spectateurs ont applaudi plus pour les prouesses acrobatiques des acteurs que pour la qualité cinématographique de ce long métrage.

    Film de propagande ?

    Mis à part les amateurs de films de propagande, ceux qui ont vu plusieurs films nord-coréens les trouvent ennuyeux dans l’ensemble. Et Comrade Kim Goes Flying n’échappe malheureusement pas à ce triste constat, même s’il a été coproduit par des Britanniques et des Belges. Le projet a pourtant mis six ans avant d’aboutir. Six ans dont plus de trente-six mois consacrés à l’écriture du scénario, un an pour la pré-production et le tournage, vingt-quatre mois pour la post-production : un temps long pour un résultat peu convaincant. Mais un temps bien nécessaire aussi pour obtenir l’approbation des membres zélés de la commission de censure, dans un pays où l'industrie du cinéma est entièrement contrôlée par le pouvoir communiste de Pyongyang.

    Bien sûr, Comrade Kim Goes Flying ne vante pas ouvertement le régime dictatorial nord-coréen, mais il distille de manière quasi subliminale de la propagande en faveur de ce pays fermé. A coups de couleurs claires et de lumière un peu kitch, le film donne à voir des images (trop) lisses des protagonistes - tous sont solidaires, pleins de bons sentiments - et livre une belle carte postale de Pyongyang, ville à l'architecture stalinienne. Une cité moderne où il fait bon vivre alors qu'en réalité on sait qu’il est déconseillé aux Nord-Coréens de parler aux étrangers et que l'électricité y est coupée à certaines heures de la journée pour des raisons économiques, entre autres.

    « Pur divertissement »

    Comrade Kim Goes Flying est un film « apolitique », il relève du « pur divertissement », répète à l’envi le réalisateur Nicholas Bonner. Mais voilà, la politique y est omniprésente : tous les personnages arborent une épinglette à l’effigie de leur « cher » camarade président. Tous sont aussi prêts à retrousser leurs manches pour contribuer sans relâche au rayonnement de la nation. A cet égard, le film en rappelle un autre : le Journal d’une jeune Nord-Coréenne, sorti en France en décembre 2007, dans lequel une jeune fille en veut à son père, souvent absent de la maison parce qu’il travaille trop, avant de se rendre compte qu’il travaille si dur uniquement pour le bien de la patrie. Alors, propagande ou « pur divertissement » ?

     

    Lire aussi :
    - Les Nord-Coréens se détendent avec le festival de cinéma de Pyongyang, rfi, 21/9/2010
    - Le cinéma nord-coréen : un inconnu en Corée du Sud, rfi, 26/12/2007

     

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