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    Dépêche

    Ligue des champions: face au scandale, l'Etoile Rouge de Belgrade choisit le silence

    Par AFP
    media L'Etoile Rouge de Belgrade avant le match de Ligue des champions face au Paris-SG, au Parc des Prince, le 3 octobre 2018 AFP/Archives

    Deux communiqués, puis le silence est tombé sur le "Marakana", vétuste stade de l'Etoile Rouge de Belgrade: accusé d'avoir truqué son match de Ligue des champions contre le PSG, le club serbe se retranche dans le mutisme.

    Le déplacement mercredi à Anfield pour y affronter Liverpool, haut lieu de la C1, aurait dû être une fête, vingt-sept ans après le sacre de Bari en 1991, premier et ultime triomphe du football de l'ex-Yougoslavie. Mais il s'agira d'un match empoisonné par le soupçon pour ce géant du foot tombé dans l'anonymat depuis les guerres balkaniques des années 1990.

    Cela agace Predrag Saric, rédacteur en chef du quotidien sportif "Sportski zurnal": "Les Serbes sont les coupables idéaux. Personne n'a encore lu que l'enquête avait effectivement commencé qu'ils sont déjà condamnés!". Et de s'étonner sur la chaîne publique RTS "qu'avec les technologies modernes, tout n'ait pas encore été éclairci".

    Quand le retour sur la scène européenne avait été acté lors des tours préliminaires, les "Delije" ("Les Braves"), les supporters de l'Etoile Rouge, avaient envahi le terrain du Red Bull Salzbourg. Depuis, un nul honorable face à Naples (0-0) a maintenu l'enthousiasme, à peine entamé ensuite par la déroute sur le terrain du Paris SG (6-1).

    Sauf que cette défaite est entachée d'un soupçon susceptible, s'il était avéré, d'entraîner une longue suspension. A en croire un informateur anonyme, un responsable du club aurait parié cinq millions d'euros sur une défaite de son équipe par cinq buts d'écart, comme l'a révélé le quotidien L'Equipe.

    Cette accusation a entraîné l'ouverture à Paris d'une enquête judiciaire qui en est au stade des vérifications préliminaires.

    - Le club "dégoûté" -

    Après deux communiqués exigeant une enquête rapide pour être "blanchi", le club, "dégoûté", a brandi la menace d'une plainte en diffamation en France puis a choisi la stratégie du silence, se contentant du soutien du président serbe Aleksandar Vucic, venu à la rescousse de l'équipe dont il est supporter.

    Le président d'honneur du club et légende du football yougoslave, Dragan Dzajic, ne répond plus au téléphone portable. Le directeur général Zvezdan Terzic explique lui que le club a choisi de ne pas communiquer sur le sujet.

    "Je ne commenterai pas les écrits des médias, je peux dire qu'ils n'affectent pas l'équipe", a dit l'entraîneur Vladan Milojevic. "Les joueurs et moi même sommes concentrés sur les compétitions en cours", a-t-il insisté.

    Consultant sportif, Mihajlo Todic doute qu'un bookmaker ait pu accepter un pari de cinq millions d'euros sur ce qui est à ses yeux "une évidence", à savoir que l'Etoile Rouge est incomparablement plus faible que le PSG.

    "Le pied gauche de Neymar (ndlr: un droitier) vaut plus que toute l'équipe de l'Etoile Rouge", dit Dragan Nikolic, 42 ans, supporter.

    - "Chose courante" -

    Certes, "la certitude sur l'innocence de tous (...) n'est pas entière", mais "un trucage aurait nécessité la participation du PSG", extrapole Mihajlo Todic.

    L'hebdomadaire indépendant Vreme est plus prudent. "Les match truqués, le blanchiment d'argent sonnent comme une chose courante en Serbie" et la fameuse "évidence" sur la différence de niveau est "ébranlée par les écrits de l'Equipe".

    Le football serbe en général, et ses deux géants en particulier, le Partizan et l'Etoile Rouge, sont accompagnés d'une réputation sulfureuse.

    Après avoir fourni des troupes aux groupes paramilitaires dans les années 1990, leurs supporters "Ultras" sont régulièrement impliqués dans des règlements de compte et ont souvent maille à partir avec la justice.

    La structure des clubs, officiellement propriétés publiques, reste mystérieuse. Personne ne sait vraiment qui les contrôle. L'Etoile Rouge a longtemps été plombée par une dette importante, mais celle-ci a été "amenée à 13 millions d’euros, ce qui veut dire que nous avons remboursé 41 millions d'euros", a déclaré en septembre le patron Zvezdan Terzic.

    Elu directeur-général en 2014, il est lui-même une figure controversée. Soupçonné de malversations sur des transferts douteux quand il dirigeait un autre club de la capitale, l'OFK Beograd, cet ex-président de la fédération avait fui le pays en 2008 avant de se livrer en 2010. Le procès n’a toujours pas eu lieu.

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