MegaUpload - 
Article publié le : jeudi 09 février 2012 - Dernière modification le : mercredi 28 mars 2012

MegaUpload fermé, et après ?

P. Diddy était l'un des nombreux artistes qui avaient participé à la campagne de promotion de MegaUpload.
P. Diddy était l'un des nombreux artistes qui avaient participé à la campagne de promotion de MegaUpload.
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Par Thomas Bourdeau

C’est avec fracas que le site MegaUpload a été fermé par le FBI et le ministère de la Justice américain, le 20 janvier dernier. Depuis, d’autres plateformes de téléchargement ont choisi de faire profil bas. Il semblerait que ce soit du côté de l’offre légale que les internautes se tournent plus volontiers. Changement temporaire ou permanent ?

Le site MegaUpload, fermé par la justice américaine pour violation des droits d’auteurs, était la « star » des sites de téléchargement et de streaming à travers le monde. Il se vantait d’ailleurs de représenter à lui seul 4% du web et de rassembler chaque jour 50 millions d’utilisateurs. Basé à Hong Kong, avec différentes déclinaisons comme MegaVideo, il proposait d’héberger des fichiers, gratuitement ou moyennant finance au-delà d’une certaine taille. Tous les types de fichiers étaient acceptés (musique, films, livres, logiciels) et librement téléchargeables une fois mis en ligne.

Le Tour du Net du 28 mars 2012

Le bâtonnier de Paris, Christiane Feral-Schuhl, spécialiste des nouvelles technologies et auteure de l'ouvrage "Cyberdroit, le droit à l'épreuve de l'internet".

Depuis l’arrivée d’internet, un nouveau domaine juridique a vu le jour… On parle de cyber-droit. C’est un droit entièrement consacré aux agissements sur internet. Le bâtonnier de Paris Christiane Féral-Schuhl nous explique ce nouveau domaine juridique.

 

28/03/2012 par Thomas Bourdeau

Grâce notamment à sa simplicité d’utilisation, MegaUpload était devenu le site le plus populaire de téléchargement ou streaming. Selon des chiffres fournis par Google en juillet 2011, il était le 91e site le plus visité au monde avec 34 millions de visiteurs uniques et 500 millions de pages vues (la 129e place revient à MegaVideo, avec 26 millions de visiteurs uniques et 300 millions de pages vues). En France, MegaUpload était en novembre 2011 le 77e site le plus consulté avec 4,57 millions de visiteurs uniques.
 
L’hyper-offre de l’illégal aurait-elle éclipsé celle légale ?
 
Après la fermeture de cette plateforme de téléchargement, les Français se seraient davantage tournés vers les offres légales et gratuites de rattrapage des chaînes françaises, dont le trafic a semble-t-il explosé.  « Il semble que les utilisateurs de MegaUpload sont venus voir les séries américaines sur nos offres gratuites et légales de TV replay. Depuis 15 jours, nous avons un trafic très important sur nos sites de TV replay », a déclaré lundi Nicolas de Tavernost, président du directoire du groupe M6 (M6, W9). « Cela a été visible tout de suite » après la fermeture du site, a-t-il ajouté. « L’hyper-offre de l’illégal a souvent éclipsé ces offres légales payantes », estime-t-on de même source. « Les gens se sont finalement rendu compte qu’ils pouvaient voir gratuitement des séries intéressantes grâce à ces offres légales », analyse M. Suquet. Patrick Suquet cofondateur de la plateforme tv-replay.fr
 
« Peut-être beaucoup des contenus chargés sur MegaUpload étaient parfaitement légaux »
 
Un optimisme tempéré toutefois : « La fermeture de MegaUpload, c’est juste un frein temporaire au piratage. Il y a déjà des successeurs à MegaUpload. Je suis assez sceptique », a de son côté déclaré Olivier Ruffin, fondateur de replay.fr, seconde plateforme française de télévision de rattrapage. Et dans le cas de MegaUpload, il ne faut pas tout mélanger. Ainsi, pour Corynne McSherry, responsable des questions de propriété intellectuelle à Electronic Frontier Foundation (EFF), un organisme de défense des droits des internautes, la fermeture de MegaUpload.com soulève des questions, notamment en matière de liberté d’expression. « Je crois qu’il n’y a aucun doute qu’au moins certains, peut-être beaucoup, des contenus chargés sur le site étaient parfaitement légaux », dit-elle. « Si j’étais un utilisateur de base et que cette opération m’avait fait perdre mes photos de vacances, je serais assez furieuse ». « D’une façon générale la saisie de sites par le gouvernement américain m’inquiète beaucoup, mais surtout pour ce qui est des dommages collatéraux subis par des gens normaux qui essaient juste de sauvegarder leur collection de CD », ajoute cette juriste.
 
Affaire à suivre…

 

tags: Internet - Justice internationale
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