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    Jour du dépassement: l'humanité vit de plus en plus à crédit

    media Les ressources de la Terre seront exploitées à 156% en 2014. REUTERS/Arben Celi

    Ce mardi 19 août 2014 marquait le Jour du dépassement, ce jour à partir duquel l’humanité consomme plus de ressources naturelles renouvelables que la terre peut fournir au cours d’une année. Depuis 1970, la date ne cesse de se rapprocher année après année sur le calendrier. Une donnée qui inquiète les ONG.

    Comme chaque année, mais de plus en plus tôt dans le calendrier, les ONG écologistes tirent la sonnette d’alarme face à la surexploitation galopante des ressources naturelles de la Terre. Depuis 2003, ce signal a un nom : le Jour du dépassement (Earth Overshoot Day, en anglais), ce moment de l’année où l’humanité a consommé plus que la Terre ne pouvait lui offrir en 365 jours. Calculée depuis le début des années 1970, cette date a été officialisée et standardisée par l’ONG américaine Global Footprint Network en 2003, laquelle utilise les mêmes moyens de calcul depuis onze ans pour mesurer l’épuisement des réserves naturelles renouvelables de la planète sur une année.

    Le basculement de 1970

    Et le résultat a de quoi inquiéter : ce mardi 19 août  a marqué le jour où l’humanité a épuisé son crédit pour l’année en cours, soit au 231e jour de 2014. C’est un jour de moins que l’an dernier mais déjà douze jours de moins qu’en 2010, année lors de laquelle le basculement dans la colonne débit n’avait eu lieu que le 31 août. Douze jours perdus en quatre ans ! A titre de comparaison, le Jour du dépassement avait eu lieu le 5 octobre en 2000, il y a seulement quatorze ans. Plus loin dans le passé, il avait été constaté le 15 octobre en 1990 et le 29 novembre en 1975, selon les chiffres communiqués par le Global Footprint Network.

    Le basculement a effectivement eu lieu en 1970, quand la population mondiale était pratiquement de moitié inférieure à celle d’aujourd’hui (3,7 milliards d’habitants contre près de 7,2 milliards en 2014) et où les besoins énergétiques étaient nettement moindres qu’à l’heure actuelle, même si des progrès sont faits chaque jour en faveur des économies d’énergie. « Aujourd’hui, 86 % de la population mondiale vit dans des pays qui demandent plus à la nature que ce que leurs propres écosystèmes peuvent renouveler », annonce cependant l’ONG WWF (World Wildlife Fund).

    Il faudra bientôt deux Terres pour subvenir aux besoins de l'humanité GettyImages

    « Il faut tenir compte des progrès technologiques qui permettent d’augmenter la bio-capacité de la Terre, mais ces progrès technologiques sont annulés par la croissance démographique qui reste assez forte », ajoute au téléphone Marion Delros, de WWF France. «  Donc, poursuit-elle, quand bien même la bio-capacité de la terre a crû grâce aux progrès technologiques, le fait que la démographie s’emballe annule les effets des efforts, déjà bien insuffisants,  entrepris en matière d’éco-responsabilité ».

    Selon le Global Footprint Network, il faudra sans doute, au rythme actuel, l’équivalent de « deux Terres » avant 2050 pour satisfaire la consommation mondiale, sachant que les ressources «d’une Terre et demie » sont déjà nécessaires aux besoins humains en 2014. Outre la date - très parlante - du Jour du dépassement, l’ONG américaine dresse également un bilan par pays. Calculé en hectare global par habitant, cet indice compare la quantité de ressources naturelles disponibles dans chaque pays et la consommation réelle de sa population.

    La France dans la moyenne

    Parmi les très mauvais élèves, le Japon arrive dans le peloton de tête avec un coefficient de 7,1. Cela signifie concrètement qu’il faudrait 7,1 Japons pour subvenir aux besoins annuels de la population nippone. C’est bien pire que les Etats-Unis (1,9) ou la Chine (2,5), souvent stigmatisés pour leur insatiable appétit en raison de leur taille et de leur démographie. La France se situe, pour sa part, pratiquement au même niveau que de la moyenne mondiale (1,6 contre 1,5) et elle fait bien mieux que ses voisins britanniques (3,5) ou italiens (4,0). « Les Etats-Unis et les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, ndlr) sont ceux qui, dans l’absolu, ont l’empreinte écologique la plus forte, l’Afrique du Sud exceptée pour les Brics. Mais par tête, ce sont des pays comme le Qatar, le Koweït ou encore le Japon que vous venez de citer qui ont l’impact le plus néfaste », précise Marion Delros.

    Alors que faire ? L’idéal serait bien entendu que tout le monde s’y mette, dans un grand élan collectif mais il ne semble pas que ce soit encore le chemin emprunté par l'humanité. « Il ne s’agit pas d’un retour à la bougie mais il y a des gestes assez simples, des "éco-gestes", que l’on peut faire au quotidien, que ce soit dans la manière dont on trie ses déchets, notre consommation de viande qu’il faut réduire, ce qui ne veut pas dire ne plus en manger du tout » souligne Marion Delros. « On peut aussi choisir des produits certifiés et gérés de manière durable. Le WWF promeut, par exemple, plusieurs certifications pour le soja, pour l’huile de palme, pour la pêche en mer, pour le bois » ajoute-telle. Les solutions ne manquent pas mais le temps presse. A compter de ce 19 août, l’humanité va en effet vivre à crédit pendant 134 jours, aux dépens des générations futures.

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