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    L’achat massif de terres des pays pauvres par les pays riches mieux surveillé

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    Selon Land Matrix, les achats internationaux des terres dans les pays en développement se révèlent deux fois moins importants que ce qui était estimé jusqu’à présent. Cette base de données indépendante qui regroupe de nombreux chercheurs a ainsi enregistré un «réel ralentissement» du phénomène. Ce «néocolonialisme agraire», comme l’a qualifié le secrétaire général de la FAO Jacques Diouf, marque peut-être le pas.

    Les terres des pays pauvres sont très convoitées par les riches. Depuis plus d’une décennie, des investisseurs de pays riches se disputent les hectares disponibles dans le monde. Mais, encore récemment, il demeurait très difficile de mesurer l’ampleur de ces transactions. C’est maintenant chose faite grâce au travail mené depuis avril 2012 par Land Matrix, un projet indépendant qui regroupe les chercheurs de cinq grands instituts dans le monde parmi lesquels le Cirad français, le Giga allemand et la Coalition internationale pour l’accès à la terre. Quarante organisations non gouvernementales et groupes de recherche y sont associés également . 

    Qui, où, quoi, combien ?
     
    La base des données collectées par Land Matrix est donc parvenue récemment à déterminer que l’ensemble des transactions réalisées est finalement deux fois moins important que suspecté en 2012. Selon cette nouvelle estimation, ce sont 32,3 millions d’hectares qui ont changé de propriétaire contre 83,2 millions d’hectares estimés en 2012. Ces chiffres qui ne concernent que les cessions à grande échelle représentent 756 accords ou contrats, soit près de 500 de moins que lors de la première évaluation.
     
    Un des chercheurs qui contribue à ce travail de collecte explique que la différence importante est due au fait que la version initiale ne parvenait pas à séparer les transactions en projet de celles qui étaient conclues ou qui avaient échoué. Cet observatoire mondial sur les acquisitions foncières à grande échelle réussit maintenant à distinguer les différentes étapes de chaque opération de l’investissement, de l’annonce au projet signé ou éventuellement abandonné ou annulé.
     
    Encore plus précise, Land Matrix est aujourd’hui capable de suivre un projet pas à pas, de la négociation en passant par son objet (agricole, minier, touristique…) sans oublier la nature et l’origine géographique des investisseurs. On sait ainsi précisément de quels pays viennent les acheteurs, si ce sont des groupes agro-industriels ou des institutions financières comme les fonds de pension ou d’investissement. La crise alimentaire mondiale en 2008 a amplifié le phénomène d'accaparement des terres agricoles parce que des investisseurs voient les terres agricoles comme une valeur refuge.
     
    Fonctionnant selon le principe du partage de données ouvertes (crowdsourcing), Land Matrix est par conséquent en constante évolution. Ses contributeurs alimentent ce qui est la plus grande base de données en la matière au monde, en informations de première main. Ainsi, le cas d’un investissement de fermiers sud-africains au Congo-Brazzaville cité par Ward Anseeuw du Cirad : « On entendait parler de 10 millions d'hectares : en fait, la négociation a porté sur 200 000, la signature sur 80 000 ha et au final ils en ont reçu 50 000, mais seuls 5 000 ha sont réellement en culture ».
     
    Maîtriser sans faire fuir les investisseurs
     
    Cette opération en peau de chagrin n'exclut pas un ralentissement bien réel des achats de terres, explique Ward Anseeuw, interrogé par l’AFP. « La raison principale est le grand nombre de faillites de ces investissements, pour des raisons techniques ou de gouvernance », entourés de corruption et d'insécurité.
     
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    20 000 hectares de terre doivent être cédés à un investisseur italien.
    Le « néocolonialisme agraire », comme l’a qualifié le secrétaire général de la FAO Jacques Diouf, semble finalement plus compliqué à installer que ne l’avaient prévu ses promoteurs. En tout cas, certains pays ont pris conscience des risques et ont mis en place des administrations pour contrôler et faciliter les accords. L’idée étant de maîtriser les opérations sans faire fuir les investisseurs agricoles, comme le précise Ward Anseeuw.
     
    L’Afrique est de loin le continent qui attire le plus les acheteurs, loin devant l’Asie, l’Amérique latine et l’Océanie. Parmi les fonds d’investissement ou les fonds de pension, certains adoptent de nouvelles stratégies en choisissant de nouvelles formes de contrôle de la production agricole en signant des engagements contractuels, en fait des baux de 25 à 99 ans (contract farming). Les pays les plus riches ne sont plus épargnés par l’accaparement des terres : le Canada et l’Australie ont ainsi cédé de larges surfaces. Le Qatar a ainsi acheté 22 millions d’hectares en Australie. 

    En plein développement, Land Matrix peut devenir un outil important pour contrer le manque de transparence qui entoure encore les transactions foncières à grande échelle. « Le projet est en train de se transformer de base de données et de mesure en un instrument de promotion de la transparence, si possible dans chaque pays concerné », se félicite Ward Anseeuw. Et, afin de suivre au plus près la situation sur le terrain, Land Matrix prépare la création d’observatoires nationaux au Laos, au Cambodge, à Madagascar, en Tanzanie et au Pérou. 

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