Islande - 
Article publié le : vendredi 08 avril 2011 - Dernière modification le : dimanche 10 avril 2011

Référendum Icesave: et de deux!

Lors d'un premier référendum en mars 2010, 93% des Islandais ont dit «non» à la première mouture de l'accord pour sauver Icesave.
Lors d'un premier référendum en mars 2010, 93% des Islandais ont dit «non» à la première mouture de l'accord pour sauver Icesave.
AFP/Halldor Kolbeins

Par Myriam Berber

Les Islandais se prononcent, samedi 9 avril 2011, par référendum sur l’accord signé avec Londres et Amsterdam pour rembourser la faillite de la banque Icesave. Un premier accord avait été rejeté.

Selon les derniers sondages, le « non » à l’accord Icesave l’emporterait avec 54,8% des votes au référendum de samedi. Le « oui » jusqu’alors majoritaire selon les précédents sondages, ne recueillerait que 45,2%. Les partisans du « non » mettent en garde contre cet accord qui représente, selon eux, « une charge incroyable pour les Islandais », rappelant qu’il n’y a pas « d’obligation légale pour les Islandais d’assumer les pertes d’une banque privée ». Pour le camp du « oui » soutenu par la coalition de centre gauche qui gère le pays depuis la crise de 2008, ce texte limite les coûts et les risques pour l’Islande.

Cet accord prévoit le remboursement par Reykjavik de 3,9 milliards d’euros à Londres et à Amsterdam qui ont dû indemniser quelque 340 000 épargnants après la faillite de la banque en ligne islandaise Icesave, en octobre 2008. Il permet à l’Islande d’étaler ses paiements jusqu’en 2046 à un taux de 3% pour le 1,3 milliard d’euros du à La Haye et de 3,3% pour les 2,6 milliards dus à Londres. Pour les citoyens islandais, l’accord représente près de 12 200 euros par habitant, sans les intérêts. Le gouvernement islandais espère rembourser une large partie avec des actifs de la banque Landsbank, maison mère d’Icesave, ce qui pourrait réduire la facture.

Une île à la faillite

Une première mouture de l’accord, moins favorable pour l’Islande, avait déjà été massivement rejetée par les Islandais avec 93% de « non » lors d’un référendum il y a un an. Durement touché par la crise financière, les Islandais avaient, en effet, refusé en mars 2010 d’assumer les dettes de Icesave.

A l’origine de cette affaire, il y a la quasi-faillite de l’Islande. A l’automne 2008, l’aggravation de la crise financière met les banques islandaises dans l’impossibilité de refinancer leurs dettes en devises. La faillite des grandes banques du pays, Gilnir, Landsbanki et Kaupthing, ne laisse d’autre choix au gouvernement que de les nationaliser. Des centaines de milliers de clients britanniques, et néerlandais qui avaient placé leur épargne sur Icesave, une banque en ligne, filiale des banques islandaises Landsbanki et Kaupthing, voient leurs économies disparaitre. Ils ont été, en partie, indemnisés par leurs propres Etats qui, depuis, se sont retournés contre l’Islande pour demander réparation.

Le veto du président Olafur Grimsson

Après des mois de tensions, le Parlement de Reykjavik vote une loi qui prévoit de rembourser Londres et Amsterdam. Mais le président Olafur Ragnar Grimsson, s'appuyant sur les pétitions de dizaines de milliers de signataires, refuse de promulguer la loi Icesave, et exige une consultation directe par référendum.

Ce second référendum sur Icesave arrive au moment où l'Islande commence à sortir du marasme. Le pays a réussi à assainir son secteur financier après avoir nationalisé ses principales banques. Le taux d'inflation est désormais sous la barre des 2,5%. La dette des ménages a été renégociée et échelonnée. Le chômage est stabilisé à près de 9% et la croissance est de retour depuis la fin 2010.

tags: Crise économique - Islande - Pays-Bas - Royaume-Uni - Union Européenne
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