GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mardi 18 Septembre
Mercredi 19 Septembre
Jeudi 20 Septembre
Vendredi 21 Septembre
Aujourd'hui
Dimanche 23 Septembre
Lundi 24 Septembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Economie

    Dagong, l’agence de notation chinoise boudée par les Occidentaux

    media Guan Jianzhong, le PDG de Dagong Global Credit Rating, en 2010. AFP PHOTO / DANONG

    Standard and Poor’s a dégradé, vendredi 13 janvier, la note de la dette souveraine française. Paris a perdu sont AAA. Pourtant, pour l’agence de notation chinoise Dagong, l’excellence française en matière de finance publique est déjà un lointain souvenir. Derrière les trois « historiques » que sont Moody’s, Fitch Ratings et Standard and Poor’s, la petite dernière assume un regard singulier et souhaite ardemment faire bouger les lignes au sein de la finance mondiale dominée par la vision occidentale.

    A regarder le carnet de notes rempli par Dagong, on croirait ne pas avoir affaire à la même classe. Les élèves sont pourtant les mêmes. Pas les têtes de Turcs. La France ? Seulement un petit A+. La Chine ? C’est bien mieux : AA+. Les Etats-Unis ? A. Tout juste.

    Dagong Global Credit Rating, apparu en Chine en 1994, a ainsi fait son entrée dans le club très fermé des agences de notation des dettes souveraines en juillet 2010, avec un rapport explosif sur une cinquantaine de pays. Là où Moody’s ou Fitch Ratings gratifiaient de la meilleure note possible les Etats moteurs de la zone euro, leur homologue chinois y trouvait à redire. Pour Dagong, par exemple, Paris n’a jamais perdu son AAA… puisqu’elle ne l’a jamais obtenu. Et son président, Guan Jianzhong, de tirer à cette même époque une salve de critiques à l’endroit de ses concurrents dans le Financial Times, pour remettre en cause leur indépendance vis-à-vis de leurs clients : « La crise financière a eu lieu parce que les agences de notation n’ont pas reflété correctement les risques ».

    cliquez pour agrandir
    L'Europe selon Dagong, au 7 décembre 2011. Sébastien/Wikimedia Commons/CC

    De fait, Dagong a bénéficié de la crise financière de 2008, et du discrédit jeté sur l’évaluation de nombreux actifs toxiques par les agences historiques. Mais son arrivée fut accueillie avec incrédulité par les acteurs du monde de la finance. Au moment où la Chine s’immisçait dans les économies européennes en difficulté, et s’opposait frontalement aux Etats-Unis sur la question de leur dette, les évaluations de Dagong, si elles ont attiré l’attention, ne lui ont pas apporté plus de crédit. « Dagong est perçue comme une agence sous influence politique », confirme Norbert Gaillard, consultant pour la Banque mondiale et auteur de l’ouvrage Les agences de notation (La Découverte). Ce spécialiste rappelle ainsi qu’en octobre 2010, la Security and Exchange Commission (SEC), l’organe de contrôle et de régulation des marchés financiers américains, lui a refusé son accréditation. Une décision qualifiée de « discriminatoire » par Guan Jianzhong, qui y a vu la volonté de Washington de garantir le monopole des « Trois » sur la marché de la notation internationale. Mais paradoxalement, le patron de Dagong a aussi avancé l’argument du droit de regard sur les investissements chinois aux Etats-Unis, ce qui donne à cette affaire un caractère autrement plus politique.

    Culture de l’opacité

    Il est vrai cependant que Dagong n’excelle pas dans la transparence. Hormis les déclarations tonitruantes de son PDG, et les notes assassines adressées aux pays développés, peu de choses sortent des murs de son siège, situé à Pékin. La société revendique 500 salariés, répartis dans 34 succursales éparpillées sur le sol chinois. En 2010, la société annonçait néanmoins, ambitieuse, l’embauche de 1000 employés sur deux ans.

    Mais a-t-elle au moins l’oreille attentive de son propre pays, premier créancier au monde ? Rien n’est moins sûr. Ou du moins, Pékin utilise encore les indicateurs occidentaux pour faire valoir son droit de regard sur les économies qu’elle soutient : début août 2011, Dagong dégrade la note américaine, sans trop de remous. Quelques jours plus tard, Standard and Poor’s fait de même et retire son AAA à Washington. Les autorités chinoises se déchaînent. La Chine possède toujours près de 8% de la dette américaine.

    Dagong est apparu sur la scène internationale en juillet 2010. Photo: peopledaily.com.cn

    L’agence des pays émergents

    La méthode de calcul est au centre des interrogations. « Dagong surpondère les critères de dette publique et de croissance du PIB, c'est pourquoi elle note très bien les grands pays émergents, les BRIC - Brésil, Russie, Inde et Chine - ainsi que l'Arabie Saoudite, qui se sont désendettés au cours des années 2000 grâce à une forte croissance économique, explique Norbert Gaillard. En revanche, elle est beaucoup plus sévère à l'égard des pays industrialisés qui ont des ratings bien plus bas ». Lorsqu’elle dégrade la note française (de AA- à A+), au début du mois de décembre dernier, Dagong justifie sa décision par la perte de compétitivité internationale de l’économie française, en tablant sur une croissance très faible.

    Mais alors, en dépit des soupçons de partialité qui pèsent sur elle, Dagong est-elle néanmoins dans le vrai ? Pour l’économiste Patrick Artus, directeur de la Recherche et des Etudes économiques chez Natixis et professeur à l’Ecole polytechnique, la méthode de calcul de Dagong n’est pas à railler. Dans une note rédigée en juin 2011, il conclut ainsi que les valeurs attribuées par l’agence chinoise à six pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Belgique, Italie et Espagne) sont plus proches de la réalité que celles de Moody’s, Fitch Ratings et Standard and Poor’s. Et de fait, si les notes ne sont pas les mêmes, plusieurs dégradations opérées par Dagong ont été imitées peu de temps après par ses concurrentes.

    Chronologie et chiffres clés
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.