Corée du Sud / Sommet G20 - 
Article publié le : jeudi 11 novembre 2010 - Dernière modification le : vendredi 12 novembre 2010

G20 : déséquilibres économiques et réformes nécessaires

Le président américain Barack Obama et le président chinois Hu Jintao, à Séoul, le 11 novembre 2010.
Le président américain Barack Obama et le président chinois Hu Jintao, à Séoul, le 11 novembre 2010.
REUTERS/Jim Young

Par Patricia Lecompte

Les pays membres du G20 se réunissent, à partir de ce jeudi 11 novembre et pour 2 jours, à Séoul en Corée du Sud. A l'ordre du jour : les déséquilibres financiers, monétaires et commerciaux. Le débat risque d'être animé car il y a une semaine, la FED, (la Banque centrale des Etats-Unis) a décidé d'injecter 600 milliards de dollars (423 milliards d'euros) sur les marchés financiers. Une décision mal perçue par les autres membres du G20, notamment l'Europe et les pays émergents. Vingt chefs d'Etat se retrouvent donc en Corée du sud pour tenter de résorber les déséquilibres économiques mondiaux.

Ces 20 pays ne sont pas des moindres car ils représentent 90% du produit intérieur brut mondial. Le G20 rassemble les pays les plus industrialisés ainsi qu'une douzaine de pays émergents. Le FMI (Fonds monétaire international) et la Banque mondiale sont également présents à la table des discussions. C'est la cinquième fois depuis 2008 que le G20 se réunit.

Jean Paul Pollin, professeur d'économie à l'université d'Orléans, considère qu'il y a 3 thèmes principaux. « Il y a d’abord un problème de gouvernance du Fonds monétaire international. Une gouvernance générale pour essayer de faire en sorte que les pays émergents aient une place plus grande dans les  décisions économiques internationales. Le deuxième enjeu  est celui de la régulation financière, certains progrès ont été faits du côté de la régulation des banques (encore qu’il faille la mettre en application). Le troisième enjeu, c’est celui des déséquilibres de balances commerciales. Il y a donc beaucoup à faire pour rapprocher les points de vue.»

EN IMAGES : La manifestation anti-G20 à Séoul
Entre 3500 et 10 000 personnes sont présentes pour protester contre le G20.
RFI / Eva John
Séoul, jeudi, 13h. En haut des marches, devant la gare centrale de la capitale sud-coréenne, les policiers observent les manifestants rassemblés contre le G20.
RFI / Eva John
« Nous ne paierons pas pour la crise ». « Le capitalisme est un échec ». « Stop à la répression des droits de l'Homme ». Trois slogans répétés en boucle tout au long de l'après-midi.
RFI / Eva John
Jeong Sung-il, membre du syndicat sud-coréen des ouvriers de la métallurgie. Il travaille pour le constructeur automobile Hyundai. Pour lui, le traité de libre-échange entre Washington et Séoul est une menace pour le secteur de l'automobile en Corée du Sud
RFI / Eva John
Le projet de réaménagement des quatre plus grands fleuves du pays est l'un des projets les plus critiqués de l'administration du président Lee Myung-bak.
RFI / Eva John
La foule se lève pour applaudir le discours d'une représentante du Parti libéral progressiste, petite formation d'opposition.
RFI / Eva John
La manifestation continue au son des « buk », tambours traditionnels de Corée du Sud.
RFI / Eva John
Un message de soutien est adressé à Kim Jun-il, syndicaliste sud-coréen qui s'est immolé par le feu le 30 octobre dernier pour dénoncer la politique du gouvernement. Il est actuellement dans un état critique.
RFI / Eva John
Lee Taeg-ho est membre du syndicat sud-coréen des ouvriers de la métallurgie. Quand le groupe français Valeo a racheté l'usine sud-coréenne de compresseurs, en province, il a perdu son emploi.
RFI / Eva John
« L'être humain passe avant tout »
RFI / Eva John
    Manifestation d'opposition au G20 à Séoul

    Plusieurs milliers de représentants de la société civile et des syndicats sont venus crier leur colère...

     

    11/11/2010 par Frédéric Ojardias

    Plus de billets pour faire baisser le niveau de la devise

    Christian de Boissieu,

    Président du conseil d’Analyse économique, professeur à l’université Paris I la Sorbonne

    On s’installe dans la guerre des monnaies qui a été vraiment déclenchée il y a 10 jours quand la Réserve fédérale américaine a annoncé quelle allait injecter encore plus de liquidités dans le système…

     

    11/11/2010 par RFI

    Le climat de ce sommet a toute les raisons d'être tendu, car les grandes puissances économiques que sont la Chine et les Etats-Unis sont au bord d'une guerre des monnaies. Les Etats-Unis reprochent à la Chine de sous-évaluer sa monnaie, le Yuan, de 30 à 40%. C'est un taux très important qui lui confère des avantages de compétitivité qualifiés d’indus par les Etats-Unis qui, du coup, se livrent à un combat sans merci avec la Chine. Il faut dire que la Chine affiche une excellente santé économique, grâce à ses exportations massives, sa main d'œuvre bon marché et un système social inexistant. Ses atouts déstabilisent l'économie américaine et font gonfler son taux de chômage. Face au refus de Pékin de réévaluer sa monnaie, Washington a donc décidé de riposter en faisant marcher sa planche à billets. Les Etats-Unis vont injecter 600 milliards de dollars dans l'économie.

    Cette riposte permettra aux Américains d'augmenter leurs exportations, en abaissant le coût, mais aussi d'affaiblir les réserves financières de la Chine qui possède beaucoup de dollars. Mais cette guerre que Washington déclare à Pékin fait aussi des dégâts collatéraux comme le constate Gunther Capelle Blancard, directeur adjoint du CEPII, le Centre d'études prospectives et d’informations internationales: « Les victimes collatérales sont les pays émergents et l’Europe puisque, dans les deux cas, ces pays observent une appréciation de leur monnaie qui pénalise leurs exportations. C’est vrai en Europe, surtout en France, moins en Allemagne. C’est vrai pour les pays émergents, comme le Brésil qui voit sa monnaie, le real, s’apprécier et donc le Brésil devient moins concurrentiel sur le marché international, notamment par rapport à la Chine.»

    La venue de 120 dirigeants de grands groupes et PME à Séoul
     
    11/11/2010
    par Mounia Daoudi
     
     


     

    A lire également

    L'aide au développement pour les pays les plus pauvres sera pour la première fois évoquée
     
    Ordre et parité entre les monnaies sont donc nécessaires mais les protagonistes éprouvent d’énormes difficultés à les mettre en place. Les Américains souhaiteraient une entente pour que les déséquilibres de balances commerciales, (déséquilibre entre importation et exportation) se réduisent. Son secrétaire au Trésor, Timothy Geitner a proposé que les pays qui ont un excédent supérieur à 4% le réduisent et que les pays déficitaires au delà de 4% essayent de le limiter. Proposition mal perçue par les grandes puissances exportatrices et les pays émergents. Timothy Geitner s'est donc rétracté sur le chiffrage et propose d'en garder juste le principe.
     
    Pour l'ONG Oxfam France, si le G20 s'ouvre aux questions de développement, il doit aussi réserver un quota de sièges permanents et de plein droit à l'Union africaine et aux instances d'Asie et d'Amérique latine. Ces pays pourraient ainsi participer aux réunions préparatoires du G20. « On attend que ne soient pas répétées les erreurs du G8 : c'est-à-dire des engagements généraux, une vision uniquement basée sur l’aide publique au développement, presque de la charité, et surtout très peu de suivi. On attend une vision exhaustive du développement qui permette de parler d’écodéveloppement, mais également de commerce, d’évasion fiscale, d’accaparement des terres, d’infrastructures et puis bien évidemment qu’on ait les principaux pays concernés autour de la table et notamment les pays les plus pauvres », a insisté Sébastien Fourmy, porte-parole d'Oxfam France. Il faudra encore probablement des mois pour parvenir à un accord sur la limitation des déséquilibres économiques mondiaux.

     

    tags: Commerce et Echanges - Corée du Sud - Crise économique
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