Tiananmen: des images inédites des derniers jours de la contestation

En avril et mai 1989, jusqu'à un million de personnes ont manifesté quotidiennement sur la place Tiananmen de Pékin et dans ses environs. Ici, des journalistes du «People's Daily».

«Théâtre de marionnettes»: une tortue symbolisant le leader chinois Deng Xiaoping tient une marionnette symbolisant Li Peng, le Premier ministre, en référence à la dénonciation par les autorités du mouvement étudiant comme un «chaos».

Des étudiants utilisent des machines à pochoirs pour faire leurs brochures.

Les pamphlets sont ensuite distribués sur la place.

Les actions sont planifiées dans un «centre de commandement», ici à l'aide d'une machine à écrire chinoise pour imprimer des poèmes, des idées et des déclarations.

Des leaders étudiants discutent de la stratégie pour l'occupation de Tiananmen: Résistance pacifique ? Dialogue ? Violence ? Quand les rumeurs sur l'armée entourant Pékin ont commencé, les discussions sont devenues plus simples: rester ou partir?

Des centaines de journalistes sont venus à Pékin pour couvrir la visite du dirigeant soviétique Michael Gorbatchev du 15 au 18 mai 1989, la première depuis les années 1950. Mais ils sont restés après son départ pour surveiller le mouvement étudiant.

Les conditions sur la place deviennent de plus en plus sordides et les étudiants commencent à souffrir de fatigue mais ils refusent d'abandonner.

Des soldats se sont positionnés autour des entrées de la gare de Pékin pour empêcher les gens d'entrer dans la ville pour se joindre aux manifestations.

Des étudiants de l'école des Beaux-Arts de Pékin construisent une gigantesque "Déesse de la démocratie" et la placent juste en face du portrait de Mao Zedong sur la Porte de la paix céleste. Les dirigeants chinois n'ont pas bien pris la décision.

Les rumeurs de l'armée entourant Pékin se multiplient. Des hélicoptères "Marshal Law" font pleuvoir des tracts avec des avertissements aux étudiants pour qu'ils quittent la place. Beaucoup ne savent pas quoi faire.

Fin mai, le moral est soudainement remonté, attirant de nombreuses personnes sur la place Tiananmen (vue de dessous de la porte de la Paix céleste de la Cité interdite).

Nous sommes le 1er juin 1989. Le calme avant la tempête.

Les gens commencent à se rassembler en attendant que l'armée entre. Ici, le pont Liuli, un des points d'entrée stratégiques de la capitale chinoise.

Le 4 juin 1989, des chars de l'Armée populaire de libération envahissent les rues de Pékin.

Le 5 juin 1989, un char d'assaut sillonne l'artère principale de Pékin, l'avenue Chang'an, poussant les gens à fuir dans les rues secondaires.

Un char circule à travers les carcasses brûlées des bus publics, installées là par le peuple pour bloquer l'avancée de l'armée.

Des gens repoussent un bus qui a été poussé sur le côté par un char d'assaut dans l'espoir de rétablir le blocus, près de l'avenue Dong Dan, à Pékin, le 5 juin 1989.

De loin, les gens observent les lignes de soldats et de chars d'assaut qui entourent la place Tiananmen. L'armée ne partira que six mois plus tard, lorsque la loi martiale sera levée. 6 juin 1989.