Le logement social au Venezuela, un trou noir pour des milliards de dollars

Ciudad Caribia est une ville entièrement construite pour fournir des logements sociaux aux Vénézuéliens à faibles revenus. Située à 20 km de Caracas, elle a été fondée en 2006 par Hugo Chávez.10 000 Vénézuéliens y vivent selon le recensement de 2014.

Un bus se dirige vers Ciudad Caribia. Sept bus, sur un total de 16 disponibles, peuvent faire les 20 km qui séparent la ville de Caracas, où la plupart des gens travaillent, isolant les gens qui se trouvent dans les collines.

Un homme répare sa moto dans les collines de Ciudad Caribia, entouré de brouillard. Les pièces de rechange coûtent des dizaines de dollars et le salaire minimum est d’à peine 7 dollars.

Avec un salaire minimum de 7 dollars, la plupart des habitants sont obligés de chercher d’autres emplois pour survivre. Un jeune homme vend des bananes sur les hauteurs de Ciudad Caribia, entouré de brouillard.

Comme dans beaucoup d'endroits au Venezuela, à Ciudad Caribia les habitants ne reçoivent de l'eau que trois jours par semaine, l'après-midi.

À Ciudad Caribia, « On ne parle pas mal de Chavez », prévient une affiche. « Par contre de Maduro, oui », dit un habitant en riant. Une fille court devant un buste d'Hugo Chavez.

Le futur lycée de Ciudad Caribia est maintenant un bâtiment abandonné faute de financement.

Le centre médical fonctionne, mais l’ambulance est hors service. En cas d’accouchement ou d’autres urgences, les habitants de Ciudad Caribia doivent se rendre à l’hôpital le plus proche, à 30 minutes en voiture.

Les rayons du seul supermarché sont vides. Les habitants reçoivent une aide alimentaire de l'État

Roxana vivait dans un bidonville à la périphérie de Caracas. Elle a dû quitter son logement car les bâtiments de Misión Vivienda étaient dans un état déplorable, certains glissaient lentement vers le bas de la colline, d’autres se sont effondrés.

Angie, une jeune fille de l'une des rares familles qui vivent encore dans un immeuble en ruine, regarde une grande fissure dans le mur de son appartement dans un complexe de logements sociaux détériorés, sur les hauteurs de Petare.

«Vous avez pris l'avion pour venir ici pour voir ça ?» dit l'une des filles. « Ils vont nous sortir d'ici morts ». Certaines familles attendent depuis trois ans d'être réinstallées.

Les vols et les agressions sont monnaie courante. « Après six heures du soir, nous nous enfermons dans les maisons », dit un résident. « Même si vous les appelez, la police ne vient jamais ».

Les enfants jouent entourés d'odeurs nauséabondes parce que les égouts se sont brisés et que leurs eaux traversent les bâtiments. Caracas, le 10 mai 2019.

Le gouvernement a construit huit complexes. Deux ont déjà été démolis, un a été évacué et les cinq autres se sont détériorés. Caracas, le 10 mai 2019.