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    Economie

    France: les agriculteurs en colère

    media Selon la FNSEA, plus 35 000 agriculteurs ont manifesté dans les villes françaises ce mercredi 5 novembre. Ici à Strasbourg. REUTERS/Vincent Kessler

    Grande journée de mobilisation nationale pour les agriculteurs français, ce mercredi 5 novembre. Répondant à l’appel de la FNSEA, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, et des jeunes agriculteurs, ils protestent contre les contraintes administratives et environnementales et dénoncent les conséquences économiques de l’embargo contre la Russie.

    Des manifestations ont été prévues dans chaque département français. A Paris, 50 tonnes de pommes de terre ont été déversées place de la République et distribuées gratuitement aux passants. D’autres actions, comme le dépôt de fumier ou des opérations escargots, se sont déroulées à travers la France.

    Au cœur de la revendication, huit points cruciaux qui ont été établis par la FNSEA :

    •  L’application du compte pénibilité. Un point important pour les employeurs de main-d’œuvre agricole : « L’application du compte pénibilité en agriculture n’a pas du tout été conçue pour le secteur agricole. Un agriculteur ou un salarié agricole peut avoir 10 tâches différentes à faire dans une même journée, et appliquer un compte pénibilité avec la rigueur ou la complexité de réalisation c’est très mal perçu et infaisable par les employeurs de main-d’œuvre agricole. »
       
    • La préférence aux produits français dans les cantines. Ils demandent que deux plats sur trois soient français, et non pas que deux plats sur trois soient étrangers. Ce matin, des agriculteurs ont contrôlé les livraisons de produits alimentaires livrés à la cantine du ministère des Finances. Ils ont trouvé des tomates du Maroc, des pommes d’Italie et des concombres bio ukrainiens. Pour Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, c’est inacceptable : « La totalité des produits qui arrivaient était étrangère. Les concombres bio ukrainiens n’ont rien de bio ; ils ne sont pas contrôlés, mais ils arrivent à Bercy. Que Bercy commence par montrer l’exemple. 87 % de la viande dans les collectivités est importée. C’est insupportable, il faut donc absolument faire avancer ce dossier. »
       
    • La question du péage transit reste d’actualité, car même si sa suppression est acquise, les agriculteurs refusent de nouvelles taxes qui viendraient grever l’économie de leurs entreprises.
       
    • Les conséquences de l’embargo russe qui coûte très cher aux producteurs de fruits et légumes. Les exportations françaises de pommes vers la Russie représentent 25 millions d’euros. Les agriculteurs demandent des compensations à la hauteur du dommage.
       
    • Les aides de la PAC, la Politique agricole commune. Alors que le gouvernement a déjà répondu aux demandes des agriculteurs victimes de l’embargo russe, ces revendications figurent encore parmi les huit points importants.
       
    • La réglementation environnementale avec la directive nitrate. C’est le sujet le plus épineux et qui mobilise le plus la FNSEA. Pour Christiane Lambert, les critères ont changé en cours de route : « Des critères qui font qu’aujourd’hui, de plus en plus de communes sont concernées. Ce n’est pas acceptable. Une étude est mise en œuvre pour vérifier la pertinence des critères retenus, mais ça va prendre 18 mois. Aujourd’hui, il faut revoir le zonage et les critères imposés par la directive nitrate ».
       
    • Les contrôles et les sanctions liés au verdissement de la PAC sont dénoncés par les agriculteurs. Ils ne contestent pas ces nouvelles règles qui leur sont imposées ; en revanche, ils réclament un délai pour les sanctions : « Nous n’avons pas contesté ces règles, mais quand elles arrivent alors que la saison culturale est lancée, parce que le ministère de l’Agriculture est très en retard, eh bien il ne faut pas qu’il vienne nous contrôler alors qu’il n’a pas donné les règles au premier juillet. Il faut qu’il y ait une année blanche avec des contrôles pédagogiques, mais pas de sanctions la première année. »
       
    • La lourdeur de la réglementation administrative est pour Christiane Lambert insupportable : « Avoir les mêmes obligations en terme de date, le même calendrier d’épandage que l’on soit dans le nord ou le sud, c’est ridicule ; le climat n’est pas le même, la croissance des végétaux diffère d’un endroit à l’autre. Il faut que les régions puissent ajuster. »

    « Des délais administratifs insupportables »

    La FNSEA attend donc des réponses de la part du gouvernement. Sa vice-présidente déplore que les agriculteurs soient « dans un pays bloqué, tétanisé par ses 400 000 normes. Il y a aujourd’hui des délais administratifs insupportables. Pour avoir un permis de construire, il faut deux ans. Pour mener à terme un projet de méthanisation, il faut quatre ans. Quand de l’autre côté de la frontière ce sont des délais beaucoup plus courts ».

    Les relations avec le ministre de l’Agriculture sont tendues. Christiane Lambert regrette que « Monsieur Le Foll soit à trois quarts du temps porte-parole du gouvernement. Il est moins ministre de l’Agriculture. Il y a du dialogue, mais il ne tient pas compte de ce que nous lui disons. »

    Cette mobilisation se déroule sur fond de tension autour du barrage de Sivens dans le Tarn et la dernière contestation des bonnets rouges à Morlaix dans le Finistère. La FNSEA a donc appelé à manifester dans le calme et le respect des personnes. Le syndicat souhaiterait davantage de courage de la part des politiques, que ces derniers « ne se laissent pas tétaniser par quelques protestataires qui n’ont qu’une idée en tête : sanctuariser la nature et nier la réalité économique. » Autant de sujets sur la table des ministères de l’Agriculture, de l’Écologie et du Travail qui attendent des solutions. La FNSEA doit faire un nouveau point 15 décembre prochain.

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