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Article publié le : lundi 06 septembre 2010 - Dernière modification le : mardi 07 septembre 2010

La gouvernance économique de l’Union européenne prend forme

Christine Lagarde (D), ministre des Finances et son homologue belge Didier Reynders, à l'ouverture de la réunion à Bruxelles de l'«Ecofin», le 7 septembre 2010.
Christine Lagarde (D), ministre des Finances et son homologue belge Didier Reynders, à l'ouverture de la réunion à Bruxelles de l'«Ecofin», le 7 septembre 2010.
REUTERS/Thierry Roge

Par Myriam Berber

Un conseil des ministres des Finances des 27 pays de l’Union européenne se tient lundi et mardi à Bruxelles. Au cœur des travaux de cet « Ecofin », la réforme de la gouvernance économique et la création d’une taxe bancaire européenne.

Malgré quelques signes d’embellie du côté de l’Allemagne, les incertitudes sur les situations budgétaires de certains pays européens, ont repris le dessus. Cette fois-ci, c’est l’Irlande et la Hongrie qui sont en première ligne. Dublin a multiplié les initiatives pour réduire son train de vie. Résultat, son déficit budgétaire est passé de 18 milliards d’euros il y a un an à 12 milliards d’euro aujourd’hui, soit une baisse de plus d’un tiers en un an. Une politique de gestion des finances publiques saluée par le Fonds monétaire international.

En revanche, pour la Hongrie qui a refusé l’intervention du FMI en juillet, le spectre de la récession continue de planer. La semaine dernière, le ministre hongrois de l’Economie, Gyorgy Matolcsy, a de nouveau exclu de renégocier avec le FMI mais il a promis des réformes profondes en 2011 et en 2012. Il a rappelé que son pays avait épuisé ses marges de manœuvre en matière de relance budgétaire. Autant de raisons pour les dirigeants européens de rester vigilants.

Coordination budgétaire

La maîtrise des déficits publics sera au cœur des discussions de ce Conseil Ecofin de rentrée. Les Vingt-Sept vont adopter, cette semaine, plusieurs décisions importantes pour prévenir les crises budgétaires. La première devrait contraindre les pays à respecter les règles sur la maîtrise des déficits publics, via un « semestre européen ».

C’est sous l’impulsion du nouveau président permanent du Conseil, Herman Van Rompuy et de « sa task force » sur la gouvernance, que les Vingt-Sept vont adopter, mardi, ce «semestre européen », consistant à présenter à Bruxelles les projets de budgets nationaux, a priori entre le 15 et le 30 avril de chaque année, c’est-à-dire avant le vote par leurs Parlements nationaux. Les autres pays pourront ainsi tirer la sonnette d’alarme si les prévisions violent le Pacte de stabilité et de croissance.

Une taxe bancaire

Autre sujet important de cette réunion : la création d’une taxe bancaire et d’une taxe sur les transactions financières. Soutenue par le FMI et la Commission européenne, la taxe bancaire devrait, à l’avenir, éviter aux Etats de se porter garant pour sauver les banques de la faillite. Cette première mesure fait l’objet d’un consensus entre les dirigeants européens, mais des discussions sont nécessaires afin d’en arrêter les modalités.

Celle des transactions financières est, en revanche, plus problématique. Les Européens veulent une décision internationale en ce sens au G20, avant de l’adopter. Parmi les défenseurs de ce projet, on retrouve la France et l’Allemagne, en revanche, les Etats-Unis, le Canada et la Chine sont très réticents à l’idée d’une imposition sur les transactions financières.

Les ministres des Finances des 27 de l’UE devraient également entériner l’accord intervenu la semaine dernière avec le Parlement européen sur la supervision financière. L’Europe va désormais disposer d’autorités intégrées pour contrôler les activités des banques, des assurances et des marchés. Ces autorités de supervision seront opérationnelles à partir du 1er janvier 2011 et seront dotées, dans certains cas, d'un pouvoir direct de supervision, qui pourra être étendu avec le temps.

tags: Union Européenne
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