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Article publié le : lundi 17 septembre 2012 à 17:20 - Dernière modification le : lundi 17 septembre 2012 à 17:20

Les dérives des agences d’Etat françaises

Jean-Marc Ayrault devrait s’appuyer sur les 35 propositions formulées par le rapport pour préparer son budget.
Jean-Marc Ayrault devrait s’appuyer sur les 35 propositions formulées par le rapport pour préparer son budget.
REUTERS/Jacky Naegelen

Par Myriam Berber

Dans un rapport que publie aujourd’hui le quotidien Le Parisien, l’Inspection générale des Finances (IGF) dénonce l’inefficacité et les effectifs pléthoriques de certaines agences d’Etat, et surtout leur coût, cinquante milliards d’euros chaque année.

Ce document, sur les gaspillages de l’Etat, risque de faire grand bruit. Le rapport de l’IGF a recensé au total 1 244 agences aux missions variées. Des agences créées, selon le document, « de manière ponctuelle et sans cohérence d'ensemble ».

Ces établissements publics emploient près de 450 000 personnes et coûtent chaque année 50 milliards d’euros. Alors que l’Etat s’efforce de réduire son train de vie, ces agences ont vu leurs moyens financiers augmentés de 15% au cours des cinq dernières années.

Et si parmi ces agences, on trouve Pôle Emploi ou encore Météo France, dont l’utilité n’est plus à démontrer, il y a également des organismes aux contours beaucoup plus flous, comme par exemple « l’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur » ou bien encore le « Centre de liaisons européennes et internationales de la Sécurité sociale ».

De nombreux doublons

Il y a également de nombreux doublons. Le rapport de l’IGF cite « l’Anap, Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux, la HAS, Haute autorité de santé, et l’Anesm, Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux ». Ces trois organismes, chargés de faire des recommandations dans le secteur de la santé, ont été « créés pour une durée limitée mais qui perdurent », explique le rapport.

Un autre exemple est mis en exergue : celui de la BPI, la Bibliothèque publique d’information du centre d’art contemporain Beaubourg qui dispose de son budget propre, alors qu’elle pourrait être rattachée au musée.

Premières mesures avant la fin du mois

Commandée en août 2011 par Matignon, l’enquête de l’IGF a été achevée en mars 2012. Mais François Fillon avait renoncé à la rendre publique à quelques semaines de l’élection présidentielle. Le rapport aurait pu tomber aux oubliettes. En quête de 10 milliards d’euros d’économies, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault devrait s’appuyer sur les 35 propositions formulées par le rapport pour préparer son budget.

Pour alléger la dette de l’Etat, l'IGF propose de faire le ménage au plus vite. Il suggère, ainsi de piocher 2 milliards dans les budgets de ces agences. La réponse de Bercy ne devrait pas tarder. Les premières mesures seront annoncées. La première cagnotte dans le collimateur de l'Etat est celle du Centre national du cinéma, qui pourrait perdre 150 millions d'euros. Le gouvernement envisage également de rationnaliser leur fonctionnement, soit par la fusion de certaines missions, soit par leur suppression. 

tags: Finances - France
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