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Article publié le : mardi 17 septembre 2013 à 17:59 - Dernière modification le : mardi 17 septembre 2013 à 18:30

La dette française, une hémorragie difficile à juguler sans croissance

La Une du «Figaro» de ce mardi 17 septembre 2013.
La Une du «Figaro» de ce mardi 17 septembre 2013.

Par Dominique Baillard

La dette française explosera en 2014, titre ce mardi 17 septembre Le Figaro. D'après les calculs du quotidien conservateur, le taux d'endettement dépassera largement le seuil maximum promis à Bruxelles. Comment expliquer cet emballement alors que les Français paient de plus en plus d'impôt ?

Si la hausse des impôts est insuffisante pour juguler la dette, c'est parce que les dépenses publiques augmentent encore plus vite. En clair, on continue à vivre au-dessus de nos moyens. Chaque seconde qui passe, la dette française s'alourdit de 4 640 euros. A la fin de cette chronique, l'Etat français aura un million d'euros de dettes en plus. Rapporté à chaque habitant, cette ardoise virtuelle se montera à 30 000 euros l'année prochaine, d'après Le Figaro. Un chiffrage que Pierre Moscovici n'a pas démenti.

Au moins 2% de croissance pour stabiliser la dette

Pour endiguer cette dette, la rigueur ne suffit pas, il faut aussi de la vigueur dans l'économie. Car ce qui fait grimper les recettes fiscales, c'est par exemple le boum de la consommation qui se transforme en TVA dans les poches de l'Etat. L'impôt sur les entreprises, et surtout les cotisations pour financer la Sécurité sociale augmentent aussi quand l'activité rebondit. Il faut au moins 2% de croissance pour stabiliser l'endettement, et vous connaissez la réalité, il y a bien eu une petite embellie cet été en France, avec une reprise inattendue à 0,3%, mais on est très loin du compte.

Le régime minceur paye en Allemagne

La dette française devrait donc culminer en 2014, avant de commencer à décroître. En Allemagne, elle va commencer à baisser dès l'année prochaine. Le différentiel de croissance entre les deux pays explique en partie ce décalage. L'Allemagne récolte surtout les fruits de son régime minceur, auquel Paris vient de se convertir. C'est le grand virage du budget 2014 qui prévoit pour la première fois une baisse des dépenses de l'Etat, de 15 milliards d'euros. Bruxelles attend davantage de réformes et a désormais les moyens de faire pression sur Paris puisque le projet de budget sera examiné en novembre par la Commission.

Les investisseurs pourraient délaisser la dette française

Hormis le ralentissement de l'économie, le montant des remboursements risque d’alourdir la dette, et il varie en fonction des taux d'intérêts. La France a eu jusqu'à maintenant la main heureuse en se finançant sur les marchés à des taux toujours inférieurs à 3%. Mais cette situation favorable est précaire. D'abord parce que les investisseurs qui ont préféré la dette française ou allemande pourraient revenir vers d'autres pays de la zone euro où les perspectives s'améliorent. Ensuite parce que la parenthèse de l'argent bon marché amplement alimentée par l'assouplissement monétaire de la Fed est en train de se refermer. Si la Fed gère mal la sortie de cette politique de crise, le marché des obligations pourrait bien flamber, un facteur que ni Bruxelles ni Paris ne sont en mesure d'influer.

tags: Crise économique - Finances - France - Zone euro
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