France : le gouvernement relève le plafond du Livret A pour financer le logement social
A l’issue du Conseil des ministres de rentrée, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé parmi ses principales mesures économiques le relèvement de 25% du plafond du livret A, qui passe de 15 300 à 19 125 euros. L’argent de cette épargne est destiné à la construction de logements sociaux mais l’opposition et les banques formulent déjà des critiques. Le plafond du livret de développement durable (LDD) est pour sa part doublé.
Comme François Hollande l’avait promis durant la campagne présidentielle, le plafond du livret A va être augmenté, c’est l’une des mesures économiques annoncées par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à l’issue du premier Conseil des ministres de la rentrée qui s’est déroulé mercredi 22 août, à Matignon. Le candidat Hollande avait évoqué un doublement de ce plafond mais, pour le moment présent, il n’est question que d’une majoration de 25%, laquelle fera passer la somme maximum déposée sur un livret A de 15 300 à 19 125 euros, mesure effective à la mi-septembre. Pour compenser ce que certains qualifient déjà de demi-mesure, le gouvernement a par ailleurs décidé de doubler le plafond du livret de développement durable (ex-Codevi) qui passe, lui, de 6 000 à 12 000 euros.
Inquiétude des banques
Le livret A est un sujet à la fois sensible et symbolique car il constitue le placement préféré des Français et sert essentiellement à financer le logement social par le biais de la Caisse des dépôts. S’il rapporte peu à ses détenteurs (2,25 % annuels au taux actuel), il est considéré comme l’épargne la plus sûre et offre aussi l’avantage d’être exonéré de toute fiscalité. Ces caractéristiques valent aussi pour le livret de développement durable qui, en ce qui le concerne, a pour but de financer les PME et les entreprises innovantes, charge qui incombera à la Banque publique d’investissement que le gouvernement veut lancer cet automne.
Si le doublement du plafond promis durant la campagne électorale n’a pas été effectué d’un seul coup pour le livret A, c’est pour répondre à l’inquiétude des milieux financiers. Les principales banques françaises auraient en effet effectué un lobbying puissant ces dernières semaines afin de limiter les conséquences pour elles d’une telle mesure dont elles craignent qu’elle détourne le public de leurs produits financiers.
La plupart des établissements bancaires redoutent les flux massifs de capitaux en cette période de crise économique. Et ils estiment que ces mesures auront un impact négatif sur leur capacité à financer l’économie. Il faut savoir que si seulement 8,5% des 61,1 millions de livrets A répertoriés en 2011 par la Banque de France avaient un solde équivalent au plafond actuel de 15 300 euros, l’encours total des livrets A et des LDD représentait, fin juillet, 302 milliards d’euros selon la Caisse des dépôts, une somme colossale qui équivaut, peu ou prou, au montant de la dette grecque.
Nouveau relèvement fin 2012
Interrogé sur BFMTV et RMC, Jean-Marc Ayrault a affirmé que l’engagement du doublement du plafond du livret A serait tenu mais sur la durée. « Il faut faire en fonction des besoins, ce n’est pas difficile de monter en puissance », a-t-il affirmé. Prenant un ton plus politique, le Premier ministre a par ailleurs rappelé : « Le mandat du président de la République, c’est cinq ans, ce n’est pas cent jours ». Plus tard dans la journée, le ministre du Budget, Pierre Moscovici, a dévoilé son intention de procéder à un nouveau relèvement de 25% du plafond du livret A en fin d’année 2012, sachant que le gouvernement s’est fixé pour objectif de financer 150 000 logements sociaux par an.
Impatiente d’en découdre, l’opposition s’est montrée très critique à l’égard des mesures gouvernementales et en particulier envers le relèvement des plafonds. Le plus virulent a été Jean-Christophe Lagarde, le porte-parole du groupe centriste UDI à l'Assemblée. Dans un communiqué, celui qui est également député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) évoque une « décision démagogique » qui est « la première mauvaise nouvelle de la rentrée » et qui est « injuste socialement ». Selon lui, c'est la même logique qui a conduit à la crise financière aux Etats-Unis. « Cette première décision de rentrée est plus qu'une erreur », a-t-il conclu, « c'est une faute liée à une démarche populiste ».

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(1) Réaction
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"Le Livret A...Sert essentiellement à financer le logement social par le biais de la Caisse des dépôts".
Construire, construire, construire... plus d'une dizaine de batiments (studio a appartement) ont poussés tout autour de chez moi. Et a la télé, ils osent dire qu'ils n'ont toujours pas assez pour construire...
A quand un plan de rénovation/mise en conformité des logements sociaux datant de plus de 10 ans ?
Sa, se serait intelligent !